Grippe saisonnière


Surveillance de la grippe en France

L’Institut de veille sanitaire (InVS) coordonne la surveillance de la grippe en France. Les objectifs de la surveillance épidémiologique de la grippe sont les suivants : la détection précoce et le suivi des épidémies grippales en France, la surveillance des souches grippales en circulation et l’identification des populations les plus sévèrement touchées par la grippe.
La surveillance épidémiologique de la grippe dans la communauté, en France métropolitaine, est assurée par le réseau des Groupes régionaux d’observation de la grippe (Grog) et le réseau Sentinelles. Dans les départements d’outre-mer, elle est assurée par des systèmes similaires reposant sur des réseaux de médecins libéraux.
Afin de mieux répondre au risque pandémique, l’InVS a mis en place la surveillance hebdomadaire de la mortalité par grippe en 2003, et surveille les passages et les hospitalisations pour grippe dans un réseau de services d’urgence depuis 2005-2006.
L’InVS participe également à la surveillance des cas groupés d’infections respiratoires basses dans les collectivités de personnes âgées.


La grippe dans la communauté

En France métropolitaine, la surveillance communautaire de la grippe est animée par deux réseaux de médecins sentinelles libéraux : En France métropolitaine, la surveillance communautaire de la grippe est animée par deux réseaux de médecins sentinelles libéraux : le réseau Sentinelles et le réseau des Groupes régionaux d’observation de la grippe (Grog). Les objectifs principaux de ces réseaux sont la détermination précoce du début de l’épidémie de grippe et le suivi de son évolution régionale et nationale.

Le réseau Sentinelles (www.sentiweb.fr), animé par l‘ UMR S 707 Inserm UMPC , estime toute l’année auprès d’un échantillon de médecins généralistes le nombre hebdomadaire de patients consultant pour un syndrome grippal. Le syndrome grippal est défini par une fièvre > 39°C, d’apparition brutale avec myalgies et signes respiratoires. Le seuil est calculé par la méthode Serfling. Le début de l’épidémie se définit par un dépassement du seuil deux semaines de suite.

Le réseau des Grog (Groupes régionaux d'observation de la grippe, www.grog.org), animé par la coordination nationale des Grog, recueille, d’octobre à avril, auprès de médecins généralistes, pédiatres et pharmaciens des données sanitaires sur des infections respiratoires aiguës couplées à des prélèvements virologiques. Est défini comme un cas d’infection respiratoire aiguë, tout patient présentant un tableau clinique associant une apparition brutale de signes respiratoires (toux, rhinite, coryza) avec un contexte infectieux aigu (fièvre, asthénie, céphalée, myalgie…). Les prélèvements rhinopharyngés sont réalisés chez des patients présentant une infection respiratoire aiguë depuis moins de deux jours. Le réseau des Grog considère que le seuil est atteint si plusieurs virus grippaux similaires sont détectés ou isolés dans des zones différentes d’une même région et si deux indicateurs d’activité sanitaires (dont infection respiratoire aiguë en médecine générale) sont augmentés de plus de 20 % par rapport à leur moyenne d’octobre sans autre explication possible. Le début de l’épidémie se définit par un dépassement du seuil deux semaines de suite.

La surveillance virologique

Grippe saisonnière - La surveillance virologique est assurée par les Centres nationaux de référence (CNR) des virus influenza région Nord (Institut Pasteur, Paris) et région Sud (Hospices civils de Lyon, Bron) et les laboratoires de virologie des Grog à partir des prélèvements rhino-pharyngés réalisés par les médecins du réseau Grog ou par les 34 laboratoires hospitaliers du réseau Renal (Réseau National des laboratoires hospitaliers). Les objectifs sont de détecter et d’isoler précocement les virus grippaux en circulation et d’en déterminer les caractéristiques antigéniques. La recherche du virus grippal est réalisée par détection directe, par techniques immunologiques ou par biologie moléculaire (RT-PCR), puis par mise en culture. L’identification (sous-typage et caractérisation antigénique) est effectuée par test d’inhibition d’hémagglutination.

Grippe à virus H5N1 - Dans le cadre du plan de lutte contre une pandémie grippale, après validation de la classification par l’InVS d’un cas humain suspect de grippe à virus H5N1 en cas possible conformément à la définition de cas, le prélèvement rhino-pharyngé est réalisé et acheminé vers l’un des deux CNR des virus influenza ou l’un des 15 laboratoires de virologie agréés. Le criblage est d’abord fait en urgence par PCR. En cas de positivité, la confirmation du diagnostic serait réalisée par l’un des deux CNR.

La surveillance virologique des virus grippaux en France est assurée par les deux Centres nationaux de référence (CNR) de la grippe :
Centre national de référence du virus Influenza région Nord
Unité de génétique moléculaire des virus respiratoires
Institut Pasteur – 25/28, rue du Docteur-Roux, 75724 Paris Cedex 15
Centre national de référence du virus Influenza région Sud
Laboratoire de virologie Est
Institut de microbiologie - Bat A3
Centre de biologie et de pathologie Est
59 Boulevard Pinel
69677 Bron cedex


Dans les Antilles françaises et en Guyane , la surveillance épidémiologique de la grippe est assurée tout au long de l 'année par les médecins sentinelles qui, chaque semaine, signalent aux cellules de veille sanitaire (CVS) des Directions de la santé et du développement social (DSDS) le nombre de patients vus pour un syndrome grippal (fièvre > 39°C, d 'apparition brutale accompagnée de myalgies et de signes respiratoires). Ces données sont transmises à la Cellule interrégionale d 'épidémiologie (Cire) Antilles-Guyane qui en fait l’analyse et l’interprétation épidémiologique (www.martinique.sante.gouv.fr et www.guadeloupe.pref.gouv.fr/).
La surveillance virologique est quant à elle coordonnée par le Centre national de référence des arbovirus et virus Influenza de l’Institut Pasteur de Guyane. Elle repose sur l’analyse virologique de prélèvements rhino-pharyngés qui sont réalisés par une partie des médecins sentinelles.

Sur l’Ile de La Réunion , la surveillance de la grippe est assurée toute l’année par un réseau de médecins généralistes et de pédiatres libéraux coordonné par l’Observatoire régional de la santé (ORS : www.orsrun.net). Chaque semaine sont recueillis le nombre de patients consultant pour un syndrome grippal (fièvre à début brutal, température supérieure à 38°C et toux, associés éventuellement à une dyspnée ou à d’autres signes cliniques : myalgie, céphalées). Les médecins sont incités à prescrire un prélèvement rhinopharyngé à visée diagnostique en cas de suspicion de grippe. La surveillance virologique est assurée par le laboratoire de virologie du Centre hospitalier Felix Guyon de Saint-Denis et le Centre national de référence du virus Influenza région Sud. Le laboratoire de biologie du Centre hospitalier Félix Guyon recherche par immuno-capture Elisa les virus de la grippe A et B. Si l’écouvillon est positif, il est envoyé au CNR pour un typage précis de la souche grippale.

Grippe et formes sévères

Les formes sévères pédiatriques ont été suivies pendant deux ans par le Groupe de réanimation et urgence francophone pédiatrique (Grufp) et remplacé en 2005 par un système de surveillance syndromique mis en place par l’InVS à partir d’un recueil quotidien automatisé réalisé auprès de services d’urgences sentinelles (Réseau Oscour : Organisation de la surveillance coordonnée des urgences). Les objectifs de ce système de surveillance sont de détecter toute augmentation inhabituelle des passages aux urgences pour grippe clinique, des formes graves de la grippe et tout changement dans les caractéristiques des patients les plus atteints.
Sur les 110 établissements que compte le réseau Oscour en octobre 2008, l’InVS analyse, pour la surveillance de la grippe clinique, les données transmises par 50 établissements en France métropolitaine (24 établissements en Ile-de-France et 26 en dehors de l’Ile-de-France) et un établissement sur l’Ile de la Réunion. La sélection des hôpitaux du réseau Oscour retenus pour la surveillance de la grippe a porté sur la qualité et la régularité de la transmission et du codage des données..Les données des patients passant aux urgences avec un diagnostic principal codé J10 et J11 (grippe à virus grippal identifié ou non identifié, 10e classification internationale des maladies) extraites sont : la date de passage, l’âge, le lieu de consultation, le score de gravité et l’orientation (hospitalisation-transfert). Les données sont analysées par zone géographique (hôpitaux situés en Ile de France, hôpitaux situés dans les autres régions). Les données historiques de 17 hôpitaux situés en Ile-de-France et 9 hôpitaux situés en dehors de l’Ile-de-France permettent de suivre les évolutions des passages et des hospitalisations liés aux syndromes grippaux depuis octobre 2005.

L’alerte relative à des cas groupés de décès ou de formes sévères de grippe ou pathologie émergente en France se fait à travers le réseau de médecins hospitaliers qui sont invités à notifier à l’InVS tous les phénomènes anormaux, notamment les cas groupés d’infections sévères parmi le personnel soignant. Tous les médecins sont par ailleurs invités à signaler à l’InVS par téléphone ou par courriel (dmi-emergences@invs.sante.fr), tout syndrome infectieux dont la fréquence et/ou les circonstances de survenue et/ou la présentation clinique et/ou la gravité sont jugés inhabituelles par le clinicien.



Mortalité par grippe

Les objectifs de ce système de surveillance sont de :

- suivre l’évolution du nombre de décès de grippe en France ;
- décrire les caractéristiques épidémiologiques des patients décédés de grippe en termes d’âge, de sexe et de lieu de décès ;
- détecter un changement dans la distribution des âges des personnes les plus touchées par la maladie afin d’adapter au plus vite les mesures de contrôle et de suivre l’évolution d’une éventuelle pandémie


Pour chacune des 22 régions de France métropolitaine, le département le plus peuplé participe à cette surveillance. Vingt-deux Directions départementales des affaires sanitaires et sociales (Bas-Rhin, Bouches-du-Rhône, Calvados, Charente-Maritime, Doubs, Gironde, Haute-Garonne, Haute-Corse, Haute-Vienne, Hérault, Ille-et-Vilaine, Loire-Atlantique, Loiret, Marne, Moselle, Nord, Oise, Paris, Puy de Dôme, Rhône, Saône-et-Loire, Seine-Maritime) signalent ainsi à l’Institut de veille sanitaire (InVS), chaque semaine, le nombre de certificats de décès comportant la mention « grippe » ou les adjectifs « grippal » ou « grippaux » dans l’indication des causes de décès. Des informations individuelles portant sur le sexe, l’âge et le lieu de décès sont collectées. Les données sont recueillies par semaine de décès et par semaine de notification. Le calcul du seuil d’alerte s’appuie sur le modèle décrit par Farrington 1 sur la base des données historiques fournies par la CépiDC et avec un intervalle de confiance de 99 % . Sur l’Ile de la Réunion, la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales assure la surveillance des certificats de décès et transmet ces données à la Cire Réunion-Mayotte qui les analyse chaque semaine.

1 Farrington, C. P., N. J. Andrews, A. D. Beale, and M. A. Catchpole. 1996. A statistical algorithm for the early detection of outbreaks of infectious disease. Journal of the Royal Statistical Society, Series A 159: 547-563.


Surveillance des cas groupés d’infections respiratoires aiguës basses dans les collectivités de personnes âgées

Les cas groupés d’infections respiratoires aiguës basses hivernales sont fréquents dans les collectivités de personnes âgées. Les objectifs sont de réduire la morbidité et la mortalité liées à ces événements grâce à l’identification des foyers et la mise en place précoce des mesures de contrôle appropriées. Ces foyers sont signalés aux Ddass ou aux centres hospitaliers qui les rapportent secondairement à l’InVS. Les épisodes à signaler sont définis par les critères suivants : survenue d’au moins 3 infections respiratoires aiguës basses, en dehors des pneumopathies de déglutition dans un délai de 8 jours chez des personnes partageant les mêmes lieux (résidents ou membres du personnel). Sont identifiés parmi ces épisodes ceux comportant des facteurs de gravité, définis par 3 décès ou plus attribuables à l’épisode infectieux survenant en moins de 8 jours, ou 5 nouveaux cas ou plus dans une même journée, ou absence de diminution de l’incidence des nouveaux cas dans la semaine suivant la mise en place des mesures de contrôle. Ces épisodes sévères conduisent à la mise en place d’une investigation par l’équipe opérationnelle d’hygiène hospitalière, la Ddass et/ou la Cellule interrégionale d’épidémiologie (Cire).

Pour plus d’informations :

Rapport du Conseil supérieur d’hygiène publique de France (séance du 18 novembre 2005), relatif aux conduites à tenir devant des infections respiratoires aiguës basses dans les collectivités de personnes âgées , qui accompagne la circulaire n°Dhos/E2/DGS/SDC/DGAS/SD5C/DGAS/2006/489 du 22 novembre 2006.
- www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/infections_persagees/circ_489.pdf

Guide pratique de la conduite à tenir devant des infections respiratoires aiguës basses dans les collectivités de personnes âgées élaboré sous la forme d’un document de synthèse (8 pages) avec des fiches pratiques rappelant : les mesures de contrôle, de signalement d’investigation et de recherche étiologique.
- www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/grippe/guide_inf_respiratoires.pdf

Protocole de prophylaxie chez les personnes à risque lors d’une épidémie de grippe dans une collectivité, en période de circulation du virus grippal
- Protocole
- Circulaire du 17 septembre 2004

Des cas groupés, bien que majoritairement causés par des virus grippaux, peuvent parfois avoir pour origine des pneumocoques.
Conduite à tenir devant des cas groupés d’infections invasives à pneumocoque dans une collectivité
-
Conduite à tenir

Les vaccinations

La vaccination antigrippale annuelle est recommandée pour les personnes âgées de 65 ans et plus ainsi que les professionnels de santé et professionnels en contact avec ces personnes. Si les couvertures vaccinales antigrippales des résidents sont généralement bonnes, celles des professionnels travaillant dans les collectivités de personnes âgées sont généralement insuffisantes.La vaccination pneumococcique est également recommandée, tous les 5 ans, pour certaines personnes souffrant de certaines affections (insuffisance respiratoire, cardiaque...). Cette vaccination doit leur être proposée lors de leur admission dans des structures de soins ou d’hébergement.

Calendrier vaccinal 2009
-
Bull Epidemiol Hebd 2009;16-17.

Fiche sur la vaccination antigrippale par les infirmières
-
www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/grippe/fiche_vaccin_infirmier.pdf

Rétro-information

Entre les mois d’octobre et d’avril, un bulletin hebdomadaire de surveillance de la grippe est publié sur le site internet de l’InVS. Ce bulletin synthétise les données épidémiologiques et virologiques des différents systèmes de surveillance de la grippe. Une inscription libre sur la liste de diffusion du bulletin de surveillance de la grippe (www.invs.sante.fr/liste_diffusion/index.htm) permet de recevoir ce bulletin gratuitement chaque semaine par e-mail.

A l’issue de chaque saison grippale, un bilan de la saison est publié dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).



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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 8 juin 2006
Mise à jour le 28 janvier 2010
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