ExtrapolEpidémiologie et pollution atmosphérique : Analyse critique des publications internationales
L'ozone troposphérique est un constituant majeur de la pollution photochimique, dont le caractère fortement oxydant explique les effets sur la santé. Son effet sur la mortalité était pourtant jusqu'à récemment beaucoup moins bien documenté que celui des particules en suspension. Cependant, plusieurs travaux récents ont permis d'établir de manière convaincante que l'exposition à l'ozone, aux niveaux actuellement observés, a un effet aigu à court-terme sur la mortalité. Un certain nombre de questions restent posées pour mieux apprécier l'impact de l'ozone sur la mortalité. Les études épidémiologiques permettent-elles de détecter un seuil en dessous duquel aucun effet sur la mortalité ne serait observé? L'effet à court-terme sur la mortalité est-il seulement de faire mourir des personnes en très mauvais état de santé qui seraient de toute façon décédées dans les jours qui suivent (effet moisson) ? Étant donné les fortes variations saisonnières de l'exposition à l'ozone, existe-t-il une interaction des effets de l'ozone et de la température sur la mortalité, en particulier lors des vagues de chaleur ? Plusieurs travaux analysés dans le présent numéro d'Extrapol apportent des éléments de réponse à ces questions. Il apparaît, en particulier, qu'un effet sur la mortalité peut être détecté jusqu'à des niveaux de concentration très faibles. L'impact des pics de concentration doit donc être relativisé par rapport à l'impact cumulé à des niveaux d'exposition relativement modérés. La lutte contre les effets de l'ozone, en particulier par une réduction des émissions des précurseurs de l'ozone, ne doit donc pas se limiter à prévenir les pics. Elle doit aussi viser à inverser la tendance actuelle à l'augmentation des niveaux de fond d'ozone, tendance qui sera accentuée dans le contexte du changement climatique. D'autre part, plusieurs travaux récents, dont certains sont analysés ici, ont permis d'établir que la vulnérabilité à ces effets de l'ozone sur la mortalité était plus marquée dans certains groupes de population, en particulier les personnes âgées. L'effet à moyen et long terme sur la morbidité de l'exposition à l'ozone a été moins bien étudié, même si plusieurs travaux récents ont permis de documenter les effets sur l'appareil respiratoire et les interactions avec les facteurs individuels de susceptibilité, en particulier les mécanismes de défense contre le stress oxydant.
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