Les Cellules interrégionales d'épidémiologie L’Institut de veille sanitaire (InVS) dispose d’antennes régionales, les Cellules interrégionales d’épidémiologie (Cire), capables de décliner localement son savoir-faire et de relayer son action. Elles sont placées sous la responsabilité scientifique de la directrice générale de l’InVS et sont localisées au sein des Directions régionales des affaires sanitaires et sociales (Drass), au plus près de l’autorité sanitaire. Les Cire fournissent aux services déconcentrés de l’Etat un appui méthodologique et une expertise indépendante des signaux d’alerte sanitaire. Elles animent la veille en région, pour le compte de l’InVS. Le dispositif compte dix-sept Cire, quinze métropolitaines et deux ultra-marines. Neuf Cire sont interrégionales, huit sont monorégionales. Aujourd’hui, environ 130 personnes travaillent dans les Cire dont 90 épidémiologistes en CDI sur des missions générales de veille et d’alerte. Ces postes sont pour moitié de statut Etat et pour l’autre de statut InVS. Les Cire assurent deux fonctions essentielles :
Elles interviennent dans la plupart des situations d’urgence sanitaire et occupent une place centrale en région. L’implantation d’équipes de l’InVS en région a permis :
L'activité des Cire est centrée principalement sur : L’investigation des signaux d’alerte et l’évaluation de la menace représentent environ 50 % de l’activité globale de chaque Cire. Chaque année, les Cire sont impliquées dans le traitement d’environ 800 signaux d’alerte. La réponse varie d’un simple avis rendu par téléphone à l’investigation complète de la situation sur le terrain (investissement de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines). Environ un quart des signaux nécessitent un travail approfondi d’analyse, en lien avec les Ddass, les services d’hygiène, les Directions des services vétérinaires (DSV), les Directions départementales de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DDCCRF), les Directions régionales de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (Drire), l’InVS et d’autres partenaires. Les signaux sont principalement d’origine infectieuse (épidémie de méningite, de légionellose…) ou environnementale (sites pollués, friches industrielles, anciennes usines, affleurements miniers, pollutions accidentelles…). Les Cire structurent la veille régionale, de façon permanente et dans toutes les régions, pour le compte de l’InVS. Tout au long de l’année et dans le cadre des plans régionaux relatifs à l’alerte, elles animent les travaux portant principalement sur le renforcement des articulations et des procédures entre acteurs du premier cercle de la veille sanitaire (Ddass / Cire / Drass), sur l’amélioration des capacités de détection des menaces et sur l’amélioration des systèmes de surveillance (1). Elles forment les partenaires de la veille.
Les Cire ont vocation à analyser l’ensemble des données des différents systèmes, à une échelle infranationale, pour le compte des décideurs locaux. Les Cire animent et exploitent en particulier le système « SurSaUD » (surveillance sanitaire des urgences et des décès), système national mis en place et piloté par la Cellule de coordination des alertes de l’InVS. Le système repose sur les services d’urgence hospitaliers, les médecins libéraux des associations SOS-Médecins, les états civils informatisés et la certification électronique des décès. Les Cire sont principalement chargées des analyses régionales (détection de phénomènes anormaux, mesure de l’impact d’événements identifiés…) et des retours d’information aux producteurs des données. Les Cire produisent des bulletins régionaux de veille utiles pour la décision.
Les Cire interviennent dans la surveillance de problématiques locales, dans le domaine de maladies infectieuses (exemple de la surveillance du virus West-Nile dans le Sud de la France, de la maladie de Lyme en Alsace…) ou dans le domaine de l’environnement (radioactivité naturelle dans les régions granitiques, épandage aérien des phytosanitaires dans les vignobles, intoxications au monoxyde de carbone dans le Nord et l’Est de la France…). Elles interviennent également dans la surveillance des risques liés au climat (hautes et basses températures) ou à la pollution atmosphérique. Par ailleurs, la plupart des Cire ont commencé à poser les éléments d’une surveillance permettant de se préparer aux situations de catastrophes, afin de pouvoir détecter au cours de la phase post-critique des phénomènes épidémiques, de nature infectieuse, environnementale ou sociogénique. (1) La loi du 9 août 2004 a précisé que le Plan régional de santé publique (PRSP) comportait obligatoirement un volet relatif à l’alerte et à la gestion des situations d’urgence sanitaire (« PRSP-alerte » ou « Pragsus »). Pour encadrer ces plans, l’InVS a élaboré en 2005 un document de référence intitulé « l’alerte sanitaire en France, principes et organisation ». Les Cire ont été chargées d’animer la réflexion régionale, dans l’ensemble des régions, en faisant valoir les préconisations de l’InVS.
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