En 2004, alors qu’une augmentation des infections
sexuellement transmissibles (IST) et une progression du nombre de découvertes
de séropositivité chez les homosexuels masculins est observée,
l’InVS, avec le soutien scientifique et financier de l’ANRS,
a renouvelé l’enquête Presse Gay (EPG). Depuis vingt
ans, l’EPG a pour objectif de suivre les comportements sexuels
préventifs des homosexuels lecteurs de la presse gay, leurs modes
de vie et de sociabilité, par l'insertion de questionnaires dans
la presse identitaire. Au total, 6 184 questionnaires remplis par des
hommes via la presse écrite mais aussi les sites internet tous
deux communautaires ont été analysés.
Les répondants se caractérisent par un âge médian
de 35 ans, un niveau scolaire assez élevé et une situation
socioprofessionnelle favorisée. Une part importante de répondants
a un partenaire stable (66 %), mais la proportion de pacsés est
peu élevée (17 %).
Une très large majorité a eu recours au test VIH au cours
de la vie (86 %) et, parmi celle-ci, 13 % déclarent être
séropositifs et 15 % ne sont plus certains d’être
encore séronégatifs.
L’augmentation des comportements sexuels à risque, constatée
depuis 1997, se poursuit, que ce soit avec le partenaire stable (57 %
en1997 contre 69 % en 2004) ou les partenaires occasionnels (19 % en
1997 contre 33 % en 2004). Cet accroissement est observé quel
que soit le statut sérologique VIH des répondants et spécifiquement
parmi ceux se déclarant séropositifs. Si les répondants
séropositifs au VIH sont peu nombreux à avoir des rapports
anaux non protégés exclusivement avec des partenaires séropositifs
VIH (10 %), les répondants séronégatifs sont proportionnellement
plus nombreux à indiquer des pratiques anales non protégées
uniquement avec d’autres hommes séronégatifs (27
%).
Des situations de souffrance psychique sont rapportées. Près
de la moitié des répondants indiquent avoir eu une dépression
au cours de leur vie. Les consommations d’anxiolytiques ou d’antidépresseurs
sont plus importantes parmi les répondants qu’en population
générale.
De même, la prévalence de tentative de suicide au cours
de la vie est plus importante (19 %). Même si, depuis deux décennies,
le sentiment d’acceptation de l’orientation sexuelle des
répondants par leur entourage s’est accru, il n’en
reste pas moins que près d’un tiers ont été victimes
d’actes homophobes dans l’année.
La moitié des répondants a consommé au moins une
substance psycho-active au cours des 12 derniers mois. Il s’agit
principalement de consommation de poppers (37 %) et de cannabis (28 %).
Depuis 1997, la plupart des consommations ont augmenté. Les niveaux
de consommation de substances psycho-actives des répondants sont
plus élevés qu’en population générale.
L’ensemble de ces résultats conduisent à formuler
des recommandations en termes d’actions de prévention, mais
aussi des axes de recherches connexes et complémentaires à l’EPG.
The Gay Press survey 2004
While an increase in the number of sexually transmitted
infections (STIs), as well as in the number of discovery of seropositive
statuses in male who have sex with male (MSM) has been observed in
2004, the InVS, with the scientific and financial support of the National
Agency
for AIDS Research (Agence nationale de recherches sur le sida et les
hépatites virales, ANRS) has renewed the Gay Press survey (enquête
Presse Gay, EPG). For twenty years, this survey has aimed at monitoring
preventive sexual behaviours, lifestyles and sociability among MSM,
who are also readers of the gay press. This was performed through inclusion
of questionnaires in the specialised press.
In all, 6 184 questionnaires filled by men through the community written
press
and Internet sites were analysed. Respondents’ main characteristics are
a mean age of 35 years, a relatively high educational level and a favourable
socioprofessional situation. Although a high proportion of respondents had a
steady partner (66%), the ones who lived under the Civil Pact of Solidary (Pacte
civil de solidarité, Pacs) represented only 17%.
A vast majority of them were screened for HIV in the course of their lives (86%),
out of those, 13% reported their seropositive status, and 15 % were not quite
sure of their seronegative status any longer.
The increase in sexual risk behaviours observed since 1997 is continuing, either
with steady partners (57% in 1997 versus 69% in 2004) or casual partners (19
% en 1997 versus 33% in 2004). This rise is observed regardless of respondents’ HIV
serologic status, and more specifically among those who report being HIV-positive.
Few HIV-positive respondents have unprotected anal intercourse with exclusively
HIV-positive partners (10%), whereas HIV-negative respondents report higher
proportions of unprotected anal intercourse with other HIV-negative men (27%).
Some cases of psychic suffering have also been reported. Nearly half of respondents
report having experienced one nervous breakdown in the course of their lives.
Consumption of anxiolytic or antidepressant drugs is more important among respondents
than in the general population. Similarly, the prevalence of suicide attempts
is more important during their lives (19%). Even if respondents feel that their
sexual orientation has increasingly been accepted around them over the last two
decades, the fact remains that nearly one third of them faced homophobic actions
during the year.
Half of respondents consumed at least one psychoactive substance in the last
12 months, namely poppers (37%) and cannabis (28%). Since 1997, consumption of
most psychoactive substances has increased, while the levels consumed by respondents
are higher than in the general population.
All those results highlight the necessity for developing guidelines in terms
of prevention actions and also related and complementary research interventions
to EPG. |