Surveillance et investigation d’épidémies de gastro-entérites aiguës survenues dans un centre de vacances.

Serre Chevalier, Hautes-Alpes, 2001-2005.


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Surveillance et investigation d’épidémies de gastro-entérites aiguës survenues dans un centre de vacances Serre Chevalier, Hautes-Alpes, 2001-2005

Le centre de vacances du Club Méditerranée de Serre Chevalier, accueille de nombreux clients, dont les enfants de 4 mois à 4 ans (Baby Club), avec un fort taux de rotation (1100 personnes par semaine). En hiver 2001-02, 241 cas de gastroentérite aigue (GEA) virale, dont 22 hospitalisations, furent dénombrés parmi la clientèle du centre. Une investigation et une surveillance furent initiées afin de décrire les cas et identifier d’éventuels facteurs de risques. Une surveillance hebdomadaire fut menée de 2002 à 2005, associant un suivi par le centre et par un réseau de médecins généralistes de Serre Chevalier. Deux études descriptives centrées sur la clientèle du centre furent réalisées, ainsi qu’une étude sur les prescriptions de médicaments pour GEA des résidents de Serre Chevalier.

Le Centre national de référence des entérovirus assurait l’identification des virus. Des taux d’incidence furent calculés parmi les clients du centre de vacances et la population résidente. La Ddass et la DDSV assurèrent un suivi environnemental (eau de distribution et restauration). Entre l’hiver 2001-02 et 2005, 4 épisodes épidémiques de GEA sont survenus parmi l’ensemble de la clientèle du centre et surtout le Baby Club. Toutes ces épidémies ont impliqué, à des degrés divers, des rotavirus et des calicivirus. Les premiers cas survenaient après 48 heures de séjour, correspondant à la durée d’incubation de ces virus. Lors des épidémies, les taux hebdomadaires moyens de GEA ont varié de 60 à 100/1000 enfants au Baby Club et de 20 à 30/1000 clients pour l’ensemble de la clientèle. Les contrôles d’hygiène alimentaire n’ont pas signalé de risques particuliers. L’eau du réseau communal, qui alimente le centre de vacances, n’était pas toujours conforme sur le plan microbiologique, en dehors de toute épidémie et lors de 3 des 4 épisodes de GEA. Ni le réseau de médecins généralistes, ni l’étude des prescriptions de médicaments n’a détecté d’épidémie en population générale.

Ces épidémies ont particulièrement impliqué le Baby Club. Cette structure a favorisé une multiplication virale intense parmi les nourrissons non immuns et réceptifs. La diffusion à l’ensemble du centre de vacances s’est faite par un processus de transmission de personne à personne. D’autres facteurs ont pu intervenir : buffets self-service, difficultés de décontamination des locaux, eau de distribution du réseau communal souvent non conforme bactériologiquement. Cependant, il semble que ce soit un mode particulier de fonctionnement (renouvellement fréquent et brassage d’un nombre élevé de clients, bâtiment monobloc difficile à désinfecter) associé à une structure d’accueil de la petite enfance, qui a rendu propice le développement de ces épidémies. Les guides anglo-saxons de prévention des GEA virales en hébergement touristique ont été difficiles à appliquer. Seule la suppression de l’accueil des nourrissons en hiver 2004-05 semble avoir eu un impact déterminant, avec l’absence de survenue d’épidémie en 2005-06.

 

Epidemiological surveillance and outbreak investigation of acute gastro-enteritis in a holiday resort. Serre Chevalier, Hautes Alpes, 2001-2005.

The Club Méditerranée holiday resort in Serre Chevalier welcomes numerous customers including children aged from 4 months to 4 years (Baby Club), with a high rotation rate (1,100 persons per week). During the winter 2001- 2002, 241 cases of acute viral gastro-enteritis including 22 hospitalisations were numbered among the resort’s customers. Both surveillance and investigation were initiated in order to describe the cases and to identify casual risk factors. From 2002 to 2005, a weekly surveillance was carried out associating a watch by the resort and by a Serre Chevalier’s general practitioners sentinel network. Two descriptive studies focused on the resort’s customers were undertaken, as well as a study of the prescriptions of medicines treating acute gastro-enteritis among the city’s residents.

The enteric viruses National Reference Centre was in charge of the viruses’ identification. Incidence rates were calculated among the holiday resort’s customers and the residents. The Ddass (local sanitary department) and the Ddsv (local veterinary department) assumed an environmental follow (water distribution and alimentation). Between 2002 and 2005, 4 epidemic outbreaks of acute gastro-enteritis occurred among the whole resort’s customers and especially in the “Baby Club”. These outbreaks were, with different degrees, related to rotaviruses and caliciviruses. The first cases happened after 48 hours of stay, fitting the viruses’ incubation delay. During the outbreaks, the average weekly rates of acute gastro-enteritis varied from 60 to 100 / 1,000 children in the “Baby Club” and from 20 to 30 / 1,000 customers of the resort. The food alimentary hygiene checks did not show any particular risk. Community network water which supplies the holiday resort, was still not comply with the microbiological standards in the absence of any outbreak and during 3 of 4 acute gastro enteritis periods. Neither the GP’s network nor the prescription study detected any outbreak in the general population.

These outbreaks essentially concerned the “Baby Club”. This organisation allowed an intense viral multiplication among receptive and non-immune infants. The spread in the entire resort proceeded through a person to person way. Other factors might have intervened: self-service buffets, difficulties to properly decontaminate the premises, communal supply water often non-conforming to bacteriological standards. However, it appears that a particular operating organisation (important turn-over and mix of a high number of customers, one block building hard to disinfect) associated with a welcomeness of infants had allowed proper conditions to facilitate those outbreaks. Anglo-Saxon prevention guides against viral acute gastro-enteritis in touristic accommodations were hardly compliant. The suppression of the infants’ structure during winter 2004-05 seems to be the only determinant impact with the absence of any outbreak in to 2005 to 2006.

 

 

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Mise en ligne le 21 mars 2007

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