| Evaluation des programmes de dépistage des cancers > Evaluation du programme de dépistage du cancer colorectal > Programme national de dépistage organisé du cancer colorectal Evaluation des programmes de dépistage des cancers Evaluation du programme de dépistage du cancer colorectal
Dans le monde, le cancer colorectal (CCR) a une incidence annuelle d’environ 1 million de cas et une mortalité annuelle de plus de 500 000 personnes. Il constitue la seconde cause de mortalité par cancer chez les hommes et les femmes. Les taux d’incidence et de mortalité par cancer colorectal varient de manière importante selon les pays. Il est plus fréquent en Amérique du Nord, Australie, Nouvelle-Zélande et dans certaines parties de l’Europe qu’en Afrique (nord, sud, ouest, est, centrale) ou en Asie. Ces différences peuvent s’expliquer par l’alimentation, les différents modes de vie et les facteurs héréditaires. En Europe, l’incidence ne varie pas de manière très importante entre les différents pays mais la France est l’un des pays où l’incidence du cancer colorectal est la plus élevée pour les deux sexes. En France, le cancer colorectal est la troisième localisation cancéreuse la plus fréquente chez l’homme et la deuxième chez la femme. Entre 1980-2005, l’incidence a augmenté, chez les hommes, en moyenne de 0,5 % et chez les femmes de 0,3 % par an pour atteindre respectivement 37,7 et 24,5 pour 100 000 (taux standardisé sur la population mondiale). En 25 ans, le taux de mortalité par cancer colorectal a diminué, de façon plus importante pour les femmes que pour les hommes, et 16 865 décès ont été dénombrés en 2006 : 8 901 chez l’homme et 7 964 chez les femmes. Ces estimations sont complétées par des projections qui sont publiées chaque année pour l’année en cours. Sur la période 1989-1997, la survie relative -survie que l’on observerait pour une pathologie donnée au sein d’une population si seule cette cause de décès était présente. En d’autres termes, la survie relative prend en compte la mortalité due aux autres causes - à 5 ans du cancer colorectal était de 56 %. La survie relative diminuait progressivement et régulièrement avec l’âge jusqu’à 75 ans. Puis chutait brutalement après 75 ans. Elle était de 63 % chez les 15-44 ans et de 51 % chez les 75 ans et plus (Bouvier et al 2007). Il a été démontré que le dépistage par la détection de sang occulte dans les selles permet de réduire la mortalité par cancer colorectal. En France, une étude contrôlée en population générale montre une réduction de 16% de la mortalité par cancer colorectal après 11 ans de suivi, sous certaines conditions d’organisation du dépistage (Faivre et al 2004).
Mis en place initialement dans 23 départements pilotes, le programme de dépistage organisé du cancer colorectal sera généralisé à l’ensemble du territoire en 2009. A terme, la population cible représentera 16 millions de personnes. Le programme propose un test de détection de sang occulte dans les selles (Hémoccult®) tous les deux ans aux personnes âgées de 50 à 74 ans à risque moyen pour ce cancer selon les recommandations de la Conférence de Consensus de 1998, renouvelées en 2005 (http:/www.has-sante.fr/). Une coloscopie complète doit être pratiquée systématiquement en cas de test Hémoccult® positif. Les structures de gestion départementales du dépistage organisé sont chargées d’inviter la population concernée et de veiller au bon déroulement du suivi. Le premier courrier invite la population à se rendre chez son médecin généraliste (consultation non prise en charge par le dépistage organisé), et c’est le médecin généraliste qui décide, au regard des antécédents de la personne, de l’opportunité ou non de faire un test Hémoccult®. Les personnes ayant une pathologie colique qui nécessite un contrôle endoscopique programmé, ayant des antécédents personnels d’adénomes colorectaux, ayant un parent du premier degré atteint d’un cancer colorectal avant 65 ans ou au moins deux parents du 1er degré atteints sont à risque plus élevé de cancer colorectal. Elles doivent se voir proposer une coloscopie d’emblée à partir de 45 ans ou 5 ans avant l’âge du diagnostic chez le parent atteint. Enfin, les sujets présentant une pathologie grave extra-intestinale (motif éthique) et ceux chez qui le dépistage revêt un caractère momentanément inopportun. Exemple : dépression (motifs éthique et d’efficacité) ne doivent pas réaliser le test de dépistage. Une première relance postale est prévue par les structures de gestion trois mois après l’envoi des premières invitations dans le cas où le test n’a pas été fait. Elle est suivie si besoin, six mois après, d’un second courrier de relance contenant le test. Les structures départementales de gestion du dépistage des cancers sont au cœur du dispositif et assurent la formation des généralistes, la gestion des invitations et le suivi des résultats. La Direction générale de la santé et l’Institut national du cancer co-pilotent le programme au niveau national . Un cahier des charges publié en 2006 en décrit l’organisation. L’Institut de veille sanitaire est chargé de l’évaluation épidémiologique et mesure les différents indicateurs à partir des données recueillies régulièrement auprès des structures de gestion. Une première évaluation des programmes pilotes a été faite en 2006, une mise à jour publiée en 2007 et en 2009. Un guide des indicateurs de l’évaluation à destination des 90 structures de gestion est également disponible. De nouveaux tests immunologiques utilisant des anticorps dirigés contre des protéines du sang, lus par des automates, sont aujourd'hui disponibles. Ils n'étaient pas jusque là utilisés dans le cadre du programme national de dépistage organisé. La Haute autorité de santé (HAS) a recommandé en décembre 2008 d'engager le processus de substitution des tests au gaïac par les tests immunologiques au sein du programme organisé de dépistage (www.has-sante.fr). Ce nouveau type de test, selon la HAS pourrait permettre d'améliorer la détection précoce des adénomes et des cancers car leur capacité de détection d'un saignement occulte est supérieure à celle des tests au gaïac. En outre ils seraient mieux acceptés, en raison de modalités de prélèvement simplifiées. La substitution soulève cependant des questions d'organisation : choix du test, choix du seuil de positivité, conditions de conservation, qualification des laboratoires de référence qui liraient les tests en cours de résolution.
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