Guide coqueluche
Recommandations lors de cas groupés de coqueluche
S. BARON (Réseau National de Santé Publique)
E. GRIMPREL (Hôpital Trousseau - Paris)
V. TIRARD (Direction Générale de la santé)
MANIFESTATIONS CLINIQUES, DIAGNOSTIC ET TRAITEMENT
La coqueluche est une infection bactérienne peu ou pas fébrile de
l'arbre respiratoire inférieur mais d'évolution longue et hautement
contagieuse. Deux bactéries du genre des Bordetelles sont responsables
des syndromes coquelucheux chez l'homme : Bordetella pertussis et Bordetella
parapertussis.
-
Manifestations cliniques
L'expression clinique de la coqueluche est variable selon les
sujets et on distingue plusieurs formes cliniques.
-
La forme classique typique de l'enfant non vacciné
L'incubation est de 10 jours (extrêmes 7 à 15 jours) ; la période d'invasion
(10 jours) se caractérise par une toux d'abord banale qui devient quinteuse à la
période d'état. Les quintes sont des accès répétitifs et violents de
secousses expiratoires de toux sans inspiration efficace, entraînant
une congestion du visage, voire une cyanose et finissant par une reprise
inspiratoire sonore comparable au chant du coq. Les quintes sont épuisantes
et s'accompagnent souvent de vomissements. La période des quintes dure
2 à 4 semaines, le sujet fait en moyenne 20 quintes par 24 heures au
pic de la maladie. La phase de convalescence suit celle des quintes
et dure plusieurs semaines. Elle est marquée par une toux non quinteuse
spontanée ou provoquée par l'effort, le froid, les cris, ou une virose
respiratoire, témoignant d'une hyper-réactivité bronchique.
-
La forme clinique du petit nourrisson non vacciné (âge < 6
mois)
Les très jeunes nourrissons non immunisés manifestent plus volontiers
l'infection par une toux quinteuse prolongée et cyanosante mais souvent
sans chant du coq. Les quintes de toux sont mal tolérées avant 3 mois
et peuvent s'accompagner d'accès de cyanose (quintes asphyxiantes),
d'apnées et de bradycardies profondes. Les autres complications à cet âge
sont les pneumopathies de surinfection et les exceptionnelles formes
suraiguës dyspnéisantes avec hyperlymphocytose majeure souvent létales
malgré la réanimation.
-
La forme clinique de l'enfant et l'adulte
Ils font en règle des formes moins sévères du fait d'une immunité résiduelle
post-vaccinale ou post-maladie. Cette immunité diminue toutefois rapidement.
Elle semble minime au delà de 6 ans après la dernière injection vaccinale.
Toutefois, son importance est impossible à prévoir individuellement
car elle peut avoir été renforcée dans un passé plus ou moins récent
du fait d'un contact avec un sujet malade (rappel naturel). Ainsi,
chez les enfants et les adultes anciennement vaccinés, des tableaux
de gravité variable sont possibles, allant de la forme typique sus-décrite à une
toux banale et parfois de très courte durée.
- Diagnostic
- Le diagnostic clinique
Il repose essentiellement sur trois critères : le caractère de la toux,
le déroulement de la maladie et l'identification de contaminateurs.
-
Le diagnostic biologique
Culture :
La confirmation diagnostique repose en priorité sur l'isolement en
5 jours de la bactérie sur des milieux spéciaux spécifiques des Bordetelles
: Bordet-Gengou ou Regan Lowe. L'aspiration nasopharyngée est la meilleure
méthode et l'ensemencement doit être pratiqué le plus rapidement possible.
La spécificité de la culture est quasi absolue (porteurs sains exceptionnels).
La culture doit être entreprise systématiquement dans les trois premières
semaines de la maladie. Sa sensibilité est de 50 à 60 % au début de
la maladie et diminue très rapidement sous antibiotiques. La culture
doit être maintenue afin de surveiller les souches circulantes
(CNR des Bordetelles) sous l'effet de la vaccination.
PCR (Polymerase Chain Réaction) :
Cette nouvelle méthode très sensible de détection de l'ADN bactérien
s'effectue à partir de l'aspiration nasopharyngée. Elle est utile,
notamment chez les sujets en phase d'état ou sous antibiotiques et
est amenée à se développer dans l'avenir dans certains
laboratoires hospitaliers.
Immunofluorescence :
Cette méthode directe doit être abandonnée du fait de son absence de
spécificité et de sensibilité.
Sérologie :
La sérologie permet d'étendre le diagnostic de certitude aux cas où la
culture est défaillante. Il faut toujours comparer deux sérums prélevés à trois
ou quatre semaines d'intervalle pour confirmer la maladie
car les anticorps anti-coquelucheux sont relativement tardifs
notamment
chez le petit
nourrisson. Plusieurs techniques existent :
L'agglutination est peu sensible et sans signification
chez les jeunes nourrissons. Cette technique n'a
d'intérêt
actuellement que pour la détection des anticorps anti-agglutinogènes
liés à la vaccination par les vaccins entiers.
L'ELISA et l'immuno-empreinte. Ces techniques
permettent de doser séparément des anticorps sériques spécifiques des
Bordetelles dirigés contre différents antigènes : toxines telles
que la toxine pertussique (PTX) ou l'adényl cyclase-hémolysine
(AC-Hly), adhésines telles que l'hémagglutinine filamenteuse
(FHA), la pertactine (PRN) et certains agglutinogènes(AGG).
Ces deux techniques sont également sensibles et spécifiques
mais d'interprétation délicate : parmi les anticorps recherchés,
seuls les anticorps anti-PTX sont spécifiques de Bordetella
pertussis, les autres étant communs à toutes les Bordetelles
pathogènes chez l'homme. De plus, la sérologie est ininterprétable
en cas de vaccination récente (< 6 mois)
- Traitement [1,2]
Le traitement antibiotique reste indiqué dans les 3 premières
semaines d'évolution et l'antibiotique de référence est l'érythromycine
qui possède la meilleure efficacité clinique et bactériologique
sur Bordetella pertussis. Il s'administre par voie orale à la dose
de 50 mg/kg/j en 3 à 4 prises pendant 14 jours. Les autres macrolides
peuvent être proposés (josamycine, roxythromycine). En cas d'allergie
aux macrolides, le cotrimoxazole peut être utilisé mais son efficacité n'a
pas été clairement établie. Les bétalactamines (pénicillines, céphalosporines)
sont inefficaces. Le traitement antibiotique permet de réduire
rapidement la contagiosité, et d'autoriser le retour en collectivité après
5 jours de traitement. Administré tôt, au début de la phase catarrhale,
il permet parfois d'écourter la maladie, voire d'éviter la phase
des quintes. Par contre, après le début des quintes, son effet
sur l'évolution de la toux est nul. Les autres thérapeutiques (salbutamol,
corticoïdes...) restent discutées au cours de la coqueluche ou
sont inutiles : fluidifiants, antitussifs. Les gammaglobulines
standard et spécifiques n'ont pas d'intérêt et ne doivent pas être
prescrites.
Les principaux progrès concernant le traitement de la coqueluche ont, en
fait, été réalisés par la prise en charge hospitalière des nourrissons
de moins de 6 mois. L'hospitalisation est justifiée pendant la phase aiguë à cet âge
pour mettre en place une surveillance cardio-respiratoire et un nursing
adapté : aspirations régulières, position proclive, fractionnement des
repas voir gavage, oxygénothérapie...
EPIDEMIOLOGIE DE LA MALADIE, MODES DE TRANSMISSION,
SURVEILLANCE
-
Épidémiologie
En France le premier vaccin coquelucheux a été introduit en 1959
(Vaxicoq®) et la vaccination s'est généralisée à partir de 1966
grâce à l'association aux autres vaccins diphtérie, tétanos et
poliomyélite (TétraCoq®). Le maintien d'une bonne couverture vaccinale
a permis de réduire de façon spectaculaire la morbidité et la mortalité coquelucheuse.
Mais depuis 1986, l'absence de déclaration rend difficile une évaluation
précise de l'épidémiologie. Or il semble qu'une résurgence de la
coqueluche soit observée en France depuis 1989 [3].
Une enquête préliminaire menée à l'hôpital d'enfants Armand-Trousseau
de Paris en 1991 a montré une augmentation significative du nombre
de cas pédiatriques de coqueluche hospitalisés par rapport aux
années précédentes. En 1993-1994, une enquête réalisée par le Réseau
National de Santé Publique, le Groupe de Pathologie Infectieuse
Pédiatrique et l'Institut Pasteur a confirmé à plus large échelle
la persistance de la coqueluche en France [4] :
-
l'incidence est de l'ordre de 3,6 pour 100 000 habitants puisque
560 cas sont recensés en 15 mois, 399 en une année sur un réseau
hospitalier représentant au plus 20 % de l'hospitalisation
pédiatrique en France.
-
la répartition selon l'âge des cas objective un pic marqué chez
les enfants de moins de 1 an qui représentent 65 % des cas
hospitalisés ou vus en consultation hospitalière, et qui sont
dans la moitié des cas des nourrissons de moins de 3 mois.
-
l'expression clinique de la coqueluche reste typique, 93 %
des cas "index" répondant à la définition simple
d'une toux de plus de 21 jours avec des quintes. La coqueluche
du nourrisson est encore sévère avec une proportion élevée
d'hospitalisations (147 enfants hospitalisés en un an dont
un sur dix en réanimation) surtout chez les moins de 3 mois.
L'enquête familiale est indispensable et permet de retrouver
dans l'entourage des cas "index", ceux qui ont fait
découvrir la maladie, des tableaux moins typiques notamment
chez les parents et dans la fratrie. Ces cas ne sont repérables
que grâce à leurs liens épidémiologiques avec des cas plus
symptomatiques. Ils entretiennent la transmission.
-
la confirmation biologique reste difficile : 105 souches ont été isolées
pendant l'enquête dont 102 B. pertussis et 3 B. parapertussis
soit une sensibilité de la culture de 21 % nécessitant le recours à la
sérologie qui permet le diagnostic dans 40 % des cas.
-
La majorité (64 %) des cas surviennent chez des non vaccinés
et l'efficacité de la vaccination est satisfaisante, supérieure à 94
% dans les cas confirmés jusqu'à 12 ans.
Cette enquête bien que ne reflétant que la coqueluche vue à l'hôpital,
a documenté la circulation persistante de Bordetella pertussis
en France malgré la vaccination, s'exprimant plus particulièrement
au travers de coqueluches symptomatiques du nourrisson non vacciné,
comme dans d'autre pays vaccinant depuis de nombreuses années [5].
-
Transmission
La transmission est aérienne et se fait au contact d'un sujet
malade (toux). Elle est essentiellement intra-familiale ou bien
intra-collectivités (écoles). Dans tous les cas, une enquête doit être
menée autour du sujet malade pour dépister les contaminateurs et
les cas secondaires. Cette enquête a un double intérêt : diagnostique
en permettant parfois l'identification de la bactérie par culture
chez les contacts et préventif en traitant rapidement les autres
malades pour éviter la propagation de la maladie, notamment chez
les sujets à risque : nouveau-nés, petits nourrissons et femmes
enceintes, asthmatiques etc... Elle permet également de proposer
une prophylaxie chez les sujets contacts les plus exposés. Le risque
de contamination doit être considéré comme d'autant plus important
que l'exposition aux secrétions émises lors de la toux est prolongée,
répétée et ce, dans une enceinte de petite dimension et fermée
et que le contaminateur se trouve dans une phase plus précoce de
sa maladie. La contagiosité diminue avec le temps : maximale pendant
la phase catarrhale, elle diminue avec le temps et devient nulle
après 5 jours de traitement antibiotique efficace.
-
Surveillance de la coqueluche en France
La coqueluche a été surveillée en France par notification de 1903 à 1986.
Depuis cette date, il n'y a plus de déclaration de la coqueluche.
En 1993, conjointement à la mise en place de l'enquête nationale
déjà mentionnée [4], un Centre National de
Référence (CNR) est mis en place à l'Institut Pasteur : il assure
l'identification et la surveillance des souches qui lui sont adressées
par l'ensemble des laboratoires français et contribue à la surveillance épidémiologique.
Depuis le 1/04/96 une surveillance continue de la coqueluche par
un réseau sentinelle hospitalier pédiatrique (RENACOQ) est mise
en place : 42 hôpitaux répartis sur les différentes régions de
France métropolitaine notifient leurs cas et se sont engagés à développer
le diagnostic microbiologique. Ce Réseau est géré par le RNSP.
Les cas groupés repérés par ce réseau ou par tout autre médecin
en ayant connaissance sont signalés aux Médecins Inspecteurs des
DDASS concernés.
MOYENS DE PREVENTION [6,
7, 8]
-
La vaccination
Le seul vaccin disponible en France actuellement est le vaccin à germes
entiers. Il s'agit d'une suspension de Bordetella pertussis tués,
inactivés par la chaleur. Il existe sous forme isolée (Vaxicoq®)
ou combinée à d'autres vaccins (DTCOQ®, DTCP®, Tétracoq® ou pentavalent
incluant le vaccin contre l'Haemophilus influenzae : Pentacoq® ou
Pent-HIBest®). L'efficacité du vaccin à germes entiers, utilisé en
France, vis-à-vis des formes typiques avec plus de 21 jours de
toux est estimée à 95 % après trois injections [4].
Le rappel à 18 mois est très important pour obtenir une protection
optimale. Toutefois, cette protection diminue avec le temps en
l'absence de rappel vaccinal ou naturel. Le vaccin anticoquelucheux
confère une protection contre la maladie mais il n'empêche ni la
colonisation ni la transmission de B. Pertusis. Des effets secondaires,
locaux ou généraux sont fréquents et imposent la prescription systématique
d'antipyrétiques 24 à 48 heures après l'injection. Les contre-indications
définitives sont les encéphalopathies convulsivantes ou non, et
une forte réaction à une injection préalable : fièvre supérieure
ou égale à 40°C, choc, convulsions, syndromes des cris persistants
survenant dans les 48 heures après l'injection. Depuis 1991, le
calendrier vaccinal de l'enfant recommande ce vaccin au 2ème, 3ème
et 4ème mois avec un rappel entre 16 et 18 mois. Prochainement,
de nouveaux vaccins de type acellulaire, moins réactogènes, devraient
obtenir une autorisation de mise sur le marché.
-
Immunoglobulines
Les immunoglobulines polyvalents n'ont pas démontré leur efficacité dans
le prophylaxie ou le traitement de la coqueluche.
-
Isolement
Il sert à éviter les cas secondaires dans les milieux à risque
: milieu familial, haltes-garderies, crèches familiales ou collectives,
assistantes maternelles, hôpitaux, écoles et collectivités. Il
faut veiller, particulièrement, à l'application de ces mesures
dans les collectivités susceptibles d'accueillir de très jeunes
enfants ou des enfants non vaccinés. Dans les écoles : l'arrêté du
30 mai 1989 [9] relatif aux durées et conditions d'éviction à l'égard
des élèves et personnels dans les établissements publics et privés
précise pour la coqueluche :
-
pour les malades : la durée d'éviction est fixée à 30 jours
après le début de la maladie,
-
pour les sujets au contact : pas d'éviction.
Il est en pratique souhaitable d'exclure les cas suspects tant
que le diagnostic n'aura pas été infirmé ou confirmé ou en l'absence
de traitement antibiotique (délai minimum de 5 jours). De même,
l'accès à la collectivité devrait être interdit aux membres symptomatiques
de la famille d'un cas confirmé tant que ceux-ci n'auront pas été traités
par 5 jours d'antibiotiques. Dans les collectivités d'adultes,
les mêmes règles devraient être suivies.
-
Antibioprophylaxie
Des études [10, 11, 12, 13] prouvent l'efficacité de
l'érythromycine pour éviter la transmission du germe aux sujets
contacts. La posologie recommandée est de 50 mg/kg/jour d'érythromycine,
en dose fractionnée, pendant 10 jours. Elle doit être administrée
le plus tôt possible après le contage et, au maximum, 14 jours
après le premier contact avec un cas index en période de contagiosité.
En milieu familial, en raison du risque important, ce délai peut être étendu à 21
jours. En cas de contre-indications à l'érythromycine ou aux autres
macrolides, le Bactrim® peut être utilisé sans que son efficacité soit
démontrée.
CONDUITE A TENIR DEVANT DES CAS GROUPES DE
COQUELUCHE
-
Notification au médecin inspecteur de Santé Publique
Notification au médecin inspecteur de Santé Publique du département
par tout médecin en ayant connaissance, de cas groupés (plus de
2) survenant dans les collectivités : écoles le plus souvent, internats,
crèches...
-
Le médecin de santé publique s'efforcera
de confirmer et de classer les cas
Les définitions proposées sont les mêmes que celles utilisées
pour la surveillance par le réseau hospitalier de surveillance
de la coqueluche RENACOQ :
-
définition d'un cas SUSPECT : toux avec quintes évocatrices
c'est à dire aboutissant à une reprise inspiratoire difficile
ou un chant du coq ou des vomissements ou un accès de cyanose
voir une apnée ou associées à une hyperlymphocytose, depuis
plus de 8 jours, et en l'absence d'une autre étiologie. S'efforcer
de confirmer au moins un cas au laboratoire en demandant au
minimum une aspiration nasopharyngée pour culture sur milieux
spécifiques (à préciser sur la demande), et/ou une recherche
du germe par PCR (cet examen n'est actuellement pas remboursé par
la Sécurité Sociale, contacter le CNR si besoin) et/ou deux
sérologies prélevées à un mois d'intervalle en l'absence de
vaccination récente (< ou = 6 mois ).
-
définition d'un cas CONFIRME : un cas suspect est confirmé par
:
-
l'évolution : toux avec quintes évocatrices d'au moins
21 jours en l'absence d'une autre étiologie = CAS CLINIQUE
-
ou le laboratoire : culture positive, et/ou PCR positive,
et/ou ascension des anticorps antiPTX à 2 sérologies successives
en l'absence de vaccination récente = CAS CONFIRME AU LABORATOIRE
-
ou la présence d'un cas de l'entourage lui-même confirmé au
laboratoire = CAS CONFIRME EPIDEMIOLOGIQUEMENT.
-
Mesures concernant les cas
La précocité du diagnostic et de la prise en charge des premiers
cas est essentielle pour limiter la transmission.
-
l'hospitalisation est recommandée pour les cas âgés de moins
de 3 mois, et envisagée au delà selon la tolérance clinique.
-
isolement respiratoire :
-
à la maison : éviter le contact avec des jeunes nourrissons
non ou mal vaccinés.
-
en collectivité : retrait tant que le cas n'aura pas été traité par
au moins 5 jours de macrolides.
-
en cas d'hospitalisation : chambre seule (pendant les
5 premiers jours de macrolide)
-
traitement spécifique : traitement antibiotique par macrolides
de tous les cas suspects. Si le cas est confirmé, la durée
recommandée pour prévenir les rechutes bactériologiques est
de 14 jours.
-
Mesures préventives vis-à-vis des personnes
exposées aux cas
Elles seront prises au contact des cas confirmés mais également
des cas suspects.
-
Identification de la population exposée :
-
Ce sont en priorité les contacts proches : personnes de
la famille vivant sous le même toit, ou s'il s'agit d'un
enfant en crèche familiale personnes exposées au domicile
de la nourrice.
-
Contacts occasionnels : sujets ayant été eu un contact
face à face ou prolongé avec un cas dans les 3 premières
semaines d'évolution de sa maladie.
-
Collectivités :
-
crèches : nourrissons de la section, personnel adulte
ayant eu les cas en charge,
-
écoles : élèves et enseignants de la classe du ou
des cas,
-
institution, internats, autres collectivités : tout
enfant ou adulte ayant des contacts étroits ou fréquents
avec les cas.
-
Identifier les cas dans cette population :
Un interrogatoire recherchera tout autre cas suspect qui nécessitera
un examen médical, d'éventuels examens biologiques de confirmation
et une prise en charge (isolement et traitement spécifique). Un cas
certifié au laboratoire permet de confirmer les cas parfois moins symptomatiques
de son entourage (cas confirmés épidémiologiquement) et de mieux faire
accepter les mesures préventives. Les examens microbiologiques (culture,
sérologies) sont inutiles pour les contacts asymptomatiques.
-
Mesures préventives :
Elles comportent : une information des populations exposées, pour les
sujets symptomatiques : isolement et traitement spécifique par macrolide
(14 jours) de tous les cas (cf.Mesures concernant les
cas) ; traitement par macrolide (10 jours) de toute toux même banale
survenant chez une personne exposée.Pour les sujets asymptomatiques
: le risque dépend de la proximité du contact mais également de la
susceptibilité et du terrain des personnes exposées.
-
contacts proches : antibioprophylaxie de tous les membres
de la famille, quelque soit leur âge et leur statut vaccinal,
et mise à jour du calendrier vaccinal pour les moins de
7 ans.
-
Contacts occasionnels : antibioprophylaxie uniquement
chez les sujets à haut risque : nourrisson non ou incomplètement
vaccinés, femmes enceintes, sujets atteints de maladies
respiratoires chroniques (asthme...)
-
Crèches : antibioprophylaxie de tous les nourrissons n'ayant
pas reçu 4 injections de vaccin et mise à jour du calendrier
vaccinal, antibiothérapie du personnel en contact avec
les cas quelque soit son statut vaccinal.
-
Ecoles :
-
> ou = 2 cas dans une classe : antibioprophylaxie
de tous les enfants de la classe non à jour dans leur
calendrier vaccinal et des enseignants quelque soit
leur statut vaccinal.
-
si plusieurs cas dans des classes différentes, étendre
la mesure prophylactique précédente aux autres classes.
-
Internats et collectivités d'enfants handicapés :
antibioprophylaxie de tous les enfants contacts non à jour
dans leur calendrier vaccinal et du personnel adulte
quelque soit son statut vaccinal. En cas de couverture
vaccinale très faible (> 50%) dans l'établissement
(malades neurologiques par exemple) ou de sujets fragilisés
discuter un élargissement de l'antibioprophylaxie à tous
les contacts quelque soit leur statut vaccinal.
-
Détail des mesures :
-
isolement : uniquement pour les sujets symptomatiques
tant qu'ils n'ont pas été traités par 5 jours de macrolide
-
mise à jour du calendrier vaccinal : pour les enfants
de moins de 7 ans n'ayant pas de contre indication à la
vaccination anticoquelucheuse et après accord de la famille
; les enfants qui ont reçu moins de 4 doses du vaccin devraient
recevoir la (ou les) dose(s) manquante(s) le plus tôt possible, à intervalles
de quatre semaines ; les enfants qui ont reçu trois doses
peuvent recevoir leur quatrième dose dès le 6ème mois après
la troisième dose. Si le calendrier n'est pas à jour sur
les autres valences "obligatoires" (Diphtérie,
tétanos, polio) remise à jour sur l'ensemble des valences
par DTCP (ou PENTACOQ®). Si seule la valence coqueluche
est manquante la vaccination par VAXICOQ® est possible.
La mise à disposition des vaccins acellulaires utilisables
chez les sujets plus agés modifiera peut-être ces recommandations.
-
Antibioprophylaxie. L'antibioprophylaxie doit être entreprise
au plus vite dans les 14 jours, au plus tard 21 jours après
le 1er contact avec le cas index. Posologie de l'erythromycine
: 50mg/kg/jour en 3 ou 4 prises chez l'enfant, 1g x 2/jour
chez l'adulte. Les autres macrolides sont utilisables.
Durée = 10 jours.
-
Rapport d'investigation
Tout rapport d'investigation sera transmis au RNSP (unité Maladies
Infectieuses) pour information. Le rapport devra si possible notifier
les informations suivantes :
-
descriptif de la collectivité : nombre et âge des enfants
accueillis, terrain si collectivité d'enfants malades,
nombre d'adultes les encadrant, couverture vaccinale de
la collectivité vis à vis de la coqueluche.
-
Nombre de cas suspects, nombre de cas confirmés : cas
cliniques, cas confirmés au laboratoire, cas confirmés épidémiologiquement
(cf Définition de cas)
-
Age, et statut vaccinal des cas (nombre d'injections anti-coquelucheuse,
date de la dernière injection)
-
Taux d'attaque chez les enfants (si possible par classe
d'âge : 0-6mois, 6mois-2 ans, 2-6 ans, 6-12 ans,12-18ans
) et chez les adultes.
L'efficacité de la vaccination coquelucheuse étant bonne chez
l'enfant jusqu'à 12 ans, il est inhabituel d'observer parmi les
cas une proportion élevée d'enfants complètement vaccinés (> ou
= 4 injections). Si tel était le cas, en avertir le RNSP pour faire
une mesure de l'efficacité vaccinale par cohorte rétrospective
(comparaison des taux d'attaque chez les sujets complètement vaccinés,
incomplètement vaccinés et non vaccinés).
-
Cas groupés dans une unité géographique
Lorsque un Médecin inspecteur de santé publique est informé d'un
nombre anormalement élevé de cas de coqueluche dans une région
donnée, il est recommandé de mettre en place une investigation
afin de :
-
confirmer l'éventuel épisode épidémique ?
-
informer les médecins hospitaliers (services d'urgence), médecins
et pédiatres libéraux, médecins de PMI, médecins scolaires,
laboratoires de microbiologie, pour les sensibiliser au diagnostic,
leur indiquer les laboratoires effectuant la culture ou autre
examen diagnostic, et leur rappeler les mesures de contrôle
autour des cas.
-
mettre en place une recherche active des cas avec collecte
des données cliniques, du statut vaccinal, et des données microbiologiques
de chaque cas pour préciser les raisons de la transmission.
-
Une assistance méthodologique pour ce type d'événement pourra être
demandée à l'Unité Maladies Infectieuses du RNSP.
ADRESSES UTILES
DGS, bureau VS2
RNSP, Unité Maladies Infectieuses, Hôpital National de St
Maurice, 12 rue du Val d'Osne 94415 St Maurice Cedex, tel : 01.41.79.67.20,
fax : 01.41.79.67.69
CNR, laboratoire des Bordetelles, Institut Pasteur, 28 rue du Dr Roux,
75724 Paris Cedex 15 tel : 01.45.68.83.34 fax : 01.40.61.35.33
Hôpitaux exerçant la surveillance de la coqueluche en France : réseau "RENACOQ"


REFERENCES
[1] BASS James W. Erythromycin for treatment and prevention
of pertussis, Ped. Inf. Dis. 1986, 5, 1, 154-158.
[2] BASS James W. Pertussis : current status of prevention and treatment,
Ped. Inf. Dis. 1985, 4, 6, 158-164.
[3] BEGUE P., GRIMPEL E., ROURE C., GUISO N. La coqueluche en France.
Nécessité de mise en place d'une surveillance, BEH 1992 48, 227-228.
[4] BARON S., BEGUE P., DESENCLOS J.C. & coll. Evaluation épidémiologique,
clinique et microbiologique de la coqueluche en France 1993-1994, BEH 1995,
19, 83-85.
[5] Pertussis. United States, January-1992 June-1995, MMWR, 1995, 44,
28, 525-529.
[6] Statement on management of persons exposed to Pertussis and Pertussis
outbreak control, Canada Communic. Dis. Report 1994, 20-22, 193-199.
[7] Coqueluche. Guide des vaccinations, édition 1995, 62-68.
[8] Pertussis, Parapertussis (Whooping Cough), In "Control of Communicable
diseases Manual " A.J. Benenson, Edition 1995 p 347-351.
[9] Arrêté du 3 mai 1989 relatif aux durées et conditions d'éviction,
mesures de prophylaxie à prendre à l'égard des élèves et du personnel dans
les établissements d'enseignement et d'éducation publics et privés en cas de
maladies contagieuses, BEH 1989, 22, 89-90.
[10] STEKETEE Richard W., WASSILAK Steven G.F., ADKINS William N. and coll. Evidence
for a High Attack Rate and Efficacy of Erythtomycin Prophylaxis in a Pertussis
Outbreak in a Facility for the Developmentally Disabled, J. of inf. Dis. 1988,
157, 3, 434-440.
[11] SPRAUER Mary Ann, COCHI Stephen L., ZELL Elizabeth R Prevention
of Secondary Transmission of Pertussis in Households With Early Use of Erythromycin,
AJDC, 1992, 146, 177-181.
[12] BIELLIK Robin J., PATRIARCA Peter A., MULLEN John R. and coll. Risk
factors for Community- and Household- Acquired Pertussis During a Large Scale
Outbreak in Centra Wisconsin, J. of Inf. Dis. 1988, 157, 6, 1134-1141.
[13] DE SERRES G., BOULIANNE N., DUVAL B. Field effectiveness of erythromycin
prophylaxis to prevent pertussis within families, Ped. Inf., Dis., 1995, 14,
969-974.
|