Mi-juin 2008, plusieurs cas de fièvre Q, hospitalisés au Centre hospitalier de Briançon (Hautes-Alpes), ont été signalés à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales et à la Direction départementale des services vétérinaires des Hautes-Alpes. Ces cas sont survenus parmi des personnes originaires du Briançonnais et du Guillestrois dans les Hautes-Alpes. Une investigation exploratoire a été initiée pour décrire les cas de fièvre Q afin d’identifier la ou les sources de contamination et de documenter la circulation de cet agent infectieux auprès des Laboratoires d’analyse de biologie médicale privés et hospitaliers du département des Hautes-Alpes. Un cas de fièvre Q a été défini comme toute personne suspectée de fièvre Q par un médecin et confirmée sérologiquement par le Centre national de référence (CNR). Le recensement des cas a été réalisé dans le département des Hautes-Alpes, entre le 1 er avril et 1 er août 2008, par une enquête auprès des premiers cas et par une recherche active de cas auprès du laboratoire Biomnis qui signalait toutes les sérologies de fièvre Q réalisées et les transférait au CNR. Les cas ont été décrits grâce aux données recueillies à l’aide d’un questionnaire exploratoire, réalisé par entretien téléphonique. Au total, 12 cas, dont 7 hospitalisés, ont été identifiés entre le 15 avril et le 20 juin. Ils résidaient dans deux vallées distinctes, 9 dans le Briançonnais et le Guillestrois, et 3 dans le Gapençais. Le sex-ratio (H/F) était de 11 et l’âge moyen de 40 ans. Tous ont été sujets à plusieurs expositions à risque : contact avec des animaux divers, chantiers, déplacements multiples, camion de transport de bétails, manipulation de fumier…La recherche de facteurs de risques potentiels n’a pas permis de mettre en évidence de source commune d’exposition. Diverses expositions ont été retrouvées sans que certaines puissent être privilégiées. L’enquête vétérinaire a mis en exergue certaines difficultés de traçabilité concernant la liste des épandages, la déclaration des avortements et les lieux de déplacements des animaux. La vérification des résultats biologiques de Biomnis par le CNR a montré que 99 % des interprétations des sérologies étaient concordantes. Ces résultats pourraient permettre d’envisager la mise en place à titre expérimental d’une surveillance biologique basée sur les analyses réalisées par le laboratoire Biomnis. Des confirmations seraient réalisées par le CNR, mais l’expérience permettrait de juger de la faisabilité d’une détection plus précoce de cas groupés. Investigation of a Q fever outbreak in the Hautes-Alpes district, France Several cases of Q fever admitted to the Briançon Hospital (Hautes-Alpes) were reported to the Departmental Directorate of Health and Social Affairs and the Departmental Directorate of Veterinary Services of the Hautes-Alpes district in mid-June 2008. These cases occurred among persons from Briançon and Guillestrois in the Hautes-Alpes. An exploratory investigation was initiated to describe the cases of Q fever, identify the source or sources of contamination, document the spread of this pathogen, among private hospital laboratories in the Hautes-Alpes district. A case of Q fever was defined as any person suspected of Q fever by a doctor and confirmed serologically by the National Reference Centre (NRC). The identification of cases was performed in the Hautes-Alpes, between 1 April and 1 August 2008, through a survey including the first cases and by active case finding from the Biomnis laboratory, which was in charge of reporting all Q fever Biomnis serology, and transferring them to the NRC. The cases were described using data collected using an exploratory questionnaire, conducted by telephone interview. In all, 12 cases including 7 hospitalized cases were identified between 15 April and 20 June. They lived in two separate valleys, 9 in the Briançon and Guillestrois areas, and 3 in the Gapençais area. The sex ratio (M/F) was 11, and the average age was 40 years. All were subject to several risk exposures: contact with other animals, construction sites, multiple trips, livestock trucks, manure handling... The search for potential risk factors failed to identify a common source of exposure. Although various exposures were found, none were retained. The veterinary investigation highlighted some difficulties tracking the list of spraying, the reporting of abortions and the locations where the animals went. The verification of Biomnis laboratory results by the NRC showed that 99% of serological interpretations were concordant. These results may help consider setting up an experimental basis of biological monitoring based on analysis performed by the laboratory Biomnis. Confirmations could be performed by the NRC, but the experience would assess the feasibility of an earlier detection of clusters.
|
||
|
||
|