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Maladies à déclaration obligatoire
Botulisme
Aide-mémoire
Le botulisme est une neuro-intoxication due à une neurotoxine
bactérienne produite par Clostridium botulinum, bactérie
anaérobie stricte présente dans l’environnement (sol, eau
et sédiments aquatiques). Sept types de toxine botulique ont été décrits
: A,B,C,D,E,F,G.
Le botulisme humain est essentiellement associé aux toxinotypes A, B et
E, et exceptionnellement aux toxinotypes C et F.
• Epidémiologie
En France, depuis 1991, l’incidence moyenne annuelle du botulisme
est de 0,5 pour 1 000 000 habitants (1991-2003 : 200 foyers totalisant
304 cas). Les décès par botulisme rapportés sont
rares (n=3).
Les foyers de botulisme recensés ces 12 dernières années
sont d’origine alimentaire avec une forte prévalence du type B (87 %).
Les aliments les plus fréquemment mis en cause sont des salaisons, charcuteries
et conserves d’origine familiale ou artisanale.
• Modes de transmission
Trois formes principales de botulisme ont été décrites
:
- la forme la plus fréquente est le botulisme d’origine alimentaire
qui est une intoxication résultant de l’ingestion d’un aliment contenant
de la toxine botulique préformée ;
- le botulisme par colonisation, dont la forme la plus connue est le botulisme
du nourrisson, est une toxi-infection liée à la formation endogène
de toxine botulique après germination, dans l’intestin, de spores de Clostridium
botulinum ingérées ;
- enfin, le botulisme par blessure est aussi une toxi-infection causée
par le développement de Clostridium botulinum et la production
de toxine botulique à partir de plaies contaminées.
• Clinique, incubation et diagnostic
Le botulisme est une affection neurologique aiguë et afébrile
caractérisée par une atteinte bilatérale des paires
crâniennes et une paralysie descendante.
La durée d’incubation et la gravité des symptômes
dépendent de l’inoculum et du type de toxine en cause : en moyenne
de 12 à 72 heures (min-max : 2 h - 8 jours) pour un botulisme
d’origine alimentaire.
Les premiers symptômes sont :
- ophtalmologiques (trouble de l'accommodation, mydriase, ptosis) ;
- digestifs (douleurs abdominales, nausées, vomissements et diarrhée)
;
- ou neurologiques avec une atteinte des nerfs des paires crâniennes
(diplopie, dysarthrie, dysphonie et dysphagie).
Ces symptômes peuvent s’aggraver par des signes de paralysie
flasque, descendante et symétrique (sécheresse de la bouche,
défaut de déglutition, fatigue et faiblesse des membres).
Dans les formes avancées, les signes de paralysie sont évidents
: paralysie des membres, paralysie des muscles respiratoires.
La létalité du botulisme est variable selon le type de
toxine en cause, les toxinotypes A et E étant responsables des
formes les plus graves.
La confirmation du diagnostic de botulisme est réalisée
par la mise en évidence et le typage de la toxine botulique dans
le sérum par le test de létalité sur souris. Clostridium
botulinum est recherché dans les selles des patients et les
aliments suspects par culture d’enrichissement et amplification génique.
• Traitement
Le traitement du botulisme est symptomatique. Une ventilation
assistée (respiration artificielle) peut être nécessaire.
• Prévention
Les mesures de prévention reposent sur les règles
d'hygiène simples lors de préparation de conserves familiales.
En ce qui concerne les aliments d’origine industrielle ou artisanale, les procédés
de conservations (température, concentration saline, pH) doivent être
scrupuleusement respectés afin de prévenir la formation de spores
par C. botulinum.
Par ailleurs, les toxines botuliques sont thermolabiles et détruites
par ébullition pendant 10 minutes.
• Surveillance
Le botulisme humain est inscrit dans la liste des maladies à déclaration
obligatoire. Toute suspicion clinique de botulisme doit être signalé sans
délai à la Direction départementale des affaires
sanitaires et sociales (Ddass). Le signalement permet de mettre en œuvre
rapidement des investigations épidémiologiques et vétérinaires
et de prévenir la survenue d’autres cas par la mise en œuvre de
mesures de contrôle et de prévention.
Depuis 1998, le centre national de référence des bactéries
anaérobies et du botulisme participe à la surveillance du botulisme
humain en signalant immédiatement à l’Institut de veille sanitaire
les cas confirmés.
Enfin, dans le cadre du plan BIOTOX, le botulisme fait l’objet d’une attention
renforcée de la part des autorités sanitaires, la toxine botulique
pouvant être potentiellement utilisée comme arme biologique, introduite
dans des aliments, dans un réseau d’eau potable, ou utilisée
sous forme aérosolisée.
(Plan BIOTOX
– Guide d’investigation épidémiologique)
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