Diabète
Prévalence et incidence du diabète
Prévalence
Incidence
Une fiche synthétique des principales données de prévalence et d'incidence du diabète disponibles en France est accessible en cliquant ici.
Prévalence
La prévalence du diabète traité pharmacologiquement en France est estimée par l’Assurance maladie à 4,39 % en 2009. Ce pourcentage correspond en 2007 à 2,9 millions de personnes diabétiques traitées, dont 700 000 traitées par insuline. Un pic de prévalence est observé entre 75 et 79 ans : 20 % des hommes et 14 % des femmes de ce groupe d’âge sont traités pour un diabète. La prévalence du diabète est toujours plus élevée chez les hommes que chez les femmes, sauf en outre-mer.
La prévalence du diabète traité est très élevée dans les départements d’outre-mer. Elle est plus élevée dans certains départements de métropole, en particulier dans le nord et le nord-est et dans certains départements d’Ile de France, mais elle est moins élevée en Bretagne. Elle est plus élevée en présence d’un niveau socio-économique moins favorisé et dans certaines professions. Elle est plus élevée chez les femmes d’origine maghrébine.
Une augmentation continue de la prévalence du diabète a été observée de 2000 à 2009, estimée à +6,0 % par an. Cette augmentation de la prévalence du diabète devrait se poursuivre, de par le vieillissement de la population, l’augmentation de l’espérance de vie des personnes diabétiques, mais aussi l’augmentation de la prévalence de l’obésité actuellement enregistrée. L’augmentation de prévalence est particulièrement élevée dans les départements les moins favorisés d’un point de vue socio-économique.
A l’estimation de la fréquence du diabète traité pharmacologiquement, il faut ajouter la prévalence du diabète diagnostiqué et non traité pharmacologiquement. Cette prévalence a été estimée par l’Etude nationale nutrition santé (ENNS) à 0,6 % chez les personnes âgées de 18 à 74 ans vivant en France métropolitaine en 2006-2007. Cette même étude a permis d’estimer pour la même classe d’âge, au moyen d’une unique glycémie veineuse à jeun, que la fréquence du diabète non diagnostiqué s’élevait à 1 % (glycémie
>= 7 mmol/L). Cette valeur implique que, parmi les 18-74 ans, environ 20 % des personnes diabétiques ne seraient pas diagnostiquées. Mais cette proportion diminue fortement avec l’âge passant de 30 % chez les 30-54 ans à 13 % chez les 55-74 ans.
Le dosage de la glycémie à jeun, recueilli par ENNS, a également permis d’estimer la fréquence de l’hyperglycémie modérée à jeun dans la population des 18-74 ans vivant en France métropolitaine en 2006-2007 : 5,6 %. L’hyperglycémie modérée à jeun (6.1 =< glycémie < 7 mmol/L) est en effet un stade précurseur du diabète. La fréquence de l’hyperglycémie à jeun augmente régulièrement avec l’âge (1,5 % chez les 18-29 ans, 5,2 % chez les 30-54 ans et 9,5 % chez les 55-74 ans) et est environ deux fois plus élevée chez les hommes que chez les femmes (7,9 % versus 3,4 %).
En savoir plus :
Ricci P, Boltière PO, Weill A, Simon D, Tuppin P, Ricordeau P, Allemand H. Diabète traité en France : quelles évolutions entre 2000 et 2009. Bull Epidemiol Hebd 2010;42-43:425-31.
Kusnik-Joinville O, Weill A, Ricordeau P, Allemand H. Diabète traité en France en 2007 : un taux de prévalence proche de 4% et des disparités géographiques croissantes. Bull Epidémiol Hebd 2008 ; 43: 409-413.
Kusnik-Joinville O, Weill A, Salavane B, Ricordeau P, Allemand H. Diabète traité : quelles évolutions entre 2000 et 2005 ? Pratiques et Organisation des Soins 2007 ; 38(1) : 1-12.
Bonaldi C, Romon I, Fagot-Campagna A. Impacts du vieillissement de la population et de l’obésité sur l’évolution de la prévalence du diabète traité : situation de la France métropolitaine à l’horizon 2016. Bull Epidémiol Hebd 2006 ; 10 : 69-71.
Bonaldi C, Vernay M, Roudier C, Salavane B, Castetbon K, Fagot-Campagna A. Prévalence du diabète chez les adultes âgés de 18 à 74 ans résidant en France métropolitaine. Étude nationale nutrition santé, 2006-2007. In : Congrès de l’Association de langue française pour l’étude du diabète et des maladies métaboliques, Strasbourg, 18-20 mars 2009. Diabetes Metab 35 : A18.
Dalichampt M, Fosse S, Fagot-Campagna A. Prévalence du diabète et relations avec les caractéristiques socioéconomiques et le pays d’origine, selon l’enquête décennale Santé 2002-2003. In : Congrès de l’Association de langue française pour l’étude du diabète et des maladies métaboliques, Bruxelles, 25-28 mars 2008. Diabetes & Metabolism 2008 ; 34 : A37.
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Incidence
En France, l’incidence du diabète est mal connue. Toutefois, il est possible d’approcher l’incidence du diabète par l’incidence des Affections de longue durée (ALD) pour diabète. En effet, les personnes diabétiques bénéficient d’une prise en charge pour ALD, permettant l’exonération du ticket modérateur (appelée communément « prise en charge à 100 % »). Cette prise en charge n’est accordée que sur demande du médecin traitant auprès d’un médecin-conseil de l’Assurance maladie. Il faut bien noter que l’incidence des ALD-diabète ne peut pas être assimilée à l’incidence réelle du diabète. Toutefois, les caractéristiques et les évolutions au cours du temps de l’incidence des ALD-diabète peuvent apporter des informations extrapolables à l’incidence du diabète.
Résultats détaillés de l’incidence des admissions en ALD-diabète de 2000 à 2006, analyse des données des 3 principaux régimes d’Assurance maladie
L’analyse des données d’ALD chez les enfants a fait l’objet d’une publication dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire :
Romon I, Auleley G-R, Weill A, Gosselin S, Perez P, Van-Bockstael V, Fagot-Campagna A. L’incidence des admissions en affection de longue durée pour diabète chez l’enfant en France, de 2003 à 2005. Bull Épidémiol Hebd 2007; 44-45:378-380.
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