Epidémie de grippe aviaire A (H5N1)Point au 4 mars 2009L’influenza aviaire L’influenza aviaire est une maladie infectieuse de l’animal provoquée par un virus grippal qui comprend plusieurs genres (ou types) dont influenza virus A. Celui-ci est divisé en sous-types parmi lesquels H5 et H7. Cette infection peut toucher presque toutes les espèces d'oiseaux, sauvages ou domestiques. Elle peut être fortement contagieuse, surtout chez les poulets et les dindes, et peut entraîner une mortalité extrêmement élevée, en particulier dans les élevages industriels. Les virus de l’influenza aviaire infectent parfois d'autres espèces animales, notamment le porc. Les canards domestiques, chez qui l'infection est le plus souvent asymptomatique, pourraient jouer un rôle important dans la dissémination du virus en servant de réservoir silencieux. Les virus de l’influenza aviaire peuvent exceptionnellement être transmis à l'homme. Cette transmission s'effectue essentiellement lors de contacts fréquents et intensifs avec des secrétions respiratoires et des déjections d'animaux infectés. Le tableau clinique (dénommé « grippe aviaire ») chez l'homme est marqué par une infection respiratoire aiguë sévère, d'évolution souvent fatale. L'infection peut également prendre d'autres formes cliniques (digestives ou neurologiques, par exemple), voire être asymptomatique. Le diagnostic biologique est réservé à certains laboratoires spécialisés. Des traitements antiviraux peuvent, dans certaines situations, avoir une certaine efficacité en prévention ou dans la prise en charge thérapeutique. Le risque majeur représenté par les virus aviaires A(H5N1) est qu'ils s'adaptent à l'homme et qu'une transmission interhumaine s'installe. Ce virus peut s'adapter de deux façons : soit en mutant progressivement, soit en se recombinant avec une souche virale humaine. Cette recombinaison pourrait survenir chez un hôte intermédiaire (porc) ou chez l'homme à l'occasion d'une coïnfection. Une souche recombinée ou qui aurait mutée pourrait acquérir une capacité de transmission interhumaine. Le risque de dissémination deviendrait alors important, compte tenu de l'absence d'immunité de la population mondiale vis-à-vis de cette nouvelle souche. En décembre 2003, une souche virale de type A(H5N1) hautement pathogène a été identifiée dans des foyers de grippe aviaire en République de Corée et signalée à l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE). De nombreux autres foyers aviaires causés par ce virus ont été depuis identifiés dans plusieurs pays d'Asie, d’Europe, d’Afrique et du Moyen-Orient. Cette épizootie a été à l'origine de plusieurs centaines de cas humains (voir situation épidémiologique) dans les pays touchés. Situation de l'épizootie A(H5N1) (épidémie animale) Depuis le début de l'épizootie (décembre 2003), 63 pays ou territoires ont notifié des infections chez des oiseaux sauvages ou d’élevage : Afghanistan ; Albanie ; Allemagne ; Arabie Saoudite ; Autriche ; Azerbaïdjan ; Bangladesh ; Bénin ; Birmanie ; Bosnie-Herzégovine ; Bulgarie ; Burkina Faso ; Cambodge ; Cameroun ; Chine ; Chypre ; Côte d’Ivoire ; Corée du Sud ; Croatie ; Danemark ; Djibouti ; Egypte ; Espagne ; France ; Géorgie ; Ghana, Grèce ; Hong-Kong ; Hongrie ; Inde ; Indonésie ; Irak ; Iran ; Israël ; Italie ; Japon ; Jordanie ; Kazakhstan ; Koweït ; Laos ; Malaisie ; Mongolie ; Népal ; Niger ; Nigeria ; Pakistan ; Palestine ; Pologne ; Roumanie ; Royaume-Uni ; Russie ; Serbie ; Slovaquie ; Slovénie ; Soudan ; Suède ; Suisse ; Thaïlande ; Tchéquie ; Togo ; Turquie ; Ukraine ; Vietnam. L’infection par le virus a également été identifiée chez un chien en Thaïlande et chez des chats domestiques en Allemagne, en Autriche, en Roumanie, en Irak et en Indonésie. Des infections chez des félins avaient déjà été identifiées en Asie en 2003-2004. Aucun de ces cas n'a été à l'origine d'une transmission documentée à l'homme. Une infection a également été documentée chez des mustélidés (vison et fouine) en Allemagne et en Suède. Ces animaux sauvages très sensibles aux virus de la grippe se sont probablement infectés en mangeant des cadavres d’oiseaux porteurs du virus. Un point actualisé de la situation mondiale de l’épizootie est disponible dans le dernier Bulletin hebdomadaire international ( http://www.invs.sante.fr/international/index.htm ). Situation des cas humains En Asie - A ce jour, des cas humains ont été identifiés dans 9 pays d’Asie : le Bangladesh, la Birmanie, le Cambodge, la Chine, l’Indonésie, le Laos, le Pakistan, la Thaïlande et le Vietnam. Au Moyen Orient / Caucase - A ce jour, des cas humains ont été confirmés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans trois pays de cette région du monde : l’Azerbaïdjan, l’Irak et la Turquie. En Afrique - Depuis le début de l’année 2006, des cas humains ont été notifiés dans trois pays africains : Djibouti, Egypte et Nigeria. En zone tempérée, une recrudescence hivernale de la circulation virale, tant chez l’homme que chez l’animal, est observée chaque année depuis le début de l’épidémie en 2003. En zone intertropicale (Indonésie notamment), des cas peuvent survenir tout au long de l’année. Pour la plupart des cas humains décrits, la contamination a pour origine des contacts avec des animaux malades ou morts, ou avec leurs déjections. Néanmoins, une quarantaine d'épisodes de cas groupés familiaux ont été décrits depuis le début de l'épidémie, impliquant au total une centaine de cas confirmés. Ces cas humains groupés ont été décrits dans 12 pays : Azerbaïdjan, Cambodge, Chine, Egypte, Indonésie, Irak, Laos, Nigéria, Pakistan, Thaïlande, Turquie et Vietnam. Il s’agit dans la majorité des situations de cas avec une exposition commune à de la volaille malade. Une transmission interhumaine limitée, liée à des contacts étroits et répétés au sein de groupes familiaux, a été documentée dans 4 épisodes distincts survenus en Indonésie, en Chine, au Pakistan et en Thaïlande. Aucun de ces 4 épisodes n’a donné lieu à une transmission communautaire secondaire. L’hypothèse d’une susceptibilité génétique des familles concernées a été évoquée. Les études réalisées après la survenue des derniers épisodes de transmission interhumaine (Chine et Pakistan) confirment que la souche de virus A(H5N1) garde des caractéristiques strictement « aviaires » (la souche n’a donc pas acquis les mutations qui lui permettrait d’être plus facilement transmissible de personne à personne). A ce jour, les informations dont l’Institut de veille sanitaire dispose sur les nouveaux cas notifiés n’apportent aucun élément en faveur d’une modification des modes de transmission de la maladie. Selon l’OMS, le niveau d’alerte pandémique reste inchangé (phase 3). Les mesures de contrôle Sur le plan animal, les mesures recommandées consistent en une mise en quarantaine des foyers animaux identifiés, puis leur abattage, ainsi que celui des animaux potentiellement exposés. Afin d’éviter une contamination de ferme à ferme, il est nécessaire d’appliquer rigoureusement des procédures de décontamination du matériel utilisé dans ces fermes (vêtements, voitures…). Une conférence internationale, sous l’égide de l’OMS, de l’OIE et de la FAO, s’est tenue en juillet 2005 afin de statuer sur les mesures nécessaires pour prévenir la transmission du virus. Les principales recommandations insistaient sur la nécessité d’élever les différentes espèces animales séparément, en évitant notamment tout contact entre les volailles et les porcs, de mener de larges campagnes de vaccination sur ces animaux dans les zones à haut risque de transmission, et d’encourager les éleveurs à signaler les cas suspects de grippe aux autorités en prévoyant un dédommagement adéquat pour le préjudice financier subi en cas d’abattage. Sur le plan humain, des mesures de précaution individuelles sont recommandées pour les personnes exposées à des volailles infectées. De même, pour les voyageurs se rendant dans des zones où il existe des foyers animaux, il convient de respecter certaines précautions (http://www.grippeaviaire.gouv.fr). A l’heure actuelle, il n’existe aucun vaccin humain contre la grippe aviaire A(H5N1) Le risque de pandémie grippale est pris en compte par les pays de la Communauté Européenne, et notamment par la France qui dispose d’un plan gouvernemental de lutte élaboré dans la perspective d’un tel événement (http://www.grippeaviaire.gouv.fr). Pour plus d’informations (en particulier sur les mesures de précautions à prendre pour les voyageurs en Asie) :
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