Une évaluation de l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique sur l’agglomération dijonnaise a été réalisée dans la continuité du Plan régional pour la qualité de l’air de la région Bourgogne. Elle suit la démarche méthodologique décrite par l’Institut de veille sanitaire (InVS). La zone d’étude était constituée de 5 communes où l’exposition de la population à la pollution atmosphérique pouvait être considérée comme homogène, ce qui représente une population totale d’environ 190 000 habitants. L’exposition était estimée à partir des concentrations journalières moyennes des polluants suivis en routine par le réseau local de surveillance de la qualité de l’air, en l’occurrence le dioxyde de soufre (SO2), le dioxyde d’azote (NO2), l’ozone (O3), et les particules fines d’un diamètre inférieur à 10 µm (PM10). Les impacts sanitaires ont été évalués à court et à long termes. Hors morts violentes et accidentelles, le nombre annuel de décès anticipés attribuables à la pollution atmosphérique dans la zone d’étude a été estimé à 24, dont 7 pour cause cardio-vasculaire et 2 pour cause respiratoire. En outre, 8 personnes âgées de 65 ans et plus sont hospitalisées annuellement pour une pathologie respiratoire attribuable à la pollution atmosphérique. De même, 95 hospitalisations pour motif cardio-vasculaire sont attribuables à la pollution atmosphérique, dont 19 pour motif cardiaque. Une réduction de 25 % des concentrations en polluants permettrait d’éviter plus du tiers de ces décès et hospitalisations. Enfin, pour ce qui est des impacts sanitaires à long terme, la diminution de 5 µg/m3 de la moyenne annuelle des PM10 permettrait d’éviter 24 à 27 décès par an. Ces résultats doivent être interprétés avec précaution, en raison des limites de la méthode utilisée. Ils montrent néanmoins que, même si les risques relatifs associés à la pollution atmosphérique sont faibles, le nombre élevé de personnes exposées aboutit à un impact collectif non négligeable. Ils indiquent également que la pollution atmosphérique urbaine peut avoir un impact important sur la santé, même dans une agglomération comme celle de Dijon où les valeurs limites sont la plupart du temps respectées. Enfin, les différents scénarios de réduction qui ont été testés confirment qu’une action est possible et que les mesures les plus efficaces seraient celles qui visent à réduire au quotidien les concentrations en polluants. Il est donc important de sensibiliser la population et les décideurs à la nécessité d’agir de manière préventive et non pas uniquement lors des pics de pollution. Health impact assessment of urban air pollution - Area of Dijon. Short and long-term impacts The health impact of urban air pollution was assessed in the area of Dijon (France) according to the regional Plan for the quality of air in the region of Burgundy. The method used follows a guideline proposed by the French national institute for public health surveillance (InVS). The survey has been carried out in 5 cities homogeneously exposed, belonging to Dijon agglomeration, representing a population study of about 190,000 inhabitants. Population exposure was estimated using daily concentration averages of pollutant emissions routinely collected by the local air pollution surveillance system, i.e. sulphur dioxide (SO2), nitrogen dioxide (NO2 ), ozone (O3 ), and particles having diameter below 10 µm (PM10). Short- and long-term impacts of atmospheric pollution have been estimated. Annually, apart from violence and injury mortality, air pollution contributed to premature death of 24 residents of the survey area, including 7 deaths for cardiovascular disorders and 2 for respiratory disorders. Moreover, each year, air pollution caused an estimate of 95 hospitalisations for cardiovascular reasons (including 19 for cardiac diseases) and 8 for respiratory reasons in adults aged 65 years and over. A decrease by 25% of the pollutants could have allowed avoiding more than a third of the premature deaths and hospital intakes attributable to air pollution. Concerning long term effects, a decrease by 5,5 µg/m3 of the annual mean of PM10 could allow avoiding 24 to 27 annual deaths. The results have to be interpreted with care because of the limits of the method. However, they showed that the number of attributable cases is non negligible since everyone is exposed to air pollution. They also indicated that air pollution has an important health impact even in a city like Dijon where target values are mostly respected. Lastly, the different scenarios of air pollution reduction showed that reducing air pollution can have a significant impact in terms of mortality and morbidity. However, to decrease at the source the every day pollutants emission would be the most efficient measure. Public and policy-makers should therefore become aware of the necessity to take preventive action permanently and not only when atmospheric pollution exceeds the standard levels.
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