Étude descriptive et prospective de l’incidence de la leptospirose en Aquitaine

Juin 2004  à  décembre 2006


Télécharger le rapport au format Acrobat (pdf - 659 Ko)


Une étude prospective et descriptive de la leptospirose en Aquitaine a été mise en place de 2004 à 2006 afin d’améliorer le recensement et la caractérisation des cas, de détecter et d’investiguer les cas groupés et d’évaluer la pertinence de la déclaration obligatoire. Un cas était défini comme toute personne résidente dans l’un des 5 départements d’Aquitaine entre 2004 et 2006 et présentant des signes cliniques évocateurs de leptospirose. En fonction des résultats sérologiques, les cas étaient classés en cas confirmés, probables ou suspects. La première année, un mode de recueil passif a été testé. À partir de la deuxième année, la surveillance est devenue semi-active. De 2004 à 2006, 54 cas de leptospirose ont été enregistrés, dont 36 cas certains et 18 probables. Globalement, les taux d’incidence étaient faibles et ont connu une baisse par rapport aux années antérieures. Néanmoins, pour 3 départements et en particulier la Dordogne, le taux d’incidence était largement supérieur à celui de la France métropolitaine. Les "inactifs" étaient les plus représentés et, chez les actifs, plusieurs cas exerçaient des professions à risques d’exposition. Un contact direct ou indirect avec des rats représentait le facteur de risque le plus fréquent. Les activités se caractérisant par un contact avec de l’eau douce sans immersion ont été globalement plus nombreuses. Plus de 87 % des cas ont dû être hospitalisés et 22 % sont passés par un service de réanimation. C’est le sérogroupe Ictérohaemorrhagiae qui était prédominant, suivi de Grippotyphosa. Cette étude a permis de démontrer que la déclaration obligatoire de la leptospirose n’est actuellement pas pertinente du fait de l’existence d’un Centre national de référence effectuant déjà une surveillance efficace et adaptée à la problématique de santé publique. De plus, la définition de cas complexe, peu spécifique et basée principalement sur le diagnostic biologique occasionne des délais de réactivité longs. Cependant, en raison de la gravité de la maladie et de son potentiel évolutif, des suivis pourraient être renforcés dans les départements à forte incidence.


Descriptive and prospective study on leptospirosis incidence in Aquitaine
June 2004 to December 2006

A prospective and descriptive survey on leptospirosis in Aquitaine was carried out from 2004 to 2006, in order to improve case registration and characterization, detect and investigate clustered cases and assess the relevance of mandatory notification A case was defined as any person living in one of the five Aquitaine administrative divisions between 2004 and 2006, and presenting clinical symptoms predictive of leptospirosis. Depending on the serological results, cases were classified as confirmed, probable or suspected. The first year, a passive collection mode was tested. From the second year on, surveillance was semi-active. From 2004 to 2006, 54 leptospirosis cases were registered; out of these 36 were certain and 18 probable. In general, incidence rates were low and even decreased, compared to previous years. However, in three administrative divisions, especially in Dordogne, the incidence rate was quite higher than in mainland France. ‘Non-active’ persons were the most represented, and in active subjects, several cases had occupations presenting exposure risks. The most frequent risk factor was direct or indirect contact with rats. Activities involving contact with fresh water without any immersion were generally more frequent. Over 87% of cases were hospitalized and 22% were admitted in intensive care units. The predominant group was Leptospira icterohaemorrhagiae, followed by Leptospira grippotyphosa. This survey contributed to demonstrate that mandatory notification for leptospirosis was not currently relevant, mainly because of the existence of a very efficient National Reference Centre, performing activities adapted to public health issues. In addition, leptospirosis case definition is not only complex, but also little specific and based mainly on biological diagnosis, which results in long reactivity delays. Nevertheless, considering the severity of the disease and its potential for developing, follow-ups could be reinforced in areas with high incidences.

 

 

Télécharger Acrobat Reader

Page précédente

 


Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 6 février 2008

CONTACTS Contactez l'InVS