|
Surveillance Air & Santé
Programme de surveillance air et santé en France (Psas)
Questions-réponses
1. Qu'est ce qui est le plus dangereux : Pollution industrielle
ou pollution automobile ?
2. Quelle est la ville la plus polluée ?
3. Comment êtes vous sûr que les décès
sont bien dus à la pollution atmosphérique ?
4. Quelle est la différence entre vos résultats
et les résultats parus dans le Lancet faisant état de plus
de 30 000 décès attribuables à la pollution atmosphérique
?
5. Votre étude montre que l'on meurt en ville à cause
de la pollution atmosphérique, la vie est elle meilleure à la
campagne ?
6. Conseilleriez-vous aux personnes habitant le quartier X (à proximité de
l'usine Y) de déménager ? Iriez-vous habiter dans ce quartier
?
7. Quel est le profil des personnes sensibles ?
8. Qui meurt de la pollution atmosphérique ? De quoi
meurt-on ?
9. Vous dites que les décès sont anticipés à cause
de la pollution atmosphérique, mais de combien de temps ?
10. Est-ce que la pollution atmosphérique peut provoquer à long
terme des maladies graves (cancer du poumon
) ?
11. Y a-t-il un seuil de dangerosité ?
12. La pollution atmosphérique a-t-elle atteint des
niveaux inacceptables ?
13. Est-ce que la pollution atmosphérique est une priorité de
santé publique ?
14. Etes-vous alarmiste ? Est-ce qu'il y a urgence ?
15. Votre étude est-elle sérieuse ?
16. Quels conseils donneriez-vous pour réduire la pollution
atmosphérique dans notre ville ?
17. Quel carburant pollue le plus ? Le diesel est-il plus dangereux
que l'essence ?
18. Est-il conseillé de rouler à vélo
?
19. Les masques sont-ils efficaces contre la pollution atmosphérique
?
20. Que pensez-vous de la circulation alternée ?
1. Qu'est ce qui est le plus dangereux
: Pollution industrielle ou pollution automobile ?
La pollution industrielle (SO2, particules) est plus localisée
: elle concerne moins de monde mais les niveaux sont plus élevés.
La pollution automobile (NO2, particules fines) est plus diffuse
: les niveaux sont plus faibles mais elle concerne une population plus importante.
Il est difficile d'établir une hiérarchie entre les types de
pollutions. Notre étude porte sur la pollution atmosphérique
dans son ensemble. Les indicateurs que nous utilisons sont des indicateurs
de pollution ambiante, ils ne font pas la part entre la pollution d'origine
industrielle et d'origine automobile. Tous les indicateurs que nous avons étudiés
ont un impact sur la santé. L'objectif de prévention doit être
de faire diminuer la pollution dans son ensemble (toutes sources), même
de façon modeste, plutôt que de s'attaquer à un polluant
en particulier.
HAUT
DE PAGE
2. Quelle est la ville la plus polluée
?
L'étude porte sur 9 agglomérations françaises. Les niveaux
de pollution atmosphérique dans chacune des villes sont différents,
de même que les sources de pollution.
Quant au risque pour la santé, la réponse, sur le plan individuel,
pour une même augmentation du niveau de pollution atmosphérique,
est la même quelle que soit la ville. Mais les niveaux de pollution sont
différents suivant les villes donc l'impact sanitaire global est différent.
Plus l'exposition est importante, plus le risque est important.
HAUT
DE PAGE
3. Comment êtes vous sûr
que les décès sont bien dus à la pollution atmosphérique
?
Nous avons observé une corrélation entre le nombre de décès
et la pollution dans toutes les villes. Ainsi lorsque les niveaux de pollution
atmosphérique augmentent, le nombre de décès augmente.
De plus nous avons tenu compte, pour établir ce lien, des caractéristiques
locales : météorologie, épidémies de grippe, variations
saisonnières.
Nos résultats sont concordants avec d'autres résultats déjà observés
dans des études nationales et internationales. De plus, nos résultats
sont cohérents avec l'ensemble des connaissances actuelles sur les mécanismes
biologiques de l'impact des polluants atmosphériques.
HAUT
DE PAGE
4. Quelle est la différence
entre vos résultats et les résultats parus dans le Lancet
faisant état de plus de 30 000 décès attribuables à la
pollution atmosphérique ?
Il faut noter que notre étude ne concerne que les effets à court
terme liés à la pollution atmosphérique, c'est à dire
survenant le jour même ou dans les 5 jours qui suivent l'augmentation
du niveau de pollution dans les 9 villes du programme PSAS-9.
Par contre, l'étude du Lancet concernait l'ensemble de la France métropolitaine
et présentait l'impact à long terme lié à la pollution
atmosphérique c'est à dire les décès liés à une
exposition chronique à la pollution atmosphérique comprenant
les décès survenus à court terme.
HAUT
DE PAGE
5. Votre étude montre que
l'on meurt en ville à cause de la pollution atmosphérique,
la vie est elle meilleure à la campagne ?
La pollution n'existe pas uniquement dans les villes. C'est un problème
local mais aussi régional, national voire même international.
Le caractère régional de la pollution atmosphérique et
sa capacité à se produire sur de longues distances sont également
de plus en plus marqués. La pollution atmosphérique touche des
zones étendues ainsi que le milieu rural. C'est le cas pour l'ozone,
par exemple.
Le phénomène de périurbanisation peut contribuer à l'augmentation
de la pollution. Le choix d'habiter à la campagne en zone périurbaine
implique souvent l'utilisation de la voiture pour tout déplacement car
le développement du réseau de transports en commun n'est pas
aussi rapide que celui des constructions.
6. Conseilleriez-vous aux personnes
habitant le quartier X (à proximité de l'usine Y) de
déménager ? Iriez-vous habiter dans ce quartier ?
Le problème ne dépend pas de la prise de position individuelle,
mais de la prise en compte de la pollution atmosphérique dans son ensemble.
Il appartient à chacun de déterminer l'importance, dans son choix
d'habitat, de la pollution atmosphérique, par rapport à d'autres
déterminants : proximité du travail, proximité des attaches
familiales des amis, prix du logement, bruit, etc
De manière collective il semble plus pertinent de s'attacher à la
diminution globale des niveaux de pollution.
HAUT
DE PAGE
7. Quel est le profil des personnes
sensibles ?
Il existe une grande variabilité individuelle dans la susceptibilité aux
polluants atmosphériques. Certaines populations sont plus sensibles
que d'autres en termes d'effets sur la santé.
Les enfants : ils ont une activité physique extérieure importante
et un appareil respiratoire en développement.
Les personnes souffrant de maladies respiratoires chroniques ou de maladie
cardio-vasculaire chroniques. On sait que la pollution atmosphérique est
un facteur aggravant de la maladie asthmatique et de l'insuffisance respiratoire.
HAUT
DE PAGE
8. Qui meurt de la pollution atmosphérique
? De quoi meurt-on ?
Les données dont nous disposons en France concernant la mortalité,
ne nous permettent pas, pour des raisons de confidentialité, de savoir
qui meurt et les circonstances précises du décès. Il semble
cependant que ce soit plutôt des personnes fragilisées par des
pathologies respiratoires ou cardio-vasculaires mais on pense que des personnes
en bon état de santé peuvent également déclarer
une maladie cardio-vasculaire pouvant entraîner leur décès à court
terme à cause de la pollution atmosphérique. Actuellement, la
caractérisation des groupes à risque reste de toute façon
un sujet de recherche. Il faut approfondir la connaissance dans ce domaine.
L'effet à long terme est encore mal connu, mais des résultats
récents font apparaître un excès de risque vis à vis
du cancer du poumon, et des maladies cardio-respiratoires. A court terme, on
sait que la pollution atmosphérique est un facteur aggravant des pathologies
respiratoires chroniques comme l'asthme ou la bronchite chronique, et des maladies
cardiaques comme l'infarctus, probablement par l'intermédiaire de phénomènes
inflammatoires.
HAUT
DE PAGE
9. Vous dites que les décès
sont anticipés à cause de la pollution atmosphérique,
mais de combien de temps ?
Notre étude ne nous permet pas de préciser le délai d'anticipation.
Il existe des recherches dans ce domaine.
- pour les décès en rapport avec une broncho-pneumopathie obstructive,
l'anticipation serait de quelques semaines à quelques mois ;
- pour les décès toutes causes ou en rapport avec une cardiopathie
ischémique, ce délai pourrait être plus important, supérieur à quelques
mois.
HAUT
DE PAGE
10. Est-ce que la pollution atmosphérique
peut provoquer à long terme des maladies graves (cancer du poumon
)
?
Les effets à long terme sont plus difficiles à étudier.
Cependant quelques études ont montré que l'exposition prolongée
aux niveaux de pollution urbains pouvait diminuer de façon durable la
fonction respiratoire et augmenter la fréquence de symptômes respiratoires
bronchitiques chez l'enfant. D'autres études ont montré une augmentation
du risque de décès associée à une exposition chronique à la
pollution atmosphérique. Les risques encourus apparaissent plus important
que ceux liés aux effets à court terme. Concernant l'apparition
de cancer du poumon, une seule étude a montré une association.
HAUT
DE PAGE
11. Y a-t-il un seuil de dangerosité ?
Les résultats obtenus n'ont pas permis de mettre en évidence
un seuil en dessous duquel il n'y aurait pas d'effets. Cela signifie qu'au
sein d'une population, il existe toujours des personnes, plus sensibles que
d'autres, qui vont souffrir de la pollution atmosphérique, même à des
niveaux faibles de pollution (niveaux ne dépassant pas les seuils actuels
fixés par les pouvoirs publics). Notre étude montre que, même à des
niveaux bas de pollution atmosphérique, on peut observer un effet sur
la santé.
HAUT
DE PAGE
12. La pollution atmosphérique
a-t-elle atteint des niveaux inacceptables ?
Où se situe l'inacceptable ? La pollution industrielle est en diminution
grâce à une politique de mesures préventives, la pollution
liée au trafic est en augmentation. Il est démontré que
même à des niveaux faibles la pollution a des effets néfastes
sur la santé, il faut donc encourager toutes les mesures visant à diminuer
la pollution ambiante.
HAUT
DE PAGE
13. Est-ce que la pollution atmosphérique
est une priorité de santé publique ?
On ne dispose pas de tous les éléments pour pouvoir hiérarchiser
les problèmes de santé - environnement en particulier et les
problèmes de santé publique en général.
Cependant, la pollution atmosphérique concerne tout le monde puisque
nous sommes tous exposés. Ainsi, même si on ne peut pas affirmer
que la pollution atmosphérique est une priorité, elle reste un
problème de santé publique en France en raison de son impact
sanitaire qui n'est pas négligeable.
HAUT
DE PAGE
14. Etes-vous alarmiste ? Est-ce
qu'il y a urgence ?
Non on ne peut pas parler d'urgence mais la lutte contre la pollution atmosphérique
est un problème de fond, et elle sera d'autant plus efficace que ce
problème sera abordé tôt. Il ne faut pas oublier le slogan
de l'Organisation Mondiale de la Santé qui est valable pour toutes les
pollutions environnementales : " environnement d'aujourd'hui, santé de
demain ".
La situation actuelle des principales villes françaises n'a pas atteint
le degré de pollution observé dans d'autres grandes villes européennes
(Athènes ou Milan) ou mondiale (Mexico).
Mais il faut prendre dès maintenant des dispositions de fond et éviter
ainsi de mettre en place en urgence des mesures plus contraignantes.
HAUT
DE PAGE
15. Votre étude est-elle
sérieuse ?
Cette étude a suivi un protocole strict et une méthodologie rigoureuse.
Elle a bénéficié du concours de différents experts
tant sur le plan des mesures de pollution que sur le plan des méthodes épidémiologiques.
De plus, les résultats montrent une cohérence avec ceux publiés
sur le plan national et international.
HAUT
DE PAGE
16. Quels conseils donneriez-vous
pour réduire la pollution atmosphérique dans notre ville
?
La pollution atmosphérique est un problème à traiter dans
son ensemble. Il faut s'attaquer à la pollution de fond plutôt
qu'aux pics.
Cela passe par les progrès technologiques des véhicules (on n'a
pas encore découvert le véhicule parfaitement propre), mais aussi
par des efforts collectifs et individuels en matière d'organisation
urbaine et de transport (repenser les déplacements urbains), de mode
de vie et de comportement (automobile, chauffage
).
Cette démarche doit s'inscrire dans une perspective de développement
durable.
HAUT
DE PAGE
17. Quel carburant pollue le plus
? Le diesel est-il plus dangereux que l'essence ?
Il est difficile de dire quel est le carburant qui pollue le plus car chaque
carburant possède ses polluants spécifiques. Actuellement, l'utilisation
de " l'échappement catalytique " nécessite l'utilisation
d'essence sans plomb. Le plomb est remplacé par le benzène (cancérigène).
Quel est le risque lié au benzène présent dans l'air des
villes ? Nous manquons de recul pour connaître son impact sanitaire.
Quant au diesel, il émet des particules plus fines, dangereuses pour
la santé.
HAUT
DE PAGE
18. Est-il conseillé de rouler à vélo
?
En France, 1 déplacement en voiture sur 4 représente moins de
1 km et 1 sur 2 représente moins de 3 km.
Effort individuel : au moins dans ces cas, les alternatives à l'utilisation
de la voiture (marche, bicyclette et transport en commun) réduisent
la pollution atmosphérique
Effort collectif : favoriser ces modes de déplacements (pistes cyclables,
stationnement vélo, développement des réseaux de transport
en commun).
Il faut considérer de plus que ces modes de déplacement sont
utiles au plan collectif pour la réduction de la pollution atmosphérique
mais également au plan de la santé individuelle (il est bon de
faire du sport).
HAUT
DE PAGE
19. Les masques sont-ils efficaces
contre la pollution atmosphérique ?
Non, les masques trouvés actuellement dans le commerce ne sont pas efficaces
car les particules très fines qui sont les plus dangereuses passent
au travers de ces masques. Seuls les masques possédant des cartouches
au charbon actif utilisés en milieu professionnel seraient efficaces.
Néanmoins aborder le problème de la pollution atmosphérique
par les masques n'est pas la bonne solution et ne se situe pas dans une politique
de prévention mais dans un échec de la prévention. La
solution est plutôt de diminuer les niveaux afin de ne jamais avoir à utiliser
ces masques.
HAUT
DE PAGE
20. Que pensez-vous de la circulation
alternée ?
Cette mesure est mise en place en cas de dépassement, plusieurs jours
consécutifs, d'un seuil fixé par les pouvoirs publics.
Elle est utile pour sensibiliser la population aux problèmes de pollution
atmosphérique mais les situations de dépassement de seuil de
pollution ne constituent pas le facteur de risque prépondérant
pour la santé publique. Il serait peut-être plus pertinent de
s'attaquer à la pollution de fond que de mettre beaucoup de moyens à la
gestion des pics.
HAUT
DE PAGE
|