Évaluation de l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique urbaine

Agglomération de Bordeaux
Impact à court et long terme


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Une évaluation de l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique urbaine a été réalisée dans l’agglomération de Bordeaux. Les indicateurs de pollution retenus étaient l’ozone (O3), le dioxyde d’azote (NO2) et les particules fines (PM10). L’impact sanitaire a été évalué à court terme en estimant le nombre de décès anticipés (hors morts violentes et accidentelles) et d’admissions hospitalières (pour motifs cardiovasculaire et respiratoire) attribuables à la pollution et, à long terme, en estimant le nombre de décès annuels attribuables à l’exposition chronique à la pollution. La zone d’étude était constituée de 22 communes représentant un total de 604 238 habitants. En 2001, le nombre total de décès anticipés attribuables à la pollution atmosphérique dans l’agglomération de Bordeaux s’élevait à 56, dont la moitié par mortalité cardio-vasculaire et 7 par mortalité respiratoire. Concernant la morbidité, 29 personnes de plus de 15 ans, dont près de deux tiers âgées de 65 ans et plus, ont été hospitalisées pour une pathologie respiratoire attribuable à la pollution atmosphérique au cours de l’année 2002. De même, 81 hospitalisations pour motif cardio-vasculaire survenues en 2002 étaient attribuables à la pollution atmosphérique, dont 27 pour motif cardiaque. Une réduction de 25 % des concentrations en polluants aurait permis d’éviter environ la moitié de ces décès et hospitalisations. L’impact sanitaire à long terme a été estimé pour les PM10 et a montré que, chaque année, près de 200 décès anticipés étaient attribuables à une exposition chronique à ce polluant ; une réduction de 25 % des PM10 permettait d’éviter la moitié de ces décès. Même s’ils doivent être interprétés avec précautions, ces résultats montrent que la pollution atmosphérique urbaine semble avoir un impact important sur la santé dans l’agglomération de Bordeaux, où les valeurs limites sont pourtant respectées la plupart du temps. De plus, les scénarios de réduction montrent qu’une action est possible et que les mesures les plus efficaces seraient celles qui visent à réduire au quotidien les concentrations en polluants. Il est donc important de sensibiliser la population et les industriels sur la nécessité d’agir de manière préventive et non pas uniquement lors des épisodes de pollution.


A health impact assessment of air pollution based on the InVS guidelines has been conducted in Bordeaux area. Atmospheric pollution indicators analyzed were ozone, nitrogen dioxide and particles having diameter below 10 µm. Shortterm impact of atmospheric pollution has been estimated in term of mortality (total, cardiovascular and respiratory mortality) and hospital admissions (for respiratory, cardiovascular and cardiac reasons) attributable to air pollution. Long-term impact was also assessed by the number of deaths due to atmospheric pollution. The study has been carried out in 22 cities homogeneously exposed belonging to Bordeaux agglomeration, representing a study population of 604,238 inhabitants. In 2001, the atmospheric pollution has directly been responsible in the studied area of 56 anticipated deaths, including half for cardiovascular reasons and 7 for respiratory reasons. Regarding morbidity, 29 hospital admissions for respiratory disease were attributable to air pollution in 2002, including two-thirds among elderly people (aged 65 years and over). Further more, 81 hospitalizations for cardiovascular diseases that occurred in 2002 were attributable to air pollution, including 27 for cardiac reasons. A decrease by 25% of the pollutants could have allowed avoiding about half of the premature deaths and hospital intakes attributable to air pollution. Concerning long term effects, about 200 annual deaths are attributable to chronic exposure to air pollution, and a decrease by 5µg/m3 of the annual mean of PM10 could allow avoiding half oh these deaths. The results have to be interpreted with care because of the limits of the HIA method. However, they show that air pollution has a non negligible impact even in a city like Bordeaux where target values are mostly respected. They also show that reducing air pollution can have a significant impact in term of mortality and morbidity. However, a policy of atmospheric pollution reduction only based on not exceeding the standard levels would not have the expected benefits on the public health point of view, and to decrease at the source the every day pollutants emission would be more efficient.

 

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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 29 juin 2006

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