Programme de surveillance air et santé (Psas)

Relations à court terme entre les niveaux de pollution atmosphérique et les admissions à l’hôpital dans huit villes françaises


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Réalisée dans le cadre du Programme de surveillance air et santé (Psas), la présente étude a pour objectif l’analyse des liens à court terme entre les niveaux de quatre indicateurs de pollution atmosphérique (dioxyde d’azote - NO2, ozone - O3, particules - PM10 et PM2,5) et les admissions hospitalières pour causes respiratoires et cardio-vasculaires, dans 8 agglomérations françaises (Bordeaux, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rouen et Toulouse).

Les données de morbidité ont été obtenues par extraction à partir de la base du Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) des établissements hospitaliers publics, participant au service public ou de statut privé. Les indicateurs journaliers d’exposition à la pollution atmosphérique - NO2, O3, PM10 et PM2,5 - ont été construits à partir des concentrations mesurées sur chaque zone d’étude par les stations urbaines et périurbaines des Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air. Pour chaque motif d’admission à l’hôpital étudié, les risques ont été estimés en prenant en compte l’exposition du jour de l’événement et de la veille (exposition 0-1 jours). Pour chaque relation exposition/risque, une analyse combinée des résultats obtenus localement a permis d’estimer un risque relatif combiné. Nous avons pu observer des relations significatives entre les niveaux de pollution particulaire (PM10, PM2,5) et de NO2 et le nombre journalier d'hospitalisations pour causes cardiovasculaires. Ces relations sont plus importantes pour les 65 ans et plus. Elles sont également plus élevées pour les causes cardiaques, en particulier les cardiopathies ischémiques, alors qu'elles ne sont pas significatives pour les maladies cérébrovasculaires.

Concernant les admissions hospitalières pour causes respiratoires, les excès de risque relatif associés à une augmentation des niveaux de NO2, PM10 et PM2,5 sont hétérogènes entre les zones d’études. Pour ces trois indicateurs de pollution, les excès de risque combiné sur les 8 villes sont positifs mais non significatifs. Les niveaux d’ozone sont significativement associés au risque relatif d’admission à l’hôpital pour causes respiratoires chez les personnes âgées de 65 ans et plus uniquement.

Cette étude a été réalisée suivant une méthodologie standardisée dans les huit pôles participants à la fois en termes de recueil des données, de construction des indicateurs et d’analyses statistiques. Cependant, le PMSI, qui demeure avant tout un système d’information à but médico-économique, représente la limite principale de cette é tude. En effet, les données qu’il contient ne permettent pas de faire la distinction entre les admissions programmées et les admissions en urgence. De plus, la non-conservation dans certains établissements de santé des données au delà de trois années a conduit dans certaines agglomérations à raccourcir la période d’étude.

Ainsi, le manque de spécificité de certains indicateurs sanitaires (notamment respiratoires) et le faible effectif des hospitalisations prises en compte peuvent expliquer les larges intervalles de confiance entourant les estimations des excès de risque relatif observés.

Les résultats obtenus ici semblent robustes et valides pour ce qui concerne les hospitalisations pour maladies de l’appareil cardiovasculaire. Pour ce qui concerne les hospitalisations pour causes respiratoires, le manque de spécificité de l’indicateur sanitaire utilisé et le manque de puissance des analyses expliquent certainement les incertitudes qui entourent les résultats obtenus. Dans ce contexte, la possibilité de construire des indicateurs plus spécifiques (distinction des admissions après passage par un service d’urgence des autres admissions) grâce aux modifications survenues au sein du PMSI offre des perspectives intéressantes. L’allongement de la durée de conservation des données du PMSI représenterait également un atout pour ce type d’étude.


This study is part of the French air pollution and health surveillance program. It aims at analyzing the short-term links between four air pollution indicators (NO2, O3, PM10 and PM2,5) and hospital admissions in eight French metropolitan areas (Bordeaux, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rouen et Toulouse).

Morbidity data were extracted from the French hospital information system (PMSI). Daily air pollution exposure indicators were constructed based on the values recorded by the background stations of the local air pollution monitoring networks. For each cause of hospital admission, relative risks were estimated taking into account exposure on the day of the event and on the day before (lag 0-1 days). For each exposureresponse relationship, a combined analysis of local results was conducted, in order to estimate a combined relative risk.

We found significant links between the levels of particulate air pollution (PM10, PM2,5) and NO2, and the number of hospital admissions for cardio-vascular causes. These relationships were stronger among the elderly (65 years old and more). They were also stronger when only hospital admissions for cardiac causes or ischemic heart diseases were taken into account. However, no significant link was observed between hospital admissions for cerebrovascular diseases and air pollution indicators.

Concerning hospital admissions for respiratory causes, there was a large heterogeneity among metropolitan areas in the relative risks estimates for NO2, PM10 and PM2,5. For these three air pollution indicators, the combined relative risks were positive however non-significant. Ozone levels were significantly associated with the relative risk of hospital admission for respiratory causes in the elderly.

In this study, standardized methodologies were applied for data collection, indicators construction and statistical analysis in the eight participating metropolitan areas. However, the characteristics of the PMSI represent the main limit of this study. Data included in the PMSI, primarily collected for medico-economic purposes, do not allow distinguishing between scheduled and emergency hospital admissions. What is more, in some hospitals, PMSI data are not kept for longer than three years, which induced shortening of the study period in some areas. Hence, a lack of specificity of some of the morbidity indicators, together with the small number of hospital admissions observed in some cities, may explain the large confidence intervals surrounding some of the relative risks estimates.

The results obtained in this study concerning hospital admissions for cardio-vascular diseases seem robust and valid. Concerning hospital admissions for respiratory causes, the lack of specificity of the morbidity indicator, together with the lack of statistical power of the analysis, are certainly responsible for the uncertainties surrounding the results. In this context, the recent modifications of the PMSI, that should now allow distinguishing between scheduled and emergency hospital admissions, may offer interesting perspectives. Lengthening of the period during which PMSI data are kept in the hospitals would also be helpful for epidemiological studies such as this one.

 

 

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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 15 novembre 2006

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