Enquête nationale de prévalence des infections nosocomiales, juin 2006Résultats préliminaires, janvier 2007 Voir également : le rapport final, publié en 2009 Les documents sont disponibles au format Acrobat :
Synthèse L’enquête nationale de prévalence (ENP) 2006 des infections nosocomiales (IN) est la quatrième de ce type réalisée en France depuis 1990. Ses objectifs étaient de mesurer un jour donné la prévalence et de décrire les caractéristiques des IN et des traitements anti-infectieux dans les établissements de santé (ES) français. Elle a été proposée par le Réseau d’alerte, d’investigation et de surveillance des infections nosocomiales (Raisin) à tous les services des ES publics ou privés, à l’exclusion de l’hospitalisation de jour ou à domicile et des maisons de retraite des hôpitaux. Le protocole était identique à celui de 2001, sauf pour les bactériuries asymptomatiques et les patients entrés le jour de l’enquête qui étaient exclus. Les données étaient recueillies et validées par chaque ES, puis transmises à l’InVS via les Centres de coordination de la lutte contre les IN (CClin). En juin 2006, 2 337 ES représentant 95 % des lits d’hospitalisation en France ont participé et 358 467 patients ont été inclus. Le jour de l’enquête, 17 820 patients étaient infectés soit une prévalence de patients infectés de 4,97 % ; 19 296 IN étaient recensées chez ces patients soit une prévalence des IN de 5,38 %. Par ailleurs, 56 926 patients étaient traités par anti-infectieux soit une prévalence de patients traités de 15,88 %. Trois localisations représentaient 59 % des IN : infection urinaire (30 %), pneumopathie (15 %) et infection du site opératoire (14 %). Les trois micro-organismes les plus fréquemment responsables d’IN étaient Escherichia coli (25 %), Staphylococcus aureus (19 %, dont 52 % résistants à la méticilline) et Pseudomonas aeruginosa (10 %). La prévalence des patients infectés variait selon le type d’ES (plus élevée dans les CHU et centres de lutte contre le cancer), le type de service (plus élevée en réanimation) et les caractéristiques des patients (plus élevée chez les patients âgés, de sexe masculin, atteints d’une maladie sévère, immunodéprimés, opérés ou exposés à un dispositif invasif : sonde urinaire, cathéter vasculaire ou intubation/trachéotomie). Dans la mesure où les méthodes d’enquête et les caractéristiques des ES, des services et des patients influant sur le risque d’IN ont évolué, il était nécessaire d’en tenir compte pour les comparaisons. L’analyse comparative, restreinte aux infections acquises dans les ES ayant participé aux deux enquêtes et ajustée sur ces facteurs, suggère une diminution modérée (4 %) de la prévalence des patients infectés entre 2001 et 2006 et une diminution importante (38 %) de la prévalence des patients infectés à SARM. L’ENP 2006 était une opportunité de sensibiliser les ES aux IN et à leur surveillance. Elle a rempli cet objectif grâce à la grande mobilisation de la communauté hospitalière, accompagnée par les CClin et l’InVS. Elle renouvelle des données de référence utiles pour prioriser les mesures de prévention et orienter les autres programmes de surveillance. La prévalence des patients infectés mesurée en France en 2006 est dans les limites basses des 4,9 à 8,5 % mesurés par d’autres enquêtes européennes depuis 2000. Le maintien d’un haut niveau de prévention reste cependant indispensable car les IN restent fréquentes : elles concernent 1 patient hospitalisé sur 20. La diminution de prévalence constatée pour les SARM est encourageante et cohérente avec les données issues d’autres réseaux de surveillance. Elle est en faveur de l’impact des plans de lutte contre les bactéries multirésistantes développés ces dernières années.
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