Conduite à tenir : diagnostic, investigation, surveillance, et principes de prévention et de maîtrise des infections à Clostridium difficileRéseau d’alerte, d’investigation et de surveillance des infections nosocomiales (Raisin)
Clostridium difficile est une bactérie responsable de 15 à 25 % des diarrhées post-antibiotiques. C’est la première cause de diarrhées infectieuses nosocomiales chez l’adulte. En France, les infections à C. difficile (ICD) sont un problème de santé publique encore mal estimé et cette bactérie n’est pas recherchée systématiquement lors d’épisodes de diarrhée nosocomiale. Depuis 2003, une souche particulière de C. difficile, dite 027, est responsable d’infections sévères et épidémiques. Cette souche a d’abord été détectée au Canada et aux Etats-Unis, puis en Grande-Bretagne, en Belgique et aux Pays-Bas. En France, la souche 027 avait déjà été isolée de manière ponctuelle dans quelques hôpitaux mais n’avait jamais été responsable d’épidémie jusqu’en mars 2006. L’Institut de Veille Sanitaire (InVS) recevait alors un signalement de cas groupés d’ICD d’un hôpital du Nord, caractérisé après expertise comme lié à une souche 027 (point InVS du 04/05/2006). Cet épisodes est maintenant contrôlé mais prouve que la souche 027 circule en France : la survenue d’autres épisodes de même nature est probable. Pour les contrôler précocement, un renforcement de la vigilance des établissements de santé est nécessaire, notamment dans le Nord de la France, région limitrophe de deux des trois pays européens déjà concernés. Il s’organise en France dans le cadre du Réseau d’alerte, d’investigation et de surveillance des infections nosocomiales (Raisin), partenariat entre l’InVS et les Centres de coordination de la lutte contre les infections nosocomiales (CClin). A l’initiative de l’InVS, le Raisin a rédigé début 2006 un guide sur la conduite à tenir pour le diagnostic, l’investigation, la surveillance et les principes de prévention et de maîtrise des infections à C. difficile. Ce guide recommande d’investiguer tout cas de diarrhée nosocomiale à la recherche de C. difficile en l’absence d’une autre étiologie évidente. Si l’ICD est confirmée et correspond à une forme sévère ou survient dans un contexte épidémique, l’établissement de santé doit signaler l’épisode au CClin et à la Ddass (décret du 26/07/2001), promouvoir la culture des selles pour caractérisation des souches isolées par un laboratoire expert, mettre en place des mesures de contrôle adaptées et instituer une surveillance des ICD pour évaluer l’efficacité de ces mesures. L’analyse de la littérature internationale et des recommandations disponibles dans d’autres pays indique que la prévention des ICD repose d’abord sur une politique de bon usage des antibiotiques. Celle de leur transmission croisée repose sur un diagnostic rapide pour mettre en place précocement des mesures de contrôle. Pour les patients symptomatiques, ces mesures s’appuient sur l’application des précautions contact (isolement géographique des patients, renforcement de l’hygiène des mains, usage de gants et de surblouses, utilisation de matériel dédié) et un bionettoyage soigneux. Ce guide est mis en consultation publique sur le site de l’InVS, afin que les établissements de santé disposent dès à présent d’une synthèse des connaissances sur ces infections. Les commentaires sont à envoyer par courriel, pour le 30 juin 2006 au plus tard, à l’adresse suivante : raisin@invs.sante.fr. Une fois cette consultation achevée, une version amendée du guide sera soumise pour validation au Comité technique des infections nosocomiales et des infections liées aux soins (CTINILS) sous l’égide du Conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHPF).
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