Investigation de cas groupés de folliculites à Pseudomonas aeruginosa dans un hôtel de la Corse-du-Sud. Novembre 2004.


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Les épidémies communautaires de folliculites à Pseudomonas aeruginosa sont rares. Fin novembre 2004, des cas groupés de folliculites sont survenus chez des personnes ayant fréquenté un hôtel de la Corse-du-Sud. Le prélèvement cutané chez un client était positif pour Pseudomonas aeruginosa . Une investigation épidémiologique et environnementale a été menée par la Direction de la santé et de la solidarité (DSS) de Corse et de la Corse-du-Sud et la Cellule interrégionale d’épidémiologie (Cire) Sud. Une étude de cohorte rétrospective a été initiée. Un cas a été défini comme toute personne ayant fréquenté l’hôtel du 7 au 16 novembre 2004 à midi et ayant présenté une éruption cutanée jusqu’à 4 jours après son départ. Les clients de l’hôtel ont été interrogés téléphoniquement par questionnaire standardisé. Sur 59 personnes incluses dans la cohorte, 16 personnes répondaient à la définition de cas (TA 27 %) avec une date de début des signes s’étendant du 13 au 17 novembre. Ces clients étaient arrivés majoritairement les 11 et 12 novembre. L’âge médian des cas était de 34,5 ans et le sexe ratio H/F de 0,6. Les personnes de moins de 34,5 ans avaient un risque 2,7 [1,2-5,9] fois plus élevé de développer une folliculite que celles plus âgées. Le TA chez les personnes exposées au spa (appelé aussi jacuzzi ou bains bouillonnants) étant de 44 % versus 0 % chez les personnes non exposées (RR non calculable, p<0,0002). Le RR chez les personnes exposées au sauna et au hammam était respectivement de 3,4 [1,4-8,6] et de 3,1 [1,2-8,5]. L’analyse stratifiée sur les journées d’exposition au spa montrait un RR maximum le 13 novembre (RR=12 [3-47]). L’analyse multivariée retenait comme seul facteur de risque la durée totale d’exposition au spa (RR=42 [4,7-387]) pour une durée totale de plus de 30 minutes versus moins de 11 minutes). L’investigation environnementale a permis de déterminer que l’eau du réseau public de distribution était conforme bactériologiquement alors que les résultats montraient une eau de qualité dégradée pour la piscine et le spa. Ces résultats confirment la survenue d’une épidémie de cas de folliculites à Pseudomonas aeruginosa liée à l’utilisation du spa. Cette contamination est probablement à rattacher à la présence du 7 au 14 novembre d’une personne porteuse d’une folliculite ayant utilisé le spa, associée à une forte fréquentation de cette installation par les clients de l’hôtel et à un entretien insuffisant. Les recommandations ont été de limiter le nombre de baigneurs et la durée du bain, d’entretenir quotidiennement cet équipement, de mettre en place un carnet sanitaire et d’interdire l’accès aux baigneurs présentant une dermatose.


Community outbreaks of folliculitis caused by Pseudomonas aeruginosa do not occur frequently. Late November 2004, clusters of folliculitis cases were notified to local health authorities, among hotel customers who had stayed in one resort in Corsica, France. Pseudomonas aeruginosa was cultured from a patient presenting with a pustular skin rash. The “Direction de la solidarité et de la santé” (DSS) of Corse and the “Cellule interrégionale d’épidémiologie” (Cire) jointly started an epidemiological and environmental investigation. A retrospective cohort study was undertaken. A case was defined as any customer who stayed at the hotel between Sunday 7 and Tuesday 16 November 2004, and who developed an erythematous skin rash until 4 days after leaving the hotel. Each customer was interviewed by telephone using a standardized questionnaire. Among the 59 customers included in the cohort, 16 met the case definition (attack rate 27%). The date of onset of symptoms ranged from the 13th to the 17th November. Most of the customers arrived at the hotel the 11th and the 12th November. The median age of the cases was 34.5 years [21-64], and the sex ratio was 0.6. persons aged less than 34.5 years were 2.7 times more at risk (confidence interval 95% - CI95% [1.2-5.9]) of developing a folliculitis than those older. Attack rate among persons exposed to the spa was 44% compared with 0% among those non-exposed (relative risk not calculable, p<0.0002). The relative risk (RR) among persons exposed to the use of the sauna and the Hammam were respectively of 3.4; CI95% [1.4-8.6] and 3.1 CI95% [1.2–8.5]. Stratified analysis according to the days of exposure to the spa showed a maximum relative risk on November 13 (RR: 12; CI95% [3-47]). The total duration of exposure to the spa (30 minutes versus less than 11 minutes) was the only remaining risk factor (RR: 42; CI95% [4.7-387] after conducting a multivariate analysis. The environmental investigation confirmed acceptable results for the bacteriological analyses of the water from the public distribution system, whereas the water of both the swimming pool and the spa was found of poor quality. The above findings confirm that this outbreak of folliculitis, linked to Pseudomonas aeruginosa , was related to the use of the spa. The equipment was probably contaminated by a customer having a folliculitis who used the spa between the 7 th and 14th of November, combined with a very high number of users and a lack of proper daily cleaning. The recommendations were to limit the number of users and the time spent in the bath, to daily maintain the equipment, to use of a sanitary logbook, and to strictly refuse the access to users presenting with a dermatitis.

 

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Mise en ligne le 3 juillet 2006

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