L’importance des infections
maternelles et congénitales à CMV est peu documentée
en France. Entre novembre 2004 et janvier 2005, une enquête nationale
prospective a été conduite afin d’estimer l’incidence
des infections maternelles à CMV et des infections transmises
au foetus et détectées pendant la grossesse ou à la
naissance. Elle visait également à décrire les contextes
clinique et biologique qui ont conduit les cliniciens à réaliser
la recherche de l’infection à CMV.
En 2003, une première enquête avait montré que la
mesure de l’index d’avidité des IgG était réalisée
chez 98 % des femmes enceintes chez lesquelles étaient détectées
des IgM spécifiques, en vue de mieux dater la primo-infection.
Tous les laboratoires réalisant les tests d’avidité ou
la recherche directe du virus en France ont fourni des données
agrégées sur les diagnostics d’infections à CMV
posés chez des femmes enceintes, les foetus ou les nouveau-nés
au cours de la période d’étude. Une notification
systématique des cas était faite par un sous-échantillon
de laboratoires puis les données démographiques et cliniques étaient
collectées auprès des cliniciens. Afin d’estimer
l’incidence annuelle, nous avons pris en compte les nouveaux cas
diagnostiqués et notifiés par les laboratoires du sous échantillon
et la proportion de ces cas sur l’ensemble des diagnostics posés
en France.
Un total de 75 infections congénitales ont été identifiées à travers
les notifications des laboratoires. Parmi elles, 21 étaient symptomatiques
(8 confirmées à l’examen anatomopathologique et 13
par l’examen clinique des nouveau-nés) et des anomalies échographiques
ont été détectées pendant la grossesse pour
70 % de ces cas. Le nombre annuel d’infections congénitales
détectées pendant la grossesse ou à la naissance
a été estimé à 277 [IC 95 % : 204-349]. Parmi
ces cas, 30 [IC 95 % : 23-37] ont conduit à des interruptions
de grossesse avec examen anatomopathologique anormal et 46 [IC 95 % :
33-59] à la naissance d’enfants symptomatiques ce qui correspond à un
taux d’incidence de 6 nouveau-nés atteints pour 100 000
naissances vivantes [IC 95 % : 4-8]. Sur la période d’étude,
110 primo-infections maternelles (PIM) ont été identifiées,
la plupart d’entre elles (73 %) suite à un dépistage
sérologique systématique. Le nombre annuel des PIM diagnostiquées
en France a été estimé à 545 [IC 95 % : 490-600].
L’enquête a mis en évidence une diversité des
pratiques dans le suivi des PIM et la pratique de l’amniocentèse.
Cependant nos résultats permettent d’estimer que la plupart
des infections congénitales symptomatiques sont détectées
en France pendant la grossesse ou à la naissance. Les données
de l’enquête, avec des données complémentaires
sur le suivi des nouveau-nés infectés seraient utiles pour
compléter l’analyse de l’intérêt du dépistage
maternel et/ou néonatal systématique en France.
Survey on congenital cytomegalovirus infections
detected during pregnancy or at birth in metropolitan France
The disease burden of maternal and congenital CMV infection
is scarcely documented in France. From November 2004 to January 2005,
a national prospective laboratory based study was undertaken to estimate
the incidence of CMV maternal infections and infections acquired by foetuses
and diagnosed during pregnancy or at birth and to describe clinical or
biological features that led the clinicians to request CMV testing.
In
2003, a preliminary study showed that IgG avidity index testing is performed
in 98% of pregnant women with positive CMV IgM, in order to date the
primary infection. All French laboratories performing IgG avidity and/or
virus detection were asked to provide aggregated data on results indicating
a CMV infection in pregnant women, foetuses or neonates during the study
period. Case-based notifications were done by a sub-sample of laboratories
and demographic and clinical data were secondarily collected from clinicians.
For annual incidence estimation, we took into account the number of cases
newly diagnosed and captured by the sub-sample of laboratories, and the
proportion of these cases among the overall number of diagnoses performed
in France. Seventy five congenital infections were identified through
the laboratoriy notifications. Twenty-one cases were symptomatic (8 confirmed
by foetal pathologic examination and 13 by clinical symptoms in neonates)
and ultrasound abnormalities were detected during pregnancy in 70% of
these cases. The annual incidence of congenital infections diagnosed
during pregnancy or at birth was estimated at 277 cases [CI 95%:204-349].
Among them 30 [CI 95%:23-37] led to pregnancy terminations with pathologic
examinations and 46 [CI 95%:33-59] to symptomatic CMV infected newborns
at risk of sequelae corresponding to an incidence rate of 6 per 100 000
live births [CI 95%:4-8]. A total of 110 primary maternal infections
were identified. Most of them (73%) were diagnosed through a systematic
maternal screening. The annual incidence of primary maternal infections
diagnosed during pregnancy was estimated at 545 cases [CI 95%:490-600].
The study underlined a diversity of the practices regarding maternal
infection follow-up and antenatal diagnosis. However, our results allow
estimating that most of the symptomatic CMV congenital infections that
occur in France are diagnosed during pregnancy or at birth. These data,
with additional data on clinical follow up of infected newborns would
be useful to complete the analysis of the relevance of systematic screening
in pregnant women and/or newborns in France.
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