Etude du dépistage du saturnisme infantile par les professionnels de santé de l'Allier et du Puy-de-Dôme, novembre 2005


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Etude du dépistage du saturnisme infantile par les professionnels de santé de l'Allier et du Puy-de-Dôme, novembre 2005

L’intoxication chronique au plomb (saturnisme) conduit le plus souvent à une altération des fonctions cognitives et du développent de l’enfant. La mesure de la plombémie est la méthode de référence pour diagnostiquer cette affection paucisymptomatique. La place du corps médical est essentielle pour repérer les enfants à risque de saturnisme. Or on observe en France un déficit de repérage des enfants. En particulier, les facteurs influençant la prescription d’une plombémie par les médecins sont mal connus. Une étude transversale a été menée pour identifier les obstacles au repérage par les médecins de deux départements. Un échantillon aléatoire a été constitué chez les médecins généralistes, pédiatres libéraux et hospitaliers, ainsi que les médecins scolaires et de PMI de l’Allier et du Puy de Dôme.

Les données sur les connaissances, pratiques, attitudes vis-à-vis du saturnisme infantile et les données sociodémographiques ont été recueillies par téléphone, via un questionnaire standardisé (42 items). Les déterminant de la prescription d’une plombémie ont été analysés par régression logistique avec pondération et post-stratification. 266 médecins (52 % des contactés) ont répondu. 32 % des médecins déclaraient questionner les parents à la recherche d’une exposition de l’enfant au plomb et 22 % déclaraient avoir prescrit une plombémie depuis le 1er janvier 2000. 89 % des médecins s’estimaient mal informés sur le saturnisme. En analyse multivariée, le fait d’être un pédiatre libéral (OR = 6,2, IC 95 % = 1,3-30,0) ou hospitalier (OR = 5,7, IC 95 % = 1,6-20,9), de questionner les parents à la recherche d’une exposition au plomb (OR=7,2, IC 95 %= 3,3-15,5) et de bien connaître de dispositif réglementaire (OR = 4,5, IC 95 % = 1,3-16,3] était associé à la prescription d’une plombémie. En revanche, la prescription diminuait avec l’âge (OR = 0,93, IC 95 % = 0,89-0,98) et avec la connaissance du remboursement total par l’Assurance Maladie (OR = 0,15, IC 95 % = 0,0-0,5). Chez les médecins généralistes, le fait d’exercer en cabinet de groupe était favorable à la prescription de plombémies (OR = 2,73, IC 95 % = 1,1-6,6).

Le nombre de prescripteurs déclarés est peut-être surestimé par rapport à la pratique réelle. Il est probable que les médecins aient prescrit une plombémie avant l’application du remboursement total, ce qui explique l’association négative observée. Cependant, les freins et les besoins de formation sont cohérents avec les résultats obtenus dans d’autres études. La réalisation par les Ddass de campagnes de communication et de formation médicale intégrant des données sur le contexte local (carte des zones à risque) est susceptible de contribuer à améliorer le repérage des enfants à risque en Auvergne, notamment chez les médecins généralistes.


Lead poisoning in children: a survey of screening behaviour of health professionals from the Allier and Puy-de-Dôme departments, 2005

Chronic lead poisoning can cause brain damage and development problems to the child. Blood lead screening is the reference test to detect this clinically silent illness. Physicians play a great role in pediatric saturnism detection. But in France, the screening is low in front of the estimated number of child at risk of lead exposure. The factors related to the physicians’ blood screening prescription remain unknown. A cross-sectional study as been set to describe the attitudes, practices and barriers relative to lead screening among two departments’ paediatricians and physicians. Data were collected by phone using a 42 items standardised questionnaire.

After weighting and post-stratification, the lead screening prescription was tested by logistic regression. There was 266 respondents (52%). 22% of the physicians reported having prescribed lead screening once or more since 2000. 32% questioned the parents so as to detect lead exposure factors. In multivariate analysis, questioning parents, being a city paediatrician (OR = 6,2, IC 95% = 1,3-30,0) or a hospital paediatrician (OR = 5,7, IC 95% = 1,6-20,9), good knowledge of lead surveillance rules (OR = 4,5, IC 95% = 1,3-16,3] was positively associated with blood lead screening.

The prescription declined with age (OR = 0,93, IC 95% = 0,89- 0,98). In the family practitioner group, the share of medical practice with others practitioners was associated with blood lead testing prescription (OR = 2,73, IC 95% = 1,1-6,6). The numbers of prescribers must be over declared. But the observed barriers to lead poisoning testing and information needs are relevant with other studies. A local based medical information campaign with maps of high risk areas should participate in enhancing the prescription among practitioners.

 

 

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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 21 mars 2007

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