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Maladies à déclaration obligatoire

Rage

Aide-mémoire


Agent et mode de transmission
Situation internationale
Situation française et dispositif de surveillance
Symptômes et traitement
Recommandations aux voyageurs


La rage est une zoonose transmissible à l’homme, touchant le système nerveux central. La transmission se fait par la salive d’un animal infecté. Une fois déclarée, la maladie est mortelle pour l’homme. Un traitement précoce après le contact contaminant (morsure, griffure, léchage d’une peau irritée ou d’une muqueuse) est donc indispensable.
La rage terrestre (par opposition à la rage des chauves-souris) a été éliminée du territoire français. Il subsiste néanmoins un risque de rage chez l’homme lié à des morsures subies à l’étranger, par un animal enragé importé illégalement ou par une chauve-souris porteuse.

Agent et mode de transmission

La rage est causée par les virus de la famille des Rhabdoviridae appartenant au genre Lyssavirus (il en existe différents génotypes) qui touchent le système nerveux central.
Tout mammifère peut contracter la rage. Elle est généralement transmise à l’homme par des animaux infectés, domestiques (chiens et chats le plus souvent) ou sauvages (renards, loups, chauves-souris…, mais aussi moufettes et ratons-laveurs en Amérique du Nord). La transmission s’opère par morsure, griffure ou léchage d’une muqueuse ou d’une peau lésée.

Les enfants sont particulièrement exposés aux contaminations, parce qu’ils sont les plus susceptibles d’entrer en contact avec des animaux inconnus sans méfiance et de ne pas reporter le contact aux adultes. En 2005, au niveau mondial, 40 % des personnes mortes de la rage avaient moins de 5 ans, 50 % moins de 15 ans.


Situation internationale

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime à 55 000 le nombre de décès annuels dus à la rage (31 000 en Asie, 24 000 en Afrique).
Dans les pays développés, la rage se retrouve principalement chez des animaux sauvages, à partir desquels l'infection peut se propager aux animaux domestiques et aux humains.
En Afrique, les chiens infectés sont les principaux vecteurs de la maladie. En Asie, les vecteurs varient selon les pays (principalement, chiens, renards et chiens viverrins).

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Situation française et dispositif de surveillance

Le dernier cas de rage humaine contracté en France date de 1924. Le ministère de l’Agriculture a déclaré la France indemne de rage vulpine et canine en 2001.
Les observations de rage humaine importée restent rares. Seuls vingt cas contractés à l’étranger sont survenus de 1970 à 2005. La contamination avait eu lieu principalement au Maghreb (8 cas) et en Afrique noire dont Madagascar (8 cas), mais aussi en Egypte (2 cas), en Inde (1 cas) et au Mexique (1 cas). Les jeunes enfants jusqu’à 5 ans représentaient 40 % des cas. Les chiens étaient vecteurs dans 85 % des cas.
Par ailleurs, plusieurs alertes ont été déclenchées suite au diagnostic de rage chez des animaux importés illégalement. Elles donnent lieu à des investigations pour retrouver et traiter les personnes en contact avec l’animal atteint de rage. La dernière alerte, liée à l’importation illégale d’un chiot depuis le Maroc remonte à 2004 dans la région de bordeaux. Elle a entrainé le traitement post-exposition de 187 personnes en contact avec cet animal. Aucun cas de rage humaine n’a été déclaré suite à cette alerte.

Pour en savoir plus
Importation d'un cas de rage canine en Aquitaine : recherche et prise en charge des contacts à risque, août 2004-mars 2005. Bull Epidemiol Hebd 2005 ; 36.

La surveillance de la rage humaine (autochtone ou importée) est assurée par l’Institut de veille sanitaire, conjointement avec l’Institut Pasteur. Le Centre national de référence de la rage de l’Institut Pasteur est le seul à pouvoir définir les cas de rage humaine. Il analyse les suspicions de rage humaine qui lui sont adressées par les Centres hospitaliers au moyen de techniques biologiques (Immunofluorescence, Elisa, inoculation sur cultures de cellules, PCR). Il effectue également le diagnostic chez les animaux suspects d’être à l’origine de contamination humaine, c'est-à-dire qui présentent des symptômes évocateurs de rage et qui ont mordu ou griffé des personnes. La surveillance des animaux non suspects de contamination humaine est quant à elle réalisée par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) au Laboratoire d’études et de recherches sur la rage et la pathologie des animaux sauvages.

Depuis plusieurs années, une importance particulière est accordée à la rage des chauves-souris, causée par des virus différents (génotypes 5 et 6) de celui de la rage terrestre (génotype 1). La première découverte de la rage des chauves-souris en France a eu lieu en 1989. A ce jour, aucun cas de transmission chauve-souris - homme n’a été recensé en France.
La rage des chiroptères en France, actualités et importance en santé publique. Bull Epidemiol Hebd 2001 ; 39.


Symptômes et traitement

En moyenne, les symptômes apparaissent entre 20 et 60 jours après le contact contaminant, parfois plus. Les premiers symptômes ne sont pas spécifiques : fièvre, fatigue et céphalées pouvant durer quelques jours. La phase aigue se traduit par une encéphalite (infection du système nerveux) avec des symptômes évocateurs mais non constants : hydrophobie, aérophobie, agressivité. Lors de cette phase aiguë, on peut aussi observer une anxiété, une confusion, des insomnies, et parfois des hallucinations. L’évolution aboutit à un coma, puis à la mort dans tous les cas.

Après le contact contaminant, le traitement doit être administré rapidement. Il repose sur la vaccination post-exposition (qui peut comporter jusqu’à 5 injections vaccinales), parfois associée à des immunoglobulines, en fonction du risque de contamination. Ce risque doit être évalué, au cas par cas, par un des 76 centres de traitement antirabique, seuls centres agréés. Le traitement post-exposition est compatible avec des horaires d’ouverture des centres anti-rabiques. En France, seuls deux vaccins et deux immunoglobulines sont autorisés. A l’étranger, les traitements antirabiques ne sont pas disponibles partout.

En cas de morsure, griffure, léchage d’une peau lésée ou d’une muqueuse, surtout en zone d’endémie, une action rapide est indispensable Il faut, en urgence, laver soigneusement la plaie ou le point de contact avec de l'eau et du savon, rincer abondamment et désinfecter, consulter un médecin pour obtenir une vaccination post-exposition si nécessaire.

D’une manière générale, toute morsure même bénigne, devrait entraîner une visite du patient chez le médecin et de l’animal chez le vétérinaire pour qu’il y subisse la surveillance mordeur légalement obligatoire.


Recommandations aux voyageurs*

La vaccination préventive contre la rage est indiquée en cas de séjour prolongé ou aventureux et en situation d'isolement dans un pays à haut risque (surtout en Asie et notamment en Inde). Elle est recommandée en particulier chez les jeunes enfants dès l’âge de la marche.

Elle consiste en trois injections à J0, J7, J21 ou J28, et un rappel 1 an plus tard. La durée de protection est de 5 ans.
La vaccination préventive ne dispense pas d’un traitement curatif qui doit être mis en oeuvre le plus tôt possible en cas d’exposition avérée ou suspectée.

Le chien est le principal réservoir du virus de la rage dans les pays en développement, mais tous les mammifères (y compris les chauves-souris), peuvent être atteints. L’infection se transmet par la salive de l’animal, qui peut être contagieux avant de présenter les signes de la maladie ; la durée d’incubation est variable et peut être longue.
La règle est donc de ne pas approcher les animaux, même familiers, de ne pas les caresser et de consulter rapidement en cas de morsure ou de griffure.

L’importation d’animaux domestiques ou sauvages est strictement interdite (sanctions pénales et financières lourdes), sauf s’ils répondent aux conditions réglementaires d’importation (espèces dont le commerce est autorisé, statut sanitaire et vaccinal faisant l’objet d’un certificat officiel).

Pour en savoir plus
* Santé des voyageurs et recommandations sanitaires 2006. Bull Epidemiol Hebd 2006; 23-24.


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Mise en ligne le 29 septembre 2006
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