Guides d'investigation épidémiologiquee
Variole
1. Mémento
2. Définitions
3. Quand et comment signaler ?
4. Investigation épidémiologique
Sites web utiles
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Sommaire des guides d'investigation épidémiologiques
1. Mémento
1.1. Contexte
La variole est une maladie éruptive contagieuse grave. Le virus
de la variole appartient au groupe des orthopox virus, famille des
Poxviridae, qui inclut également, parmi les espèces transmissibles à l'homme,
le virus de la vaccine, du cowpox et du monkeypox (variole du singe).
La variole menaçait toute la population avant l'ère de
la vaccination. Le virus était ubiquitaire et sa contagiosité était
suffisante pour en faire une maladie quasi obligatoire. Le dernier
cas diagnostiqué en France remonte à 1955. Le dernier
cas endémique mondial est survenu en 1977 en Somalie, et l’éradication
du virus de la surface du monde a été prononcée
par l’Organisation Mondiale de la Santé en 1980.
La vaccination a été interrompue dans tous les pays
au plus tard au début des années 80. La durée
de la protection en fonction du nombre de doses reçues n'est
pas connue mais il est probable que la très grand majorité de
la population française est susceptible à l'infection.
Le recul actuellement disponible confirme la totale disparition du
virus. Seuls 2 laboratoires au monde, l'un en URSS, l'autre aux Etats-Unis
ont été autorisés à conserver des stocks
de virus de la variole. La possibilité de détournement
de l'expertise et du matériel viral, en particulier à partir
de la Fédération de Russie, et l'éventualité de
l'utilisation du virus varioleux en tant qu'arme biologique a conduit à ne
pas détruire ces stocks.
1.2. Transmission
La variole se transmet essentiellement par contact direct de
personne à personne, à partir de gouttelettes émises
depuis le rhinopharynx de personnes infectées. La contamination à partir
des lésions cutanées joue un rôle accessoire. La
maladie est essentiellement contagieuse pendant les 7 à 10 premiers
jours suivant l'éruption. Quand se forment les croûtes,
l'infectiosité diminue rapidement. Le fait que la contagiosité de
la maladie ne survienne que lors de la phase d'état avec une
symptomatologie sévère incompatible avec une activité normale,
limitait le plus souvent la transmission aux proches (famille ou amis
ayant rendu visite au malade) et au personnel de soins. La variole
survenant chez un sujet antérieurement vacciné est en
règle moins sévère et moins facilement transmissible à l'entourage.
Cependant cette moindre contagiosité en cas d'atteinte moins
sévère peut être contre-balancée par un
nombre plus important de contacts.
1.3. Clinique
Après une incubation de 12 à 14 jours (extrêmes
7-17 jours), le malade présente fièvre élevée,
malaise, prostration avec céphalées et douleurs dorsales.
L'éruption débute en moyenne 3 jours après le
début des signes généraux. L'éruption apparaît
sur la muqueuse de la bouche et du pharynx, le visage et les bras puis
atteint le tronc et les membres inférieurs. Elle est initialement
maculo-papulaire puis vésiculaire, enfin pustulaire. Les caractéristiques
de l'éruption permettent de différencier la variole d'une
varicelle grave : l'éruption évolue en une seule poussée
centrifuge, prédominant sur la face et les extrémités
des membres, pouvant toucher la paume des mains et la plante des pieds
et les pustules sont profondément enchâssées dans
le derme.
La variole existait sous deux formes cliniques, la variole majeure
et une forme beaucoup moins grave, la variole mineure ou alastrim.
Ces deux formes ne pouvaient être différenciées
que sur leurs aspects cliniques au cours d'épidémies,
mais leur différenciation virologique est maintenant possible.
Plus de 90% des cas de variole étaient cliniquement caractéristiques,
mais deux formes, le plus souvent mortelles, étaient plus difficiles à reconnaître,
la forme hémorragique et la forme maligne. La variole majeure
tuait jusqu'à 30% ou plus des malades non vaccinés, alors
que le taux de létalité de la variole mineure ne dépassait
pas 1%.
1.4. Diagnostic de laboratoire
Le diagnostic biologique d'infection à orthopoxvirus se fait
par étude au microscope électronique d'un prélèvement
de vésicule ou de pustule. Une fois le diagnostic d'infection à orthopoxvirus
posé, les techniques de PCR et de RFLP (restriction fragment-lenght
polymorphism) permettent maintenant une caractérisation en quelques
heures de l'espèce.
Ce diagnostic devrait être effectué dans un laboratoire
spécialisé et en milieu de haute sécurité virale
(laboratoire classé P3 au minimum, idéalement P4)
1.5. Variole et acte de malveillance
En l'absence de circulation du virus, tout cas de variole ne pourrait être
que le fait d'une malveillance à partir des souches conservées
dans les 2 laboratoires de référence de l'OMS. Une contamination
accidentelle à partir de ces stocks de virus paraît une
hypothèse extrêmement peu probable.
Dans le cadre d'une action terroriste, la contamination se ferait
vraisemblablement par aérosolisation pouvant affecter, en fonction
des circonstances du largage, un nombre important de personnes : d'une
part le virus, une fois dispersé par aérosol peut survivre
en restant infectieux, selon les conditions de température et
d'humidité, de quelques heures à 2 jours, d'autre part
la dose infectante est extrêmement faible, quelques virus pouvant
suffire à provoquer une infection.
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2. Définition de cas
Cas certain : cas confirmé biologiquement
Cas suspect
en l'absence d'autre cas : éruption caractéristique
de la variole
en présence d'autre cas, chez un sujet sans lien épidémiologique
avec un cas suspect ou certain: syndrome pseudo-grippal suivi d'une éruption
maculo-papuleuse
en présence d'autres cas, chez un sujet avec un lien épidémiologique
avec un cas certain: tout syndrome pseudo-grippal
Sujet contact :
Toute personne ayant séjourné avec le malade ou ayant eu un contact
face-à-face proche avec le malade (< 2 mètres), depuis le
début de la fièvre jusqu'à la chute des croûtes
Personnel de laboratoire ayant manipulé des prélèvements
biologiques du malade susceptibles de contenir du virus (essentiellement sphère
oro-pharyngée et lésions cutanées)
Personnel ayant été en contact étroit avec des éléments
de literie du malade, ayant participé à l'élimination
des déchets médicaux ou ayant participé à la désinfection
des locaux ayant abrité le malade
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3. Quand et comment signaler ?
La variole ne fait pas partie de la liste des maladies à déclaration
obligatoire. Cependant, la suspicion du diagnostic d’un seul cas,
même en l’absence de confirmation biologique, doit donner lieu à un signalement
immédiat aux autorités sanitaires (Direction Départementale
des Affaires Sanitaires et Sociales - DDASS, Institut de Veille Sanitaire
- InVS, Direction générale de la Santé - DGS).
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4. Investigation épidémiologique
Confirmation du cas
Confirmation du diagnostic devant un cas suspect isolé
Devant des signes cliniques évocateurs, rechercher un séjour
récent en forêt équatoriale africaine afin d'éliminer
le diagnostic d'infection à monkeypox.
Etudier les caractéristiques de l'éruption et les modalités
de son installation afin d'éliminer le diagnostic d'infection varicelleuse
grave ou de purpura fulminans.
Confirmer biologiquement le diagnostic (cf diagnostic biologique)
Critères d'intervention
Face au signalement d’un cas suspect ou confirmé de variole,
une investigation doit être mise en œuvre immédiatement
par la DDASS, avec l'appui de la Cellule interrégionale d’épidémiologie
d’intervention (CIRE) et de l'INVS. L’investigation a pour but de confirmer
la nature de la maladie, d’identifier d’éventuels autres cas,
de rechercher l'exposition et le mode de transmission, de définir
la population exposée et de mettre en place les mesures de contrôle
destinées à prévenir la transmission à partir
du cas.
Recherche de l'exposition et d'autres cas
La contamination s'effectue dans la très grande majorité des
cas par contact direct avec un cas. Le contact contaminant se sera
produit en moyenne 2 semaines avant le début des signes généraux
mais devra être recherché dans un période de 1 à 3
semaines. La recherche d'autre cas de variole s'effectuera dans l'entourage
du cas mais également en fonction des résultats de la
recherche par l'interrogatoire des circonstances d'exposition possibles.
Une large information auprès des professionnels de santé devra être
effectuée, d'une part pour les sensibiliser à la possibilité de
nouveaux cas de variole, d'autre part pour identifier d'éventuels
autres cas avérés non diagnostiqués comme tels.
Cette investigation est essentielle pour tenter de définir la
zone géographique concernée par l'exposition et mettre
en œuvre sans retard les mesures de contrôle autour de chaque
cas.
Mesures de contrôle
Ces mesures sont impératives car, si elles sont mises
en œuvre strictement et rapidement, elles sont susceptibles de prévenir
la survenue de cas secondaires.
Conduite à tenir pour le cas
Le malade doit faire l'objet d'un isolement strict, si possible
en chambre à pression négative, au minimum pendant les
2 premières semaines de l'éruption.
En l'absence de vaccin disponible immédiatement, le malade devrait être
pris en charge par du personnel anciennement vacciné.
Les précautions standard de prévention de transmission d'agents
transmissibles par voire aérienne devront être strictement respectées,
même après mise en œuvre de la vaccination. Avant vaccination,
des mesures de protection renforcées devront être prises par le
personnel de soins et toute personne approchant le cas. Les linges et déchets
seront placés dans des sacs spéciaux et autoclavés. Les
chambres libérées devront être décontaminées.
Recherche de sujets contact
Tous les sujets contact, y compris le personnel de soins, répondant à la
définition de sujet contact (cf définition des cas) devront être
identifiés et vaccinés, dès que le vaccin est
disponible. Cette vaccination devra être effectuée le
plus rapidement possible et quel que soit le statut vaccinal antérieur
. En effet, la vaccination effectuée dans les 3 à 4 premiers
jours suivant l'exposition prévient ou atténue la maladie,
selon la précocité de la vaccination et le statut immunitaire
antérieur (susceptible ou anciennement vacciné). Tous
les sujets contacts, vaccinés ou non, devront être surveillés étroitement
pendant 3 semaines, avec mesure au moins quotidienne de la température
corporelle, pour vérifier l'absence de survenue de la maladie.
Durant la période de surveillance, il n'est pas nécessaire d'isoler
les contacts, qui, même en cas d'infection, ne peuvent transmettre la
maladie avant le début des signes. Cependant, l'apparition d'une fièvre
dans un délai compatible avec la période d'incubation doit conduire à l'isolement.
Sites web utiles
Ministère de la Santé : http://www.sante.gouv.fr
Agence Française de Sécurité Sanitaire des
Produits de Santé : http://www.afssaps.sante.fr
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