Gastro-entérites aiguësEpidémiologie Il existe chaque année en France, comme dans tous les pays européens, une épidémie hivernale de gastro-entérite aiguës (GEA). Les données du réseau Sentinelles permettent d’estimer que, chaque hiver ces GEA sont à l’origine de 1 million à 2,5 million de consultations en médecine générale. L’augmentation du nombre de consultations pour GEA s’observe habituellement entre décembre et janvier avec un pic, le plus souvent au cours des deux premières semaines de janvier. Durant ce pic, l’incidence de consultations pour GEA est estimée entre 300 et 600 consultations pour 100 000 personnes par semaine mais peut s’élever jusqu’à 900 consultations pour 100 000 personnes par semaine comme en janvier 2001 (1).
Les GEA hivernales sont surtout d’origine virale. Elles se manifestent, après une période d’incubation variant selon l’agent infectieux de 24 à 72 heures, par de la diarrhée et des vomissements qui peuvent s’accompagner de nausées, de douleurs abdominales et parfois de fièvre. La durée de la maladie est généralement brève, de l’ordre de quelques jours. La principale complication est la déshydratation aiguë qui survient le plus souvent aux âges extrêmes de la vie. Au cours de l’hiver 1998-1999, une étude menée avec les médecins du Réseau Sentinelles, avec une recherche systématique des principaux virus responsables de GEA a montré que le rotavirus des groupes A et C, les calicivirus humains, astrovirus et adenovirus 40 et 41 étaient retrouvés pour 39% des cas de GEA consultant en médecine générale. Les calicivirus étaient isolés dans 19 % (dont 85 % des Norovirus) et les rotavirus A dans 17 %. Chez les enfants de moins de 3 ans, la proportion de cas avec une étiologie virale confirmée était de 55 % (2). L’étiologie virale est également importante parmi les enfants hospitalisés pour GEA. Ainsi, une étude avec recherche systématique de rotavirus dans les selles, réalisée chez les enfants de moins de 15 ans hospitalisés pour GEA de 1997 à 2000 à l'hôpital Saint-Vincent de Paul a montré que 51 % de celles ci étaient dues à une infection par un rotavirus (3). La transmission interhumaine est le mode principal de transmission des GEA hivernales. De nombreuses épidémies par transmission de personne à personne ont été rapportées dans des hôpitaux, des services de long séjour et des maisons de retraite, et également en centres de séjour de vacances comme des hôtels et des croisières. La transmission par les mains du personnel joue alors un rôle important, de même qu’une contamination persistante de l’environnement en particulier pour les norovirus (4). Une étude cas-témoins sur les facteurs de risque des GEA hivernales (5) a identifié le contact avec une personne souffrant de GEA comme le principal facteur de risque d’acquisition de cette maladie. Dans cette étude sur les gastro-entérites hivernales toutes causes confondues, la consommation de coquillages et de l’eau d’adduction n’était pas associée à la maladie. Cependant, outre la transmission de personne à personne, certains virus, en particulier les norovirus, peuvent être transmis par l’ingestion d’aliments, consommés crus ou peu cuits, qui sont soit contaminés à la production par contact avec des eaux souillées par des déjections soit contaminés secondairement lors de la manipulation par une personne porteuse du virus. Les aliments les plus souvent rapportés sont les huîtres (6). Ils peuvent être à l’origine d’importantes épidémies d’origine alimentaire. Impact sur l’activité hospitalière de soins
En conclusion, ces différentes données indiquent que la morbidité associée aux gastro-entérites, et notamment celle de l'enfant de moins de 5 ans, reste importante et peut être sévère avec près de 20% de complications liées à la déshydratation chez les enfants hospitalisés. |
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