Le diabèteEchantillon national témoin représentatif des personnes diabétiques (Entred) 2007-2010
La population diabétique est âgée : la médiane se situe à 66 ans et la moyenne à 65 ans, et un quart (26 %) ont 75 ans ou plus. Par rapport à 2001, la structure d’âge de la population diabétique s’est faiblement modifiée en s’aplatissant, les médianes et moyennes n’ayant pas évolué. Un peu plus de la moitié des personnes diabétiques (54 %) sont des hommes, lesquels sont un peu plus jeunes que les femmes diabétiques. La plupart (84 %) des personnes diabétiques sont prises en charge à 100 % pour une Affection de longue durée (diabète ou autre maladie), une proportion qui a augmenté de 7 points depuis 2001 ; 6 % bénéficient de la Couverture maladie universelle, une proportion stable depuis 2001, et touchant peu les personnes âgées. La population diabétique est en moyenne peu aisée financièrement, puisque plus de la moitié (54 %) déclarent « y arriver difficilement», « ne pouvant y arriver sans faire de dettes » ou « c’est juste ». Les revenus mensuels du foyer (salaires, allocations, aides…) sont inférieurs à 1 200 euros pour un tiers (34 %), et ces revenus sont inférieurs à ceux de la population générale, quel que soit l’âge, avant 75 ans (source de comparaison : Enquête revenus fiscaux et sociaux 2006 de l’Insee). Au total, 77 % des personnes diabétiques sont nées en France, 12 % dans un pays du Maghreb et 11 % dans un autre pays. Les caractéristiques générales du diabète : le diabète de type 2 toujours aussi fréquent, diagnostiqué le plus souvent depuis 9 années, ce qui correspond à un risque élevé de complications. Comme en 2001, la grande majorité des personnes (91,9 %) ont un diabète de type 2 (lié à une association entre résistance et carence en insuline, et traité par régime, antidiabétiques oraux et/ou insuline), 5,6 % ont un diabète de type 1 (carence en insuline liée à une destruction des cellules sécrétrices du pancréas qui nécessite un traitement par insuline) et 2,5 % ont d’autres types de diabète (MODY, pancréatite, mucoviscidose…) ou ont transmis des informations insuffisantes pour effectuer ce classement. Avant 45 ans, plus de la moitié (54 %) ont un diabète de type 1. Dès 45 ans, le diabète de type 1 devient proportionnellement marginal (8 % entre 45 et 54 ans, 3 % entre 55 et 64 ans, puis moins de 1 %). Le traitement par insuline, en incluant le diabète de type 1, correspond à un peu moins d’1 personne sur 5 (20 %) entre 45 et 84 ans. L’ancienneté médiane du diabète n’a pas évoluée depuis 2001, toujours estimée à 9 ans (9 ans dans le diabète de type 2 et 15 ans dans le type 1), ou 12 ans pour sa moyenne, et près de la moitié des personnes diabétiques (48 %) ont donc un diabète connu depuis plus de 10 ans, ce qui les expose à un risque élevé de complications. Le diabète a été découvert lors d’un dépistage (bilan, analyse de sang, grossesse) pour plus des 2 tiers (67 %) des personnes diabétiques de type 2, pour 18 % à l’occasion de symptômes évocateurs, et pour 15 % trop tardivement, c'est-à-dire à l’occasion de la découverte d’une complication. Le surpoids constitue le facteur de risque modifiable majeur du diabète de type 2. L’indice de masse corporelle médian (poids en kg divisé par la taille en cm au carré) des personnes diabétiques de type 2 est estimé à 28,7 kg/m2. Toutefois cette corpulence est calculée à partir des poids et tailles déclarés par le patient, ce qui la sous-estime très probablement. Si 20 % des personnes diabétiques de type 2 sont de corpulence normale (< 25 kg/m2), 39 % sont en surpoids (25-29 kg/m2) et 41 % sont obèses (≥ 30 kg/m2). Ces proportions sont à peine plus élevées dans le sous-groupe traité par insuline (36 % en surpoids et 45 % obèses) que sans insuline (40 % et 40 %). Depuis 2001, l’indice de masse corporelle médian a augmenté de 0,9 kg/m2, l’obésité a progressé de 7 points, particulièrement chez ceux traités par insuline (+ 11 points), et aux dépens du surpoids (- 3 points). Le surpoids n’est pas un facteur de risque reconnu de diabète de type 1. Pourtant, si 56 % des personnes diabétiques de type 1 ont une corpulence normale, 30 % sont en surpoids (+ 3 points depuis 2001) et 14 % sont obèses (+ 4 points). Des fréquences similaires sont retrouvées en population générale (source : enquêtes Obépi 2006). La prise en charge nutritionnelle et le contrôle du poids sont donc également à intégrer dans la prise en charge du diabète de type 1. Le contrôle glycémique, objectif spécifique de la prise en charge du diabète(*), est estimé à partir du niveau d’HbA1c qui reflète la glycémie des 3 derniers mois. Une HbA1c en dessous de 6,5 % signe un bon contrôle glycémique. En 2007, l’HbA1c médiane se situe à 6,9 % pour les personnes diabétiques de type 2 et à 7,8 % pour les diabétiques de type 1, pourtant plus jeunes. Un tiers (34 %) des personnes diabétiques de type 2 ont un bon contrôle (HbA1c ≤ 6,5 %). Toutefois, 41 % ont une HbA1c au dessus de 7 % (15 % au dessus de 8 %). Si le contrôle glycémique est encore globalement insuffisant, il a progressé, puisque la valeur médiane de l’HbA1c a baissé de 0,3 % depuis 2001 et que la distribution s’est déplacée vers des valeurs plus basses. En particulier, on observe une chute de la proportion de personnes ayant une HbA1c au dessus de 8 % (- 6 points). La pression artérielle médiane, déclarée par les médecins, est de 130/80 mmHg chez les personnes diabétiques de type 2 ; 14 % seulement se situent en dessous du seuil recommandé de 130/80 mmHg(*)(+7 points depuis 2001) et plus d’un tiers (38 %) au dessus ou au niveau de 140/90 mmHg (-15 points). Ainsi, depuis 2001, la pression médiane systolique a chuté de 10 mmHg, la moyenne systolique a chuté de 3 mmHg et la moyenne diastolique de 2 mmHg. Une diminution est observée quels que soient l’âge et le sexe. Toutefois la pression artérielle reste mesurée de façon imprécise, puisqu’elle est reportée très fréquemment en centimètres et non en millimètres de mercure, ce qui peut expliquer la proportion importante des taux correspondant à la valeur seuil de 130/80mmHg (45 %). Il s’agit pourtant d’un facteur de risque cardiovasculaire majeur. Autre facteur de risque vasculaire majeur, le cholestérol LDL (ou « mauvais » cholestérol) rapporté par les médecins pour 2007 ou 2008 est estimé pour sa médiane à 1,04 g/l, le cholestérol HDL (ou « bon » cholestérol) à 0,49 g/l et les triglycérides à 1,30 g/l chez les personnes diabétiques de type 2. Toutefois, dans un quart (24 %) des cas, le médecin ne transmet pas de valeur de cholestérol LDL ; pour un tiers (34 %), le dosage est inférieur à 1 g/l ; pour 24 %, il se situe entre 1 et 1,30 g/l ; et pour 18 % seulement il se situe au niveau ou au dessus de 1,30 g/l, limite recommandée pour les personnes à haut risque vasculaire. Depuis 2001, les progrès sont très nets : le niveau de LDL est beaucoup plus souvent disponible (+ 15 points), et la distribution des valeurs s’est déplacée vers des valeurs beaucoup plus basses, quel que soit l’âge. La fréquence des valeurs inférieures à 1 g/l a augmenté de 22 points, mais il est possible que le dosage soit plus fréquemment pratiqué chez des personnes ayant une valeur normale. La fréquence des valeurs élevées (supérieures ou égales à 1,30 g/l) a chuté de 9 points. Un tabagisme actuel, premier facteur de risque vasculaire, est rapporté par 13 % des personnes diabétiques de type 2 (et 39 % des type 1, lesquelles sont plus jeunes). Il faut de plus ajouter le tabagisme arrêté depuis moins de 3 ans (qui est également un facteur de risque vasculaire) rapporté par 3 % des diabétiques de type 2 (et 5 % des type 1). L’albuminurie est également associée à un risque vasculaire élevé. Ce dosage est toutefois plus souvent disponible qu’en 2001 dans les dossiers des médecins (+3 points) et les fréquences de la micro (+4 points) et macroalbuminurie (+2 points) ont un peu augmenté, aux dépens des valeurs normales (-3 points). Au total, le risque vasculaire des personnes diabétiques de type 2, bien qu’en diminution, reste élevé en 2007 : par rapport aux définitions établies dans les recommandations de traitement de la Haute autorité de santé(*), 59 % ont un risque très élevé, 26 % un risque élevé, 14 % un risque modéré, et seulement 1 % un risque vasculaire faible. Un antécédent d’angor ou d’infarctus du myocarde est rapporté par 16,7 % des personnes diabétiques de type 2, un chiffre stable depuis 2001. Toutefois, la fréquence des revascularisations coronariennes est de 13,9 % et a augmenté de 5 points depuis 2001, ce qui porte au total la fréquence des complications coronariennes (en incluant les revascularisations) à 20,8 % (+ 3 points). Comme en 2001, il y a peut être surestimation, les patients pouvant confondre angioplastie (acte de revascularisation des artères coronaires) et angiographie (exploration sans autre intervention sur les artères coronaires). Un mal perforant plantaire, lésion du pied pouvant conduire à l’amputation et signant une atteinte des nerfs et une atteinte vasculaire périphérique, est rapportée par 9,9 % des personnes diabétiques de type 2 mais par seulement 2,3 % de leurs médecins. L’augmentation entre 2001 et 2007 est de + 4 points pour les estimations des patients et + 1 point pour les estimations des médecins. Là encore, si les déclarations des patients peuvent conduire à une surestimation (en confondant avec une autre lésion, d’origine veineuse par exemple), celles des médecins conduisent à une sous-estimation : leur connaissance de l’état podologique de leur patient est très imparfaite, puisque 57 % ne fournissent pas le niveau de gradation du risque podologique pour leur patient. Une dialyse ou une greffe rénale, complications gravissimes mais rares du diabète, sont déclarées par 0,3 % des personnes diabétiques de type 2. Les complications rénales plus précoces sont estimées d’une part par la recherche d’albumine dans les urines (précédemment commentée en tant que facteur de risque vasculaire) et d’autre part par le débit de filtration glomérulaire. Le débit de filtration glomérulaire (estimé à partir de la créatininémie selon l’équation MDRD) manque (car la créatininémie n’est pas rapportée par le médecin) pour 15 % des personnes diabétiques de type 2, est normal pour un quart (23 %), se situe entre 60 et 90 ml/mn/1m73 pour 43 %, et à un stade signant une insuffisance rénale (< 60 ml/mn/1m73) pour 19 %. D’après les données de remboursements médicaux, 44 % des personnes diabétiques de type 2 ont bénéficié des trois dosages de l’HbA1c recommandés dans l’année pour surveiller l’équilibre glycémique. Mais 90 % ont eu au moins 1 dosage dans l’année et, sur deux ans consécutifs, ce pourcentage atteint même 96 %. Entre 2001 et 2007, la pratique des trois dosages annuels de l’HbA1c a augmenté de 10 points. En ce qui concerne la surveillance de la fonction rénale chez les personnes diabétiques de type 2, un dosage de la créatininémie a été remboursé dans l’année à 83 % des patients, soit une progression de 8 points depuis 2001 ; et celui de l’albuminurie ou de la protéinurie chez 28 % seulement, ce qui correspond néanmoins à une progression de 7 points. Mais si l’on étudie deux années concomitantes, c’est alors 44 % des personnes diabétiques de type 2 qui ont bénéficié d’un dosage d’albuminurie. Dans l’année, un dosage des lipides, quels qu’ils soient, a été remboursé à 76 % (+ 8 points par rapport à 2001) et celui du cholestérol LDL à 72 % des personnes diabétiques de type 2. Un électrocardiogramme ou une consultation de cardiologie ont été pratiqués chez 39 %, soit une augmentation de 5 points. Sur deux années, ce sont 86 % des patients qui ont bénéficié d’un dosage du cholestérol LDL, et 57 % d’une consultation de cardiologue ou d’un ECG en libéral. En revanche, la fréquence de consultation ophtalmologique annuelle est presque stationnaire, pratiquée chez la moitié (50 %, + 2 points) des personnes diabétiques de type 2. Sur deux années concomitantes, ce pourcentage augmente toutefois à 71 %. Enfin, le pourcentage de personnes diabétiques de type 2 ayant bénéficié de soins dentaires dans l’année est de 38 %. Il a augmenté de 3 points par rapport à 2001. Il faut rappeler que ces indicateurs ne reflètent que les actes réalisés en médecine libérale et qui ont fait l’objet d’un remboursement. Ils ne prennent donc pas en compte la surveillance supplémentaire effectuée en établissement hospitalier public, ce qui conduit à sous-estimer la qualité des pratiques, en 2001 comme en 2007. La prise en compte des séjours hospitaliers (en supposant que toute personne hospitalisée a bénéficié d’un électrocardiogramme, et s’il s’agissait d’un service de médecine d’un dosage d’albuminurie) laisse à penser que 45 % des diabétiques de type 2 ont eu un électrocardiogramme ou une consultation de cardiologie et 36 % un dosage d’albuminurie dans l’année. La Loi de santé publique de 2004 a fixé comme objectif que la pratique de ces examens soit réalisée chez 80 % des personnes diabétiques en 2008. Des progrès importants sont observés en ce sens. Ils demeurent insuffisants, particulièrement pour trois indicateurs majeurs de la qualité du suivi médical que sont : le dépistage d’une sécrétion anormale d’albumine urinaire (pour dépister une atteinte rénale) ; les 3 dosages de l’HbA1c (pour vérifier l’équilibre du diabète) ; et l’examen du fond de l’œil (pour dépister une atteinte de la rétine). De plus, l’examen attentif des pieds, indicateur non spécifié par la Loi de santé publique, qui vise à dépister l’atteinte neurologique et vasculaire périphérique et à traiter précocement toute lésion, est très insuffisamment pratiqué. Ainsi, les médecins fournissent l'information nécessaire à la gradation du risque podologique pour seulement 62 % des patients diabétiques de type 2, soit 12 points de plus depuis 2001. A noter qu’une gradation élevée (grades 2 et 3), signant un risque d’amputation, permet aujourd’hui le remboursement de soins podologiques. La monothérapie par antidiabétique oral reste la modalité de traitement du diabète de type 2 la plus fréquente (43 %), suivie par la bithérapie orale (29 %). L’insulinothérapie est prescrite chez 17 % des personnes, et un peu plus souvent en association à un antidiabétique oral que seule (10 % versus 7 %). La trithérapie orale est prescrite chez 8 %. Par rapport aux données de 2001, la monothérapie orale est moins fréquente (- 5 points), la bithérapie un peu plus fréquente (+ 2 points), et l’insulinothérapie un peu plus fréquente (+ 2 points au total), mais uniquement lorsqu’elle est associée aux antidiabétiques oraux (+ 4 points). Les traitements par antidiabétiques oraux et insuline se sont donc légèrement intensifiés. Un traitement par biguanide, recommandé en première intention dans le diabète de type 2 (62 %), est le médicament le plus prescrit et a connu une augmentation importante de 12 points depuis 2001. Cette augmentation s’est faite aux dépens des prescriptions par sulfamides (50 %, - 12 points). Les autres classes de traitements prescrits sont les glitazones (13 %), les glinides (8 %, + 2 points) et les inhibiteurs de l’alpha glucosidase (8 %, - 6 points). Les choix thérapeutiques ont donc évolué vers une meilleure adéquation aux recommandations, et le contrôle glycémique des diabétiques de type 2 s’est beaucoup amélioré, comme la baisse du niveau moyen d’HbA1c en témoigne. Mais une intensification des traitements antidiabétiques reste possible. Selon les recommandations de l'Afssaps/HAS publiées en novembre 2006(*), le traitement prioritaire du diabète de type 2 en monothérapie est la metformine. Il est estimé, sur la base de 2,2 millions de personnes diabétiques de type 2 vivant en métropole(*), qu’environ 480 000 personnes sont ainsi traitées, mais que 440 000 autres sont traitées en monothérapie par un autre antidiabétique oral. Certes, une intolérance ou une contre-indication à ce traitement est possible. Les recommandations de l'Afssaps/HAS publiées en novembre 2006(*) avaient souligné l’importance de l’escalade thérapeutique qui vise à maintenir un niveau d’HbA1c permettant de prévenir ou ralentir les complications du diabète. Ainsi, toujours sur la base de 2,2 millions de personnes diabétiques de type 2 en métropole*, parmi celles traitées par monothérapie orale, 480 000 ont une HbA1c bien contrôlée (≤ 6,5 %) et les 440 000 autres pourraient bénéficier d’un passage à une bithérapie orale (HbA1c > 6,5 %). Parmi les personnes traitées par bithérapie orale, 310 000 ont une HbA1c jugée correcte (≤ 7 %) et les 310 000 autres pourraient bénéficier d’un passage à une trithérapie orale (HbA1c > 7 %). Parmi les personnes sous trithérapie orale, 180 000 ont une HbA1c ≤ 8 % et les 40 000 autres pourraient bénéficier d’un passage à l’insulinothérapie (HbA1c > 8 %). Enfin, parmi celles traitées par insuline, 260 000 ont une HbA1c ≤ 8 % et les 180 000 autres ont une HbA1c > 8 %. Ainsi, au total, 1,2 million de personnes diabétiques de type 2, soit 56 %, ont un traitement correspondant aux objectifs glycémiques de la HAS*, et 1 million de personnes diabétiques de type 2 pourraient bénéficier de l’escalade thérapeutique recommandée, si le mauvais contrôle glycémique persiste. Cette escalade thérapeutique est probablement ajustée par les médecins aux patients dont l’espérance de vie est réduite du fait de complications graves du diabète ou d’autres maladies. Toutefois, 39 % des plus jeunes patients diabétiques (< 65 ans) et 29 % de ceux ayant un diabète récemment diagnostiqué (depuis moins de 5 ans) ont une HbA1c insuffisamment contrôlée, supérieure à 7 %, ce qui les expose à un risque élevé de complications microvasculaires compte tenu de leur longue espérance de vie. Des améliorations thérapeutiques sont encore nécessaires. Les traitements préventifs des maladies cardiovasculaires et rénales se font plus fréquents Un traitement antihypertenseur, quel qu’il soit, est prescrit chez 75 % des personnes diabétiques de type 2. Un traitement par diurétique thiazidique est prescrit à 32 %, par inhibiteur de l'enzyme de conversion de l'angiotensine (IEC) à 28 % et par antagoniste du récepteur de l’angiotensine II (ARA II) à 32 % (soit 58 % pour l’une ou l’autre de ces deux dernières classes, ou respectivement 70 % et 55 % pour ceux ayant eu ou n’ayant pas d’antécédent de complication coronarienne). Par rapport à 2007, les augmentations sont majeures : + 12 points pour les thiazidiques, + 18 points pour les ARA (et moins 1 point pour les IEC). Les traitements antithrombotiques (antiagrégants plaquettaires compris), qui visent à éviter une complication cardiovasculaire, sont prescrits chez 40 % des personnes diabétiques de type 2, et chez 83 % versus 28 % de celles ayant ou n’ayant pas d’antécédent de complication cardiovasculaire. L’augmentation depuis 2001 est dans l’ensemble de 10 points. Rappelons que les complications cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, angine de poitrine, etc.) sont des complications majeures du diabète, qui peuvent être prévenues par un meilleur contrôle des facteurs de risque vasculaire, une prise en charge hygiéno-diététique et certains traitements pharmacologiques. Si les traitements préventifs se sont beaucoup intensifiés entre 2001 et 2007, des améliorations sont encore nécessaires. En particulier, nous avons vu que la mesure de la pression artérielle est imprécise ; que l’intensification du traitement anti-hypertensif est encore insuffisante, seulement 14 % des personnes diabétiques de type 2 se situant en dessous du seuil recommandé de 130/80 mmHg ; et que le risque vasculaire global reste élevé. Consultations médicales et paramédicales Le suivi par les médecins généralistes des patients diabétiques de type 2 est toujours très actif : en moyenne, les patients sont vus 9 fois par an en consultation ou visite à domicile. De plus, 10 % des personnes diabétiques de type 2 ont eu recours à une consultation en endocrinologie ou en médecine interne libérale sur 1 an. Ce pourcentage est stable par rapport à 2001 (- 2 points). En revanche, la fréquence du recours à une consultation en cardiologie libérale (37 %) progresse nettement entre 2001 et 2007 (+ 5 points). Au total, il est estimé que sur 2 années, 4 % des personnes diabétiques de type 2 ont été prises en charge par un spécialiste hospitalier du diabète (avec ou sans recours à un diabétologue libéral), 14 % ont été prises en charge par un endocrinologue libéral (sans recours à un hospitalier, mais avec recours à un généraliste), et 82 % à un médecin généraliste, sans recours à un spécialiste du diabète, qu’il soit libéral ou hospitalier, ce qui est globalement stable par rapport à 2001. Parmi les personnes diabétiques de type 1, le recours sur 2 années est différent : 17 % ont été prises en charge par un spécialiste hospitalier du diabète, 34 % par un endocrinologue libéral, et 49 % par un médecin généraliste seul. Ces indicateurs, issus pour la plupart des données de consommation médicale, ne prennent toutefois en compte ni les hospitalisations ni les consultations hospitalières en établissement public. Elles sous-estiment donc la fréquence de recours aux spécialistes et paramédicaux. La fréquence des actes infirmiers est importante. Ainsi, un quart (25 %) des personnes diabétiques de type 2 ont bénéficié d’une prise en charge infirmière libérale significative (plus de 10 actes codés AMI). D’après leurs déclarations, 1 personne diabétique de type 2 sur cinq (20 %) a bénéficié d’une consultation avec une diététicienne (- 3 points depuis 2001). Parmi les personnes obèses, la moitié de celles traitées par insuline et 19 % de celles sans insuline ont bénéficié d’une consultation diététique. Une personne sur quatre (24 %) a bénéficié de soins podologiques (+ 2 points depuis 2001). Compte tenu de l’obésité fréquente et en augmentation et du risque podologique de cette population, les suivis podologique et diététique semblent nécessaires et probablement insuffisants. Au total, c’est essentiellement aux médecins généralistes que s’adresse ce bilan de santé des personnes diabétiques de type 2, puisqu’ils suivent seuls, sans recours au diabétologue, 87 % de ces patients. Les médecins généralistes sont donc les acteurs essentiels des progrès réalisés et de ceux restant à faire, en tant que coordonateurs du parcours de soins, entre paramédicaux et spécialistes du diabète. D’autres analyses d’Entred seront prochainement réalisées, en particulier, celles concernant les personnes diabétiques de type 1, les personnes diabétiques âgées, les personnes diabétiques vivant en département d’outre-mer et les enfants diabétiques. Certains thèmes seront détaillés : la qualité de vie, les symptômes dépressifs et les limitations des activités liées au diabète, l’observance du traitement, les hospitalisations, l’impact du niveau socio-économique sur la qualité de la prise en charge médicale, la fréquence du syndrome d’apnées du sommeil et des troubles sexuels.
(*) Références
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