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*Source des données : Institut de veille sanitaire et Centre national de référence des bactéries anaérobies et du botulisme
Caractéristiques épidémiologiques du botulisme chez l’homme en France en 2008 En 2008, 6 foyers de botulisme totalisant 9 malades ont été recensés (figure 1). Tous sont survenus en milieu familial et le nombre de malades par foyer varie de un à trois. En 2008, le taux d’incidence du botulisme était de 0,15 par million d’habitants. Ce taux reste relativement bas depuis 1991 (en moyenne 0,43 par million d’habitants par an).
Depuis 1991, les taux annuels les plus élevés d’incidence moyenne sont observés dans les départements de l’Allier (4,6/10 6), la Vienne (3,7/10 6), l’Indre (2,9/10 6) et la Saône-et-Loire (2,8/10 6) (figure 2).
Le diagnostic de botulisme a été confirmé pour 5 des 6 foyers par la mise en évidence de la toxine botulique dans le sérum ou les selles des patients : toxine de type A (1 foyer), toxine de type B (3 foyers) et toxine non-typé (1 foyer). Parmi les 9 malades recensés, 3 (33 %) étaient des hommes et l’âge médian était de 34 ans (min-max : 4 mois - 85 ans). Sept cas de boulisme alimentaire, 1 cas de botulisme infantile chez un enfant de 4 mois et 1 cas de botulisme suite à la contamination d’une plaie ont été documentés. Les principaux symptômes décrits étaient une diplopie (67 %), une dysphagie (67 %), une sécheresse de bouche (62 %), une mydriase (38 %) et une constipation (33 %). Deux malades ont présentés une paralysie du diaphragme et des membres. Tous les malades ont été hospitalisés et 6 (67 %) ont nécessité une assistance respiratoire, dont le cas de botulisme infantile. Aucun décès n’a été rapporté. Deux cas familiaux de botulisme de type A ont nécessité une hospitalisation prolongée de 2,5 et 4 mois, suivie par un séjour dans un service de rééducation. Pour deux des quatre foyers de botulisme alimentaire, les aliments mis en cause étaient des conserves de fabrication familiale (compote de potiron (1 foyer), pâté (1 foyer)). Il n’y avait pas de restes alimentaires pour rechercher la toxine botulique pour ces deux foyers. Les prélèvements alimentaires réalisés sur un autre bocal de la même production de pâté et de compote de potiron ont été négatifs pour la toxine botulique. Deux spécialités mexicaines (fajitas, enchiladas) de fabrication industrielle à base de poulet et de légumes ont été suspectées pour les deux autres foyers alimentaires. Les plats suspectés d’être à l’origine de ces deux foyers étaient de la même marque. Pour l’un des deux foyers, celui de botulisme type A ayant entraîné deux cas familiaux sévères, une très forte concentration de toxine type A a été mise en évidence dans les restes du plat. Il n’avait pas été conservé dans les conditions de conservation préconisées par le fabricant. Pour le deuxième foyer, un foyer non confirmé biologiquement, le rôle du plat dans la survenue de la maladie n’a pas pu être confirmé faute de restes alimentaires à prélever. De plus, l’absence de l’emballage du plat n’a pas été retrouvé ce qui n’a pas permis l’identification précise du produit ni de connaître les conditions de conservations préconisées. Le cas de botulisme infantile avait consommé du miel de fabrication artisanale, un aliment souvent associé avec cette forme de botulisme (Koepke et al, 2008). Les foyers de botulisme survenus en 2008 sont toujours majoritairement associés à la toxine botulique type B. Les produits suspectés d’être à l’origine des foyers alimentaires survenus sont ceux classiquement associés avec la maladie, sauf les produits industriels qui sont rarement mise en cause comme source de contamination en France. Les patients touchés par la maladie ont présenté en général des tableaux cliniques sévères (67 % avec une assistance respiratoire). Les deux formes sévères de botulisme type A survenus en août 2008 suite à la consommation des enchiladas d’origine industrielle sont les 2 cas les plus sévères identifiés en France ces dernières années (King et al, 2008). Suite à cet épisode, l’emballage du produit industriel impliqué a été modifié pour rendre les conditions de conservation préconisées plus évidentes pour le consommateur. Le cinquième cas de botulisme infantile décrit en France est survenu en 2008. Cette forme de la maladie, auparavant très rare en France, semble devenir plus fréquent avec un cas déclaré par an depuis 2004. Le botulisme sur plaie, une forme de la maladie rarement vu en France, a également été rapporté en 2008 suite à une contamination de blessure à l’étranger. Ces données mettent en évidence le besoin d’une vigilance maintenue pour le botulisme humain en France afin de suivre son évolution et d’adapter, au besoin, les mesures de prévention et de contrôle. Références : Caractéristiques épidémiologiques du botulisme chez l’homme en France en 2007 En 2007, 6 foyers de botulisme totalisant 11 malades ont été recensés (figure 1). Tous sont survenus en milieu familial et le nombre de malades par foyer varie de un à cinq. En 2007, le taux d’incidence du botulisme était de 0,18 par million d’habitants. Ce taux reste relativement bas depuis 1991 (en moyenne 0,45 par million d’habitants par an).
En 2007, les taux d’incidence départemental les plus élevés étaient retrouvés dans les départements des Hautes-Pyrénées (9,3/106) et la Loire (6,8/105). Depuis 1991, les taux d’incidence départementaux annuels les plus élevés sont observés dans les départements de l’Allier (4,7/106), la Vienne (3,9/106) et l’Indre (3,1/106) (figure 2).
Le diagnostic de botulisme a été confirmé pour les 6 foyers par la mise en évidence de la toxine botulique dans le sérum des patients : toxine de type A (un foyer), toxine de type B (cinq foyers). Les principaux symptômes décrits étaient des nausées (100 %), des vomissements et de la diarrhée (88 %), une sécheresse de bouche (88 %), une dysphagie (82 %), des troubles d’accommodation (72 %) et une diplopie (67 %). Deux malades ont présentés une paralysie d’un ou plusieurs membres. Dix malades ont été hospitalisés et un nourrisson de 4 mois a nécessité une assistance respiratoire. Aucun décès n’a été rapporté. Une origine alimentaire a été suspectée pour 100 % des foyers. Les aliments mis en cause étaient, pour 5 foyers, des conserves de fabrication familiale : boudin familial (2 foyers), jambon familial (2 foyers) et pâté de tête (1 foyer). Pour le 6e foyer, un cas de botulisme infantile, aucun aliment n’a pas pu être suspecté ou incriminé. La recherche de toxine dans les prélèvements alimentaires réalisés au domicile des patients était positive pour deux foyers (toxine de type B dans du jambon familial), négative pour deux foyers et n’a pas réalisée pour deux foyers. En conclusion, une incidence de botulisme humain très faible a été observée en France en 2007. Le nombre de foyers de botulisme et de cas associés diminue progressivement pour atteindre une valeur très faible en 2007. Le système de surveillance du botulisme et les pratiques de diagnostic n’ayant pas été modifiés au cours de ces dernières années, il semblerait que la baisse enregistrée dans la surveillance corresponde à l’évolution réelle de la maladie. Les foyers de botulisme survenus en 2007 sont toujours majoritairement associés à la toxine botulique type B. Les patients touchés par la maladie ont présenté en général des tableaux cliniques modérés. Un cas de botulisme infantile est survenu en 2007, ce cas étant le quatrième cas décrit en France pour cette forme. Ces données mettent en évidence le besoin d’une vigilance maintenue pour le botulisme humain en France, afin de suivre son évolution et d’adapter, au besoin, les mesures de prévention et de contrôle. Caractéristiques épidémiologiques du botulisme humain en France en 2006 En 2006, 5 foyers de botulisme totalisant 9 malades ont été recensés. Tous sont survenus en milieu familial et le nombre de malades par foyer varie de un à trois. En 2006, le taux d’incidence du botulisme était de 0,20 par million d’habitants. Ce taux reste relativement bas depuis 1991 (en moyenne 0,60 par million d’habitants par an) (figure 1).
En 2006, le taux d’incidence départemental le plus élevé était retrouvé dans le département de la Vienne (12,8/106). Depuis 1991, les taux d’incidence départementaux annuels les plus élevés sont observés dans les départements de l’Allier (4,7/106), la Savoie (4,5/106), des Hautes-Pyrénées (3,4/106) et des Vosges (3,2/106) (figure 2).
Le diagnostic de botulisme a été confirmé pour 80 % des foyers (4/5) par mise en évidence de la toxine botulique dans le sérum des patients : toxine de type A (deux foyers), toxine de type B (un foyer), toxine de type indéterminé (un foyer). Pour le dernier foyer, la recherche de toxine était négative. Parmi les 9 malades recensés en 2006, 7 (78 %) étaient
des hommes et l’âge médian était de 28 ans (min-max
: 2 mois - 73 ans). Une origine alimentaire a été suspectée pour 80 % des foyers (4/5). Les aliments mis en cause étaient, pour 3 foyers, des conserves de fabrication familiale : pâté, terrine de porc, conserve d’asperges. Pour le 4e foyer, l’aliment suspecté était du miel placé sur la tétine du nourrisson. La recherche de toxine dans les prélèvements alimentaires réalisés au domicile des patients était positive pour un foyer (toxine de type indéterminé) et négative pour les trois autres. Pour deux patients qui étaient des usagers de drogue, l’origine suspectée était l’inhalation de cocaïne contaminée. En effet, ces patients âgés de 27 et 28 ans avaient présenté une constipation, une sécheresse buccale et des troubles de l’accommodation, 2 à 6 heures après l’inhalation d’une même poudre de cocaïne. Aucun prélèvement de cocaïne n’a pu être réalisé pour confirmer cette hypothèse. En conclusion, l’apparition de formes rares de botulisme, au cours de
ces deux dernières années, semble aussi suggérer
une modification des caractéristiques épidémiologiques
du botulisme décrites jusque là en France. En effet, en
2005 et 2006, trois cas de botulisme infantile ont été déclarés
; les sources alimentaires suspectées n’ont cependant pas été confirmées.
Même si cette forme clinique de botulisme a déjà été décrite
dans d’autres pays [Long SS et al, 1985 ; Aureli P et al, 2002 ; Fox
CK et al 2005], elle n’avait jusqu’alors jamais été observée
en France. Tous ces éléments semblent donc inciter à une vigilance accrue, d’autant que depuis 2003, le nombre de foyers de botulisme, et de malades associés, diminuent progressivement pour atteindre en 2006 une valeur très faible. Le système de surveillance du botulisme et les pratiques de diagnostic n’ayant pas été modifiés au cours de ces dernières années, il semblerait que cette baisse soit réelle. Il faudra donc dans les futures années, veiller à une surveillance renforcée du botulisme humain en France afin de suivre son évolution et d’adapter, au besoin, les mesures de prévention et de contrôle.
Caractéristiques épidémiologiques du botulisme humain en France en 2005 En 2005, 16 foyers de botulisme totalisant 23 malades ont été recensés. Tous étaient d’origine alimentaire et sont survenus en milieu familial. Onze foyers étaient constitués d’un seul cas et cinq foyers correspondaient à des toxi-infections alimentaires collectives (Tiac) impliquant deux ou trois malades. En 2005, le taux d’incidence du botulisme était de 0,4 par million d’habitants. Ce taux reste relativement bas depuis 1991 (en moyenne 0,5 par million d’habitants par an) (figure 1).
En 2005, les taux d’incidence départementaux les plus élevés ont été retrouvés dans les départements du Lot (12,7/10 6), de la Haute-Vienne (8,5/106) et du Cher (6,2/106). Depuis 1991, les taux d’incidence départementaux annuels les plus élevés restent observés dans la région centre de la France, en particulier dans les départements de l’Allier (5,0/106), l’Indre (3,5/106), de la Vienne (3,4/106) et de la Saône et Loire (3,3/106) (figure 2).
Le diagnostic de botulisme de type B a été confirmé pour 93 % des foyers (14/15) par mise en évidence de la toxine botulique chez les malades ou dans l’aliment responsable. Pour un foyer, la toxine botulique n’était pas typable, et pour un autre foyer, la recherche n’a pas été réalisée. Parmi les 23 cas recensés en 2005, 65% étaient des hommes et l’âge médian était de 34 ans (min-max : 7 mois - 67 ans). La majorité des cas ont présenté une sécheresse de bouche (68 %), une diplopie (48 %) et une dysphagie (48 %). Quinze cas (65 %) ont été hospitalisés et un cas a nécessité une assistance respiratoire. Aucun décès n’a été rapporté. Un aliment a été suspecté épidémiologiquement ou confirmé, par mise en évidence de la toxine botulique dans l’aliment, dans 81 % des foyers (13/16). L’aliment mis en cause était majoritairement de fabrication familiale (94 %) : jambon cru (6 foyers), conserve « maison » (5 foyers), gigot de sanglier (1 foyer). L’aliment suspecté dans le cas de botulisme infantile était du miel de fabrication artisanale. Caractéristiques épidémiologiques du botulisme humain en France en 2004 En 2004, 13 foyers de botulisme totalisant 21 malades
ont été recensés. Douze foyers (92%) étaient
d’origine alimentaire, le dernier correspondait à un cas de botulisme
infantile décrit chez un nouveau-né âgé de
15 jours. En 2004, le taux d’incidence du botulisme était
de 0,35 par million d’habitants. Ce taux reste relativement bas depuis
1991 (en moyenne 0, 49 par million d’habitants par an).
En 2004, les taux d’incidence départementaux
les plus élevés ont été retrouvés
dans les départements de la Manche (6,1/106), de la Haute-Vienne
(5,7/106) et de Côte d’Or (5,6/106).
Le diagnostic de botulisme de type B a été confirmé pour 92% des foyers (12/13) par mise en évidence de la toxine botulique chez les malades ou dans l’aliment responsable. Pour un foyer, la recherche de toxine botulique n’a pas été réalisée. Parmi les 21 cas recensés en 2004, 43% étaient des hommes
et l’âge médian était de 47 ans (min-max :15 jours-83
ans). Parmi les 12 foyers d’origine alimentaire, un aliment a été suspecté épidémiologiquement ou confirmé, par mise en évidence de la toxine botulique dans l’aliment, dans 58% des foyers (7/12). L’aliment mis en cause était d’origine familiale ou artisanale : jambon cru (5 foyers), conserve « maison » (2 foyers). Publications Articles
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