Enquête de perception du risque monoxyde de carbone en population générale

Lot-et-Garonne. Septembre 2006


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Introduction
Bien que des campagnes de prévention des intoxications au monoxyde de carbone (CO) soient élaborées chaque année par les autorités sanitaires et la protection civile, ce gaz reste le toxique causant le plus d’intoxications aiguës en France (2000 à 3000 intoxiqués chaque année). Dans le but d’adapter au mieux les messages et modes de communication aux besoins du public, une enquête de connaissance du risque CO a été menée auprès de la population adulte de Lot-et-Garonne.

Méthode
Un échantillon aléatoire de 500 personnes a été interrogé par téléphone en septembre 2006. Le questionnaire portait sur la connaissance environnementale et sanitaire du risque CO ainsi que sur les modes d’information préférentiels sur ce risque. Les informations sociodémographiques et les caractéristiques relatives au logement ont également été recueillies.

Résultats
Près de 87 % des personnes ont déjà entendu parler du CO. Cette proportion est significativement liée au niveau d’étude, passant de 75 % chez les non diplômés à 98 % chez les personnes ayant fait des études supérieures. Environ 88 % identifient bien qu’il s’agit d’un gaz, mais seules 53 % savent qu’il n’est pas reconnaissable par les sens et près d’un tiers pense que le CO peut être reconnu à son odeur. Près de 94 % estiment que le CO peut avoir des effets sur la santé, mais la connaissance des signes d’intoxication varie de 92 % pour les maux de tête à 62 % pour les troubles visuels. Le gaz domestique est identifié par 79% comme un combustible à risque CO, tandis que le bois obtient un score très variable selon l’âge : 20 % des moins de 30 ans contre 70 % des plus de 60 ans ont connaissance de ce risque. Concernant les moyens d’information préférentiels, la télévision (62 %) est le mode le plus fréquemment cité, quel que soit l’âge, le sexe et le niveau d’études. Les plaquettes, les affiches et la radio obtiennent des scores inférieurs à 20 %, avec de fortes disparités entre les catégories sociodémographiques. Les plaquettes sont 3 fois moins plébiscitées par les personnes ayant le plus faible niveau d’études que par celles ayant fait des études supérieures.

Discussion–conclusion
Bien que la grande majorité des adultes de Lot-et-Garonne aient déjà entendu parler du CO et aient conscience d’un risque sur la santé, une proportion beaucoup plus faible connaît réellement ses caractéristiques techniques et les signes d’intoxication. Les connaissances varient selon les catégories sociodémographiques. Par ailleurs, sans préjuger de l’efficacité des moyens de communication utilisables, les résultats obtenus montrent la nécessité d’une réflexion concernant les supports d’information.


Carbon Monoxide Poisoning: Risk Awareness among General Population
Lot-et-Garonne, September 2006

Objectives
Although prevention campaigns on carbon monoxide (CO) poisoning are performed annually by health and civil authorities, this gas remains the toxic agent responsible for the greatest number of acute poisonings in France (2000-3000 victims annually). In order to better define communication strategies, the Lot-et-Garonne local health department carried out a survey to evaluate the level of knowledge regarding CO among the general population.

Material and methods
A randomized sample (multistage sampling method) of 500 adults was interviewed in September 2006 about characteristics of CO, its effects on health and the way it is produced. People were also questioned on their preference for communication means concerning this risk.

Results
Whereas 87% of adults indicate they have already heard about CO, this result varies according to educational levels : from 75% (no diploma) to 98% (university level). More than 88% know CO is a gas, however only 53% are aware that it cannot be detected by human senses, with a lower score among those with the lowest educational level. Nearly one third think CO can be recognized by its smell. Knowledge concerning the health effects of CO poisoning ranges from 92% (headaches) to 62% (visual disorders). Domestic gas is identified as a potential CO producer by 79%, whereas wood score is strongly associated with age : only 20% of the under-thirty and more than 70% of the above-sixty are aware of this risk. Regarding the information sources on CO, TV (62%) and press (22%) would be the two favorite communication channels, independent of sex, age or educational level. The channels most used by health authorities (radio-spots, leaflets and posters) all receive global scores under 20%, with results varying threefold according to socio-demographic categories.

Conclusions
CO awareness is incomplete and correlates with socio-demographic status. Communication strategy (messages and communication channels) should be adapted according to the public targeted.

 

 

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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 12 octobre 2007

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