Surveillance des accidents avec exposition au sang dans les établissements de santé français

Résultats 2005. Raisin

 


Télécharger le rapport au format Acrobat Reader (pdf 692 Ko)

 


Sous l’égide du Réseau d'alerte, d'investigation et de surveillance des infections nosocomiales (Raisin) et avec le Groupe d’étude sur le risque d’exposition des soignants aux agents infectieux (Geres), les méthodes de surveillance des accidents exposant au sang (AES) font l’objet d’un consensus et d’un réseau national depuis 2002.

En 2005, 13 949 accidents d'exposition au sang étaient recensés dans 385 établissements. La couverture nationale du réseau peut être estimée à 13 % des établissements de santé et 34 % des lits soit une légère progression par rapport à 2004 qui confirme l’assise large de ce réseau. L’incidence des AES trouvée pour 100 lits d’hospitalisation est de 8,8. Sur la base des 461 774 lits d’hospitalisation recensés en France (données SAE 2004) cela permet d’estimer à 40 620 (IC95 % : 40 243 – 40 998) le nombre d’AES qui auraient été déclarés en 2005 aux médecins du travail des établissements de santé Français. La connaissance du statut du patient source vis-à-vis du VHC et du VIH, qui conditionne la prise en charge ultérieure du soignant, demeure encore dans plus de 20 % des cas inconnue. Le taux de prescription de la chimioprophylaxie antirétrovirale s’est stabilisé à 4,5 % en 2005 et interrompue dans 46% des cas le plus souvent en raison de la connaissance a posteriori du statut négatif du patient source pour le VIH. Le délai médian de prise en charge d’un soignant après son AES était d’une heure démontrant le caractère très opérationnel de cette organisation en France.

Comme en 2004, les aiguilles à suture arrivent en première position des AES liés à des aiguilles, avant les sous cutanés, avec 1 080 AES et 10 % de l’ensemble des accidents qui concerne les secteurs de chirurgie, d’obstétrique mais aussi de réanimation et d’urgence. Il paraît donc toujours nécessaire de favoriser la sécurisation de ce geste et de promouvoir l’usage d’aiguille à bout mousse. Une comparaison portant sur les 258 établissements ayant participé à la surveillance en 2004 et 2005 permet déjà de visualiser certains progrès significatifs. L’observance du port du gant chez les victimes et la proximité du conteneur de sécurité sont passées respectivement de 62,5 à 64,3 % et de 67,3 à 69,8 % entre 2004 et 2005. L’incidence des AES pour 100 lits dans ces établissements est restée stable à savoir 8,1 en 2005 contre 8,3 en 2004 et on a enregistré une augmentation significative des AES liés aux systèmes de prélèvements sous vide passant de 5,1 pour 100 000 dispositifs en 2004 à 6,8 en 2005.

La mise en commun des données 2005 de surveillance des AES confirme la forte implantation de ce réseau en France et témoigne de l’implication des Médecins du travail dans la prévention de ce risque. Les données RAISIN permettent d’objectiver la poursuite de l’amélioration de l’observance des précautions standards sans baisse significative associée des AES cette année. La poursuite de l’implantation des dispositifs de sécurité doit permettre une baisse du risque dans les années à venir et le dispositif national de surveillance est à même de pouvoir l’objectiver.


Surveillance of occupational blood and body fluids exposures (BBFE) in France is standardised since 2002 and carried out at national level by the Nosocomial Infection Early Warning, Investigation and Surveillance Network (Réseau d'alerte, d'investigation et de surveillance des infections nosocomiales [Raisin]) together with the Geres (Groupe d’étude sur le risque d’exposition des soignants aux agents infectieux).

In 2005, 13,949 BBFE were documented in 385 participating HCF, which accounted for 13% of HCF and 34% of hospitalisation beds in France, in slight increase compared to 2004, which makes this surveillance network a broad one. BBFE overall incidence was 8.8 per 100 hospitalisation beds. Considering that all French hospitals account for 461,774 beds (2004 SAE data), 40,620 [CI 95%: 40,243-41,998] BBFE are likely to have occurred in France in 2005. HCV or HIV status of the source patient was not known for more than 20% of documented BBFE. The post-exposure prophylaxis (PEP) rate remained stable at 4.5% of exposed personnel and was discontinued in 46% mainly due to the fact that the source patient appeared to be seronegative for HIV subsequently. The median delay of beginning prophylaxis for a health-care worker after a BBFE was one hour, proving the efficiency of this organisation in France.

As in 2004, sutures were the most frequent cause of BBFE associated with needles (more than subcutaneous injections) and accounted for 1,080 (10%) of all BBFE occurred in surgery, obstetrics and in ICU or emergency rooms. Prevention through education and use of blunt suture needles is still a priority. Data from a cohort of 258 HCF which participated in 2004 and 2005 were compared and show significant progress. Compliance to glove use increased from 62.5% in 2004 to 64.3% in 2005 as did the sharps disposal containers accessibility from 67.3% in 2004 to 69.8% in 2005. BBFE incidence reported per 100 hospitalisation beds remained stable with 8.1 in 2005 versus 8.3 in 2004 and BBFE incidence rose from 5.1 to 6.8 per 100,000 vacuum tube blood collection needles.

2005 AES-Raisin data confirm that this network is well established now in France and that occupational health professionals actively participate in BBFE prevention. They highlight an increase in observance to standard precautions without associated decrease in BBFE incidence this year. Further wider implementation of safety devices might help to reduce this risk and the national surveillance network is a well adapted tool to monitor the future trends in BBFE epidemiology.

 


Pour en savoir plus :
Dossier "Raisin"

 

 

Télécharger Acrobat Reader

Page précédente

 


Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 10 juillet 2007

CONTACTS Contactez l'InVS