Utilisation du virus de la variole comme arme biologique
Estimation de l'impact épidémiologique et place de la vaccination

The use of smallpox virus as a biological weapon
Estimation of the epidemiological impact and use of immunisation


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Ce document a été préparé à la suite d'une demande de la Direction générale de la santé en date du 04 octobre 2001. Il a été élaboré par les Dr D. Lévy-Bruhl et N. Guérin et a bénéficié des commentaires des Dr R. Netter, A. Chippaux, J.C. Desenclos et J. Drucker. Il est susceptible d'être modifié en fonction de l'évolution de la situation et des données disponibles. Version à la date du 25/10/2001.

Introduction
L'éradication mondiale de la variole a été prononcée par l'Organisation Mondiale de la Santé en 1980 et depuis lors aucun cas nouveau n'a été enregistré. Tous les pays du monde ont abandonné, au plus tard au début des années 80, la vaccination anti-variolique. Seuls 2 laboratoires au monde, l'un en URSS, l'autre aux Etats-Unis étaient autorisés à conserver des stocks de virus de la variole. La possibilité que du matériel viral ait pu être extrait de ces sites, en particulier à partir de la Fédération de Russie, et l'éventualité de l'utilisation du virus varioleux en tant qu'arme biologique, a conduit à ne pas détruire ces stocks de virus de la variole. Les événements actuels renforcent l'inquiétude quant à la possibilité d'un acte terroriste utilisant la variole comme arme. En effet un aérosol de virus varioleux pourrait contaminer initialement une population importante, compte tenu de la stabilité des virus orthopox en aérosol et de la modestie de la dose infectante. Dans ce contexte, la susceptibilité immunologique importante de la population française, liée à l'abandon de la vaccination, rendrait possible la survenue de cas secondaires à partir des cas initialement contaminés, même si la mise en oeuvre stricte et immédiate de mesures de contrôle autour des cas devrait en théorie prévenir la transmission.
Plusieurs pays, dont la France ont conservé des stocks de vaccins anti-varioliques et une capacité de production du vaccin traditionnel. Une analyse de la balance bénéfice/risque de différents scénarios de vaccination, prenant en compte le risque épidémique et les effets secondaires du vaccin a été effectuée.

La variole
La variole menaçait toute la population avant l'ère de la vaccination. Le virus était ubiquitaire et sa contagiosité était suffisante pour en faire une maladie quasi obligatoire. Deux formes cliniques, liées à des souches différentes, existaient, la variole majeure et une forme beaucoup moins grave, la variole mineure ou alastrim. Ces deux formes ne pouvaient être différenciées que sur leurs aspects cliniques au cours d'épidémies, mais leur différenciation virologique est maintenant possible. La variole majeure était une maladie éruptive grave, qui tuait 30% ou plus des malades non vaccinés, alors que la variole mineure avait un taux de létalité qui ne dépassait pas 1%.

 

 

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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 15 janvier 2003
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