Fin janvier 2009, la Cellule de l'Institut de veille sanitaire en région Languedoc-Roussillon était informée par le Laboratoire de Parasitologie-Mycologie du Centre hospitalier régional universitaire de Montpellier, de la survenue en quelques semaines de 13 cas de toxoplasmose chez des personnes immunocompétentes, en majorité des formes aiguës symptomatiques. Le signalement initial provenait d’un laboratoire d’analyses de biologie médicale. Une investigation a été menée afin d’identifier l’origine de la contamination. Une enquête descriptive a été réalisée avec recherche active de cas biologiquement confirmés auprès des laboratoires d’analyses de la zone d’étude et recueil d’informations sur l’exposition des cas à partir d’un questionnaire standardisé. Parallèlement à ces investigations, des enquêtes alimentaire et vétérinaire ont été menées afin d’identifier les aliments en cause. Entre mi octobre et fin décembre 2008, 15 cas d’infections aiguës toxoplasmiques [âge : 13-57 ans] ont été identifiés, en net excès par rapport au nombre de cas habituellement observés (2 à 3 cas par an). Ces cas concernaient 1 homme et 14 femmes (dont 4 enceintes). Douze cas symptomatiques présentaient adénopathies, asthénie et syndrome fébrile. Certains des cas avaient en commun la consommation de viande crue ou peu cuite, sans que ce facteur de risque ne soit confirmé par les résultats des enquêtes alimentaire et vétérinaire. Un excès de cas symptomatiques de toxoplasmose a été confirmé fin 2008 à Montpellier et ses proches environs. La survenue de cas groupés de toxoplasmose aiguë est connue mais rarement décrite. L’hypothèse d’une source alimentaire commune n’a pas pu être démontrée, notamment du fait du délai entre la période d’exposition des cas et le moment où les cas groupés ont été identifiés par le laboratoire, puis confirmés par un laboratoire de référence. Ce retour d’expérience a toutefois permis de souligner plusieurs points relatifs aux modalités d’investigations des cas groupés de toxoplasmose. Ce type d’étude peut aussi présenter un intérêt pour approfondir les connaissances sur les conditions de survenue de ces épidémies.
Investigation of a toxoplasmosis cluster, Montpellier and surroundings, October 2008 – January 2009
On 26 january 2009, the Languedoc-Roussillon Regional Office of the French Institute for Public Health Surveillance was informed by the laboratory of the Montpellier general hospital that 13 cases of toxoplasmosis (mostly with symptoms) were diagnosed among immunocompetent persons over several weeks. The initial signal came from several medical laboratories of the area of Montpellier. Investigations were carried out in order to confirm the epidemic and identify the source of the outbreak. The Montpellier general hospital’s laboratory analyzed the sampled sera. A descriptive study was conducted in search of biological confirmed cases geographically close to the notifying laboratories and to collect information on cases’ exposure, using a standardized questionnaire. A veterinary investigation was also conducted. Between 15 October and 31 December 2008, a total of 15 cases was reported [age :13-57 years] and was greater than the number of cases usually detected in the study area (2 to 3 cases per year): 1 man and 14 women (four of which were pregnant). Twelve symptomatic cases were identified with several symptoms: adenopathy, asthenia and fever. Some cases had eaten partially uncooked meat. The food at the origin of the contamination could not be identified. An excess of symptomatic cases has been confirmed in the study area. The occurrence of toxoplasmosis clusters is known but seldom described. The hypothesis of a common origin of the contamination could not be confirmed because of the time lapse between the exposure period and the detection of the cluster. This investigation has highlighted the difficulties related to the investigation of such clusters and could be helpful for toxoplasmosis cases investigations in the future. This approach also helps improve knowledge on the epidemiology of toxoplasmosis. |