Exposition au mercure de la population amérindienne Wayana de Guyane

Enquête alimentaire


IV. RESULTATS

1. Description de la population

1.1. Structure démographique

Les données de recensement de la population wayana guyanaise ont été relevées en mars 1996 par les instituteurs et agents de santé en collaboration avec la gendarmerie. Fournies par la sous-préfecture de St-Laurent et après leur actualisation par le RNSP au sein des quatre villages les plus importants en mars 1997, elles indiquent une population d'environ 750 personnes.

Au mois de mars 1997, la population totale des quatre villages de l'étude, Cayodé, Twenké, Taluhen et Antécume-Pata, était constituée de 521 personnes dont la distribution démographique est indiquée sur les figures 1 à 5. Elle comprend 286 hommes et 235 femmes dont 54,3% ont moins de 20 ans. La population âgée est très faible ; elle correspond à 5,4% de personnes de plus de 60 ans. Par ailleurs, le sex-ratio est à l'avantage du sexe masculin, en particulier pour les tranches d'âge 0 à 4 ans et 5 à 9 ans. Ce dernier résultat concerne surtout les villages de Twenké et de Cayodé et dans une moindre mesure Taluhen, alors qu'à Antécume-Pata, le sex-ratio est plus équilibré. 

Figure 1

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  Figure 2

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 Figure 3

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 Figure 4

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 Figure 5

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 2. Exposition par le mercure

2.1. Dans les cheveux

La distribution des valeurs de mercure total dans le cheveu est log-normale, ce qui est en accord avec les données scientifiques. Le tableau ci-dessous détaille les différents paramètres de la distribution présentée dans la figure 6.

Tableau 1. Paramètres de distribution du mercure total dans les cheveux

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Les concentrations de mercure sont particulièrement élevées puisque la moyenne dans la population wayana se situe au delà de 10 µg/g de cheveux, valeur recommandée par l'OMS à ne pas dépasser. Ce dépassement concerne 57,4% des personnes ayant eu un dosage de mercure. Rappelons à titre indicatif que la concentration de mercure dans la population guyanaise est d'environ 3µg/g et de 1,7µg/g chez les métropolitains de Guyane.

Figure 6. Distribution du mercure total dans les cheveux

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Spéciation 

L’étude de spéciation a été menée sur un sous échantillon de 27 personnes. Elle a permis 1) de déterminer la part de mercure organique, d'origine alimentaire, et la part de mercure inorganique, essentiellement d'origine environnementale, et 2) d'étudier si des variations de forme de mercure étaient observées au cours des deux saisons.

 Elle montre que le mercure total dans les cheveux se répartit en moyenne en 8,5 % de mercure inorganique et en 91,5 % de mercure organique (minimum égal à 86,5% et maximum à 94 %). Il s'avère que cette répartition est identique au mois de mars et de novembre.  

Il apparaît donc très nettement que l'apport de mercure de la population est bien essentiellement d'origine alimentaire.

Contamination exogène et mercure alimentaire

 L'étude de la contamination exogène a été réalisée sur les 6 premiers cm des cheveux à partir de la racine, en distinguant 3 segments : de 0 à 2 cm, de 2 à 4 cm et de 4 à 6 cm. Elle porte sur le dosage du mercure inorganique dont l'origine est en partie endogène et en partie exogène par dépôt externe sur le cheveu.

On constate une augmentation légère du mercure inorganique dans le dernier segment (4 à 6 cm) avec des variations plus marquées pour les cheveux prélevés en novembre (Moyenne 0-2cm=1,04, Moy.2-6cm=1,04 et Moy 4-6cm=1,17, p<0,01) qu'en mars (Moy.0-2cm=0,86, Moy. 2-6cm=0,86 et Moy. 4-6cm=0,93, ns).

Il semble que le mercure inorganique, essentiellement d'origine environnementale, se dépose plus facilement sur le cheveu lors de la saison sèche (novembre) que lors de la saison humide (mars).

Quant au mercure organique qui traduit l'apport alimentaire, on n'observe pas de différence statistiquement significative entre les segments en mars, bien que le dernier segment (4 à 6 cm), présente une teneur moyenne un peu plus importante que les deux autres (Moy.0-2cm=9,8 ; Moy. 2-6cm=9,7 et Moy. 4-6cm=10,2, ns).

Selon la littérature on considère que la pousse du cheveu est d'environ d'1 cm par mois; on peut alors envisager que le mercure organique du dernier segment des cheveux prélevés au mois de mars correspond au mercure assimilé par l'alimentation des mois de septembre et d'octobre, période où le poisson est abondant.

 Pour les cheveux prélevés en novembre, c'est le premier segment (0 à 2 cm) qui présente la moyenne de mercure organique la plus élevée, correspondant également à la consommation de poisson de septembre et d'octobre.

Une teneur un peu plus faible est observée dans le deuxième segment (2 à 4 cm) sans que l'on puisse en déterminer la raison.

Variations saisonnières

 L'étude des variations saisonnières a porté sur un sous-échantillon plus important de 87 personnes prélevées au mois de mars et de novembre pour le dosage de mercure total. Elle montre une bonne corrélation entre les concentrations de mercure aux deux saisons (r=0,68, p<0,001). La différence de mercure total n'est pas statistiquement différente (test apparié ; alors qu'elle l'est sur le sous-échantillon de n=27) bien qu'en moyenne les concentrations de novembre soient d'environ 7 % supérieures à celles de mars (HgMars = 0,712 HgNov + 2,83). Cela pourrait s'expliquer en partie par le fait que les pêches sont plus abondantes les mois précédant novembre (saison sèche).

 

Facteurs influençant les concentrations de mercure

L'étude des facteurs de variation des concentrations de mercure montre l'influence de l'âge, de la longueur des cheveux, de la corpulence et du lieu de résidence, mais pas celle du sexe.

En effet, la distribution des concentrations de mercure chez les hommes (1) est similaire à celle des femmes (2), comme l'indique la représentation du box-plot où figurent la médiane, le 25ème et le 75ème percentiles ainsi que les valeurs extrêmes. Ceci est également observable avec les moyennes arithmétiques : m1=11,3 µg/g + 4,5, n1=121 versus m2=11,5 µg/g + 3,8, n2=114, un peu supérieures aux moyennes géométriques (mg1=10,5 et mg2=10,9 )

 Figure 7. Distribution des concentrations de mercuredans les cheveux des hommes (1) et des femmes (2)

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Le pourcentage de sujets dépassant la recommandation de l'OMS est du même ordre dans les différentes classes d'âge, excepté pour les enfants de moins d'un an, bien que l'effectif de cette classe d'âge soit plus faible et donc le pourcentage moins précis.

Tableau 2. Pourcentage de sujets par tranche d'âge dépassant la valeur de mercure recommandée par l'OMS (10 µg/g de cheveux)

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En effet, si on n'observe pas de relation marquée entre les classes d'âge et les concentrations de mercure (c27ddl=12,8, p=0,07), la médiane des concentrations est plus faible chez les enfants de moins d'un an, comme l'indique la figure suivante pour les différentes classes d'âge (1 : 1 an ou moins, 2 : 1 à 3 ans (36 mois), 3 : 3 à 6 ans (72 mois), 4 : 6 à 10 ans, 5 : 10 à 15 ans, 6 : 15 à 25 ans, 7 : 25 à 45 ans, 8 : plus de 45 ans.

Figure 8. Distribution du mercure dans les cheveux selon les classes d'âge

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Par ailleurs, la distribution de mercure des enfants wayana de moins d'un an est déjà bien au delà de celle des habitants de Guyane non amérindiens, puisque les différentes concentrations se situent presque toutes au delà de 5 µg/g.

 Comme l'indique la figure 9, les concentrations de mercure sont corrélées légèrement mais significativement à la corpulence (Poids/(Taille)2) : r=0,18 , p<0,01.

 Les concentrations dans les cheveux sont également légèrement corrélées à la longueur du prélèvement de cheveux (r=0,13, p<0,05).

 On observe des différences selon les sites d'étude. A Cayodé, village situé sur le Tampoc, les concentrations de mercure des habitants sont légèrement supérieures à celles des habitants situés plus en amont le long du fleuve Maroni (mc=12 µg/g + 3,5), à Twenké-Taluhen (mT=11,1 µg/g + 4,2) et Antécume-Pata (mA=11,2 µg/g + 4,9, cf. figure 10). La moyenne des concentrations de mercure de ce village reste statistiquement plus élevée que les autres même après la prise en compte de l'âge, de la longueur de cheveux et de la corpulence (p<0,05). Rappelons que les activités d'orpaillage s'exercent essentiellement dans la zone de Cayodé.

Figure 9. Corrélation entre la corpulence et la concentration de mercure dans les cheveux

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Figure 10. Distribution du mercure dans les cheveux à Cayodé (1, n=58), Twenké-Taluhen (2, n=135) et Antécume-Pata (3, n=42)

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2.2. Mercure dans le lait maternel
Trois prélèvements de lait maternel effectués auprès de mères allaitant leur enfant indiquent des concentrations égales à 2,4, 2,2 et 3 ng Hg/g (mercure total), ce qui représente des valeurs assez élevées en comparaison à les niveaux de base (cf. discussion).

2.3. Mercure dans les poissons

La croissance des poissons semble homogène sur les 3 sites d'étude. En effet, les données biométriques collectées sur l'ensemble des poissons mettent en évidence une bonne relation entre le poids et la longueur des individus, similaire pour la quasi-totalité des espèces (cf. figure 6 par exemple) et ceci n'est pas modifié significativement selon les sites de capture (Antécume-Pata, Twenké-Taluhen, et Cayodé).

Les corrélogrammes entre les données biométriques, notamment le poids frais total des poissons, et les concentrations du mercure total dans le muscle mettent en évidence :

  • pour la majorité des espèces, une absence de corrélation significative entre ces variables ; la concentration du Hg dans le muscle est très peu influencée par le poids des poissons, dans les gammes de poids étudiées, tels que Doras micropoeus, Pseudoancistrus barbatus ou Myleus rubripinnis. Il n'y a pas de petits organismes prélevés,de type alevin, les poissons consommés par les amérindiens ayant tous une taille "raisonnable", en accord avec les lots d'individus étudiés pour la bioaccumulation du mercure.

  • pour les poissons carnivores situés en fin de chaîne trophique, type Cynodon gibbus ou Hoplias aïmara (cf. figure 12), l'observation des nuages de points montre une tendance d'accroissement des concentrations du mercure dans le muscle avec le poids (et donc l'âge). Il est important de souligner que la détermination de l'âge des poissons tropicaux est délicate, compte-tenu de l'absence de variations marquées entre les saisons (impossibilté d'utilisation des stries sur les écailles par exemple).

 L'étude comparative des teneurs en mercure entre les 3 sites n'est possible qu'avec l'espèce Pseudoancistrus barbatus (Pële), pour laquelle 45 poissons ont été capturés (dont 37 avec poids>45g) assez bien répartis sur les différents sites. Elle indique que les moyennes des concentrations en Hg dans les muscles sont significativement différentes et plus élevées à Cayodé: Cayodé, 163 ng Hg/g de poids sec > Antécume-Pata, 132 ng Hg/g > Twenké, 109 ng/g (différences significatives après analyse de variance et test de Newman-Keuls, p<0,05).

Les concentrations moyennes de mercure dans les muscles de 274 échantillons de poissons (exprimées en ng/g ou µg/kg de poids frais frais - ppb) sont présentées dans le tableau 3 pour les différentes espèces avec la dénomination wayana et latine correspondante.

Habituellement, les concentrations de mercure dans les poissons de rivière non polluée se situent entre 10 ng/g de poids frais chez les espèces herbivores à vie courte et 200 ng/g de poids frais chez les grands carnivores (Lacerda 1998).

Dans cette étude, on note des concentrations assez élevées pour les espèces dénommées en wayana : Mitala, Haïkané, Aïmara, Huluwi et le grand Piraïe, qui sont toutes carnivores. Les concentrations maximales rencontrées parmi ces espèces sont respectivement de 1026, 1634, 1222, 940 et 545 ng/g (1ng/g = 10-3 µg/g = 10-3 mg/kg – concentrations exprimées par rapport au poids frais des échantillons – rapport moyen pds frais/pds sec = 5).

Rappelons à titre indicatif que la norme réglementaire au niveau international se situe généralement à 0,5 mg/kg (poids frais) ; si ce chiffre est retenu en France pour la majorité des poissons, la norme est fixée à 1 mg/kg pour les espèces carnivores. Ces résultats sont similaires à ceux observés sur d'autres sites miniers dans le monde, mais en deçà des pollutions massives rencontrées au Brésil (cf. annexe 2).

Figure 11. Relation entre le poids et la longueur chez 3 espèces de poissons : (aïmara, cynodon, myleus (données LEESA/97))

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Figure 12. Relation entre le poids et la concentration de mercure dans le muscle chez 3 espèces de poissons : aïmara, cynodon, myleus (données LEESA/97)

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 Tableau 3. Concentrations en mercure total dans les muscles de poissons du Haut Maroni (Guyane 1997)

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2.4. Mercure dans les gibiers 

Comme l'indique le tableau 5 répertoriant les animaux présents dans la forêt guyanaise qui nous a été communiqué par Mr Coste, instituteur à Taluhen, la diversité de la faune est très importante, si bien que les quelques gibiers que nous avons pu observer lors de l'étude sont vraisemblablement peu représentatifs des variétés consommées.

 Néanmoins, sous réserve de confirmation, il semblerait que les gibiers les plus consommés par la population soient les suivants:

cochon bois (sorte de sanglier), pécari, rongeurs (pac, agouti), biche, tapir, singes (atèle, macaque, hurleur), volaille (poulet, pigeon, toucan, agami, perdrix, pintade, oko, akawak), mouton paresseux, tatou, caïman, tortue terrestre, iguane, lézard.

Les serpents et le tamanoir ne sont apparemment pas consommés. 

Parmi les différents gibiers consommés par les Wayana, 12 prélèvements ont pu être réalisés sur quelques gibiers, pour déterminer leur teneur en mercure total. Les résultats indiquent des concentrations très faibles.

Tableau 4. Concentrations en mercure total dans le muscle de gibiers du Haut Maroni

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Vu la faible représentativité des gibiers de l'enquête au cours de la période d'enquête, la difficulté logistique à bien évaluer la quantité de gibier consommée chez tous les consommateurs et les faibles teneurs de mercure constatées le plus souvent, il a été décidé de négliger l'apport de mercure par les gibiers et d'orienter l'enquête alimentaire davantage sur la consommation de poissons.

Néanmoins, il apparaît nécessaire de poursuivre une campagne de dosage afin de disposer de données sur un nombre plus important d'espèce, telle que le caïman qui est un prédateur majeur.

Tableau 5. Les animaux de la forêt (source : Mr G. Coste)
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3. Enquête alimentaire

3.1. Description des habitudes et comportements alimentaires

Les hommes, les femmes et les enfants ont la même alimentation. Les convives s'assoient autour de la marmite et se servent. L'absence de récipient individuel rend la quantification difficile.

Le repas est à base de poisson ou de viande et se mange avec la galette de manioc. Les poissons sont vidés (pas de consommation du foie habituellement) puis bouillis. Les gros poissons tels que le coumarou ou l'aïmara, sont perçus comme ayant l'avantage de nourrir toute la famille et de faire la fierté du pêcheur lorsque la prise est importante.  

On trouve également de la patate douce, mais celle-ci est consommée entre deux repas, comme le sont aussi les fruits qui ne sont pas toujours cultivés, et font plus souvent l'objet de cueillette. L'apport vitaminique se fait surtout grâce à ces fruits pour lesquels on rencontre une grande variété : banane (fruit apparemment le plus consommé), maripa, mangue, orange, wassaï ou pino, paripou, noix de coco, maracuja, korossol, goyave, papaye, melon d'eau. Les fruits ne sont pas généralement consommés au foyer, mais plutôt au fur et à mesure de la cueillette.

En dehors de l'allaitement qui peut être assez long (2 ans), les jeunes enfants et nourrissons reçoivent de la banane mâchée, du poisson mâché ou émietté.

 Certains interdits alimentaires peuvent toucher certains membres de la communauté pendant une période de la vie. Ainsi, il existe a) des interdits culturels programmés (pendant la grossesse, après l'accouchement, l'allaitement, au moment et après une initiation, du deuil) et b) des interdits personnels non programmés (interdiction de manger tel aliment). Ces interdits peuvent durer quelques semaines, mois, ou même années.

3.2. Description anthropométrique de la population

Bien que cette enquête ait pour objectif principal d'évaluer l'apport alimentaire de mercure, il apparaissait important de pouvoir décrire l'état nutritionnel global de cette population.

Les causes du retard de croissance sont multiples et interagissent de façon complexe. Les deux causes principales sont : 1) une alimentation insuffisante en qualité, et parfois même en quantité, et 2) des infections virales, bactériennes et parasitaires multiples et répétées dues notamment au manque d'hygiène, à la promiscuité et à de possibles intoxications.

Caractéristiques anthropométriques des nouveau-nés

Les critères retenus pour apprécier le développement staturopondéral des enfants à la naissance sont les mesures anthropométriques classiques relevées par le clinicien et reportées dans le carnet de santé, c'est à dire le poids, la taille, les périmètres crânien et thoracique.  

Les caractéristiques staturopondérales à la naissance de 15 nourrissons (4 filles et 11 garçons) rencontrés lors de l'enquête et disposant d'un carnet de santé sont décrites dans le tableau suivant. L'âge gestationnel de ces enfants (établi par échographie en général) était au moins égal à 38 semaines hormis deux enfants d'âge gestationnel de 36 semaines.

Bien que l'échantillon d'enfants soit faible, il n'y a pas eu de sélection particulière. On peut envisager raisonnablement qu'il est assez représentatif des nouveau-nés wayanas.

Il apparaît que les caractéristiques anthropométriques à la naissance sont un peu faibles.

Tableau 6. Caractéristiques staturopondérales des nouveau-nés

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Caractéristiques anthropométriques des enfants

Des courbes de taille (fig. 13), du poids (fig. 14) et du rapport poids/taille (fig. 15) à un âge donné ont été établies par rapport à la référence internationale NCHS (National Centers for Health Statistics, large échantillon d'enfants américains en bonne santé) de même âge et sexe. Elles portent sur 136 enfants de plus d'un an et de moins de 10 ans pour les filles (n=52), de moins de 11,5 ans pour les garçons (n=84), afin de respecter les contraintes du logiciel Epinut.

Elles indiquent nettement que les enfants sont de petite taille pour leur âge, mais bien proportionnés.

En effet, 21,3% des garçons et 16% des filles ont une taille qui se situe en dessous de la limite inférieure de - 2 z-scores. Or, l'indicateur de la taille à un âge donné reflète plus le passé nutritionnel de l'enfant que son statut nutritionnel actuel ; il décrit ainsi surtout des problèmes de malnutrition chronique ou d'éventuels infections multiples et répétées dans le passé. La question du poids de la génétique sera discutée ultérieurement.

L'indicateur du poids/taille qui traduit surtout la présence de malnutrition aiguë, n'indique pas de problème de ce type au sein de la population d'étude (fig. 15).

Figure 13. Taille/Age z-scores des enfants

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Figure 14. Poids/Age z-scores des enfants

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  Figure 15. Poids/Taille z-scores des enfants

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- Suite ...

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Mise en ligne le 1 septembre 1999
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