Pollution de l'air et santé

Le Programme de surveillance air et santé (Psas)

Contexte
Objectifs
Organisation du système de surveillance
Méthode utilisée par le PSAS pour l'estimation des risques à court terme
Historique et programme
Principaux résultats
Partenaires et organismes producteurs de données


Contexte

En France, comme dans d'autres pays, la pollution atmosphérique demeure une préoccupation de santé publique et ce malgré l'adoption de valeurs guides et de normes d'émission plus sévères, une meilleure surveillance de la qualité de l'air et une baisse parfois importante des niveaux de certains polluants.

En 1997, le Programme de surveillance air et santé (Psas) a été implanté dans 9 grandes villes françaises (Bordeaux, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rouen, Strasbourg et Toulouse). Ce programme s'inscrit dans le cadre de la loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie du 30 décembre 1996 (Laure) qui stipule dans son article 3 que " l'Etat assure… la surveillance de la qualité de l'air et… de ses effets sur la santé ". Également prévus par cette loi, les Plans régionaux pour la qualité de l'air (PRQA) ont pour objet de fixer des orientations visant à « prévenir, réduire ou atténuer les effets de la pollution atmosphérique » et les Plans de protection de l’atmosphère (PPA) dans les villes de plus de 250 000 habitants. Pour cela, ils doivent s'appuyer, notamment, sur une évaluation des effets de la pollution atmosphérique sur la santé et nécessitent donc des outils épidémiologiques adéquats.

Dans ce champ, l’InVS doit maintenir et coordonner au plan national les activités de surveillance épidémiologique de l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique urbaine à court et à long terme et articuler ces activités avec les dispositifs européens. Ainsi, le Programme de surveillance air et santé fait partie de l’unité surveillance du département santé-environnement de l’InVS.

En particulier la quantification des effets à long terme en France est encore fondée sur les résultats d’études américaines et peu nombreuses : la question de la validité de l’extrapolation de ces risques aux différents pays européens reste posée. Or les effets à long terme apparaissent sensiblement plus élevés que les risques à court terme et des relations exposition / risque à long terme françaises doivent donc être développées.

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Objectifs

Le Programme de surveillance air et santé (Psas) est un outil de surveillance épidémiologique opérationnel et évolutif dont les objectifs sont :
  étudier les risques sanitaires, à court et long termes, associés à l’exposition à la pollution atmosphérique ;
  permettre la réalisation d'évaluations d'impact sanitaire de la pollution atmosphérique à l'échelle locale ou nationale ;
  renforcer l'expertise locale dans le domaine des effets sanitaires de la pollution atmosphérique ;
  fournir un appui aux services déconcentrés de l'État et aux acteurs locaux pour la gestion de la qualité de l'air ;
  réaliser l’analyse critique de la littérature sur les effets sanitaires de la pollution atmosphérique, coordonner le travail de synthèse et publier régulièrement les résultats (revue Extrapol) ;
  participer aux programmes de surveillance européens ( Apheis, EHNIS).

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Organisation du système de surveillance

Une organisation à deux niveaux a été mise en place comprenant d'une part, une coordination nationale et d'autre part, un dispositif d'animation et de coordination de pôles locaux de surveillance épidémiologique.

Huit pôles de surveillance épidémiologique, ont été mis en place pour neuf localités urbaines qui avaient manifesté une réelle volonté de participation et dans lesquelles existaient de fortes préoccupations de santé publique.
Ces neuf villes sont :
- Bordeaux,
- Le Havre,
- Lille,
- Lyon,
- Marseille,
- Paris,
- Rouen,
- Strasbourg
- Toulouse.

Le Havre et Rouen constituent un seul pôle de surveillance.
Le pôle de Paris, qui s'intègre dans ce dispositif, est animé par l’ORS Ile-de-France partenaire associé dans le cadre du projet ERPURS. Une collaboration avec l’ORS Nord-Pas-de-Calais a aussi été établie pour le pôle de Lille.
 
   
Localisation des pôles locaux de surveillance

Dans chaque pôle local, il existe un comité scientifique qui regroupe des spécialistes des domaines de la pollution atmosphérique et de la santé. Chaque pôle est animé par un épidémiologiste et par les services déconcentrés du Ministère chargé de la Santé, en liens étroits avec les partenaires techniques locaux, en particulier les Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (Aasqa), certains Observatoires régionaux de santé (ORS) et les Départements d’Information médicale (DIM) des établissements hospitaliers.

Ces neuf agglomérations représentent un échantillon de la diversité climatique française (climats océanique, méditerranéen et continental), et de la diversité de la pollution atmosphérique urbaine. Les neuf agglomérations françaises concernées comptent un total d’environ 11 millions d’habitants, dont six pour la zone d’étude de Paris.

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Méthode utilisée par le PSAS pour l'estimation des risques à court terme

Pour l'estimation des risques à court terme, le principe consiste à relier les variations temporelles à court terme (d'un jour à l'autre) d'un indicateur de l'état de santé d'une population (mortalité, admissions hospitalières) à celles d'un indicateur d'exposition de cette population à la pollution atmosphérique (polluants mesurés) afin d’établir une relation exposition/risque. L'identification de ces relations nécessite la prise en compte de paramètres temporels et de cofacteurs intervenant dans la relation et pouvant biaiser les estimations : tendances à long et moyen termes des indicateurs sanitaires et environnementaux, paramètres météorologiques, épidémies saisonnières (grippe), périodes de pollinisation, etc.

L'estimation des relations exposition/risque est d'abord réalisée par une modélisation statistique dans chacune des villes, puis une analyse combinée des résultats obtenus localement est effectuée au niveau national.

Cette approche multi-centrique poursuit un triple objectif :
 

prendre en compte les différences éventuelles observées entre les risques relatifs des villes de l'étude ;

  estimer de manière plus précise les risques associés à la pollution atmosphérique, grâce à une population d'étude importante ;
  proposer un risque " moyen " applicable à d'autres villes françaises pour l'évaluation de l'impact sanitaire de la pollution atmosphérique urbaine.

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Historique du programme

La 1re phase du programme, publiée en 1999, a consisté à étudier la faisabilité d’une quantification des risques de mortalité.

La 2e phase, publiée en 2002, a porté sur :
  la quantification du risque de décès lié à une exposition à la pollution atmosphériques dans les 9 zones d’études ;
  l’évaluation de l’impact de la pollution sur la mortalité dans chacune des 9 villes ;
  l’étude de faisabilité sur l’analyse des relations entre pollution atmosphérique et hospitalisations à partir des données du PMSI.
   
Depuis, plusieurs études ont été réalisées :
  l’étude des relations entre température, pollution atmosphérique et mortalité, suite à la vague de chaleur de l’été 2003, dont le rapport a été publié en 2004 ;
  l’analyse des liens à court terme entre les niveaux de pollution et les admissions à l’hôpital pour causes respiratoires et cardio-vasculaires dont le rapport a été publié en 2006.
  la remise à jour des relations à court terme entre pollution atmosphérique et mortalité en 2008.


Objectifs à l’horizon 2010 et plus  

En ce qui concerne l’étude des liens à court terme, l’InVS souhaite produire de nouveaux outils et connaissances de quantification des effets sanitaires de la pollution atmosphérique : en étudiant de nouveaux indicateurs de pollution et indicateurs sanitaires tels que la consommation médicamenteuse ou les interventions de services d’urgence.

Le programme va aussi développer l’étude des effets à long terme en participant à la cohorte Elfe (Etude longitudinale française depuis l'enfance) et en analysant les données de cohortes préexistantes telles que la cohorte Gazel.

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Les principaux résultats


Liens à court terme entre pollution atmosphérique et mortalité

Les principaux résultats de l'étude de 2002 sont les suivants :
  des associations significatives entre l'exposition à la pollution atmosphérique et la mortalité sur les neuf villes par ailleurs contrastées sur le plan climatique, géographique et sur le plan de la qualité de l'air (qualitativement et quantitativement) ;
  un impact sur la santé d'avantage lié à la pollution de tous les jours qu'aux pics observés quelques jours par an ;
  des risques plus importants lorsque l'on considère l'exposition cumulée sur plusieurs jours.
   

En 2008, les relations entre la pollution atmosphérique et la mortalité ont été consolidés pour le NO2 et l’ozone.
De nouvelles relations ont été étudiées pour la pollution particulaire et ses différentes fractions granulométriques (PM10, particules fines - PM2.5 et grossières - PM2.5-10 ).

Les principaux résultats sont les suivants :

le nombre journalier de décès est significativement associé aux niveaux de polluants gazeux le jour et la veille.

des liens significatifs ont été observés avec les PM10, mais également avec les deux fractions granulométriques (PM2,5 et PM2,5‑10) les constituant considérées individuellement

l’excès de risque de décès est plus marqué chez les personnes de plus de 65 ans et pour la mortalité cardiovasculaire et cardiaque.

Liens à court terme entre pollution atmosphérique et admissions hospitalières

Une 1ère étude des relations entre pollution atmosphérique et admissions hospitalières a aussi été réalisée en 2002, cependant les résultats n’ont pas été concluants et une deuxième étude a donc été réalisée en améliorant la méthode sur une période d’étude différente.

L’objectif de l’étude de 2006 était d’analyser les liens à court terme entre les niveaux de pollution (les particules fines (PM10, PM2.5), le dioxyde d’azote (NO2) et l’ozone(O3).et les admissions à l’hôpital pour causes respiratoires et cardio-vasculaires, dans 8 agglomérations françaises (Bordeaux, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rouen et Toulouse). Les résultats établissent un lien significatif entre, d’une part, les niveaux de particules fines (PM10 et PM2,5) et de dioxyde d’azote, et d’autre part le nombre journalier d’hospitalisations pour causes cardio-vasculaires, en particulier chez les personnes de 65 ans et plus. Ce lien est encore plus élevé pour les hospitalisations pour cardiopathies ischémiques.

Chez les personnes âgées de 65 ans et plus, les niveaux d’ozone sont également significativement associés à une augmentation du risque d’admission à l’hôpital pour causes respiratoires.

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Partenaires et organismes producteurs de données

Associations agréées de surveillance de la qualité de l'air (Aasqa) des 9 zones d’étude

La surveillance de la qualité de l'air ambiant est assurée en France par 38 associations agrées, chargées pour le compte de l'Etat et des pouvoirs publics, de la mise en œuvre des moyens de surveillance sur le territoire.
Les missions des AASQA sont d'assurer le suivi de la pollution, d'informer, de prévoir les épisodes de pollution et participer à l'effort de recherche, notamment en vue de caractériser les relations pollution-santé.

Bordeaux : AIRAQ ( http://www.airaq.asso.fr/
Le Havre et Rouen : Air Normand (http://www.airnormand.asso.fr/
Lille : Atmo Nord – Pas-de-Calais (http://www.atmo-npdc.fr
Lyon : Atmo Rhône-Alpes (http://www.atmo-rhonealpes.org/)
Marseille : Atmo PACA (http://www.airmaraix.com/
Paris : AIRPARIF (http://www.airparif.asso.fr/
Strasbourg : ASPA (http://www.atmo-alsace.net)
Toulouse : ORAMIP (http://www.oramip.org)

Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc) : http://www.cepidc.vesinet.inserm.fr/

Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) : http://www.insee.fr/fr/home/home_page.asp

Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) : http://www.pollens.fr/accueil.php

Le réseau Sentinelles : http://www.sentiweb.org/

Les groupes régionaux d’observation de la grippe (Grog) : http://www.grog.org/

Météo France : http://www.meteofrance.com/FR/index.jsp


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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 29 septembre 2003
Mise à jour le 17 juin 2009
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