Étude d’imprégnation par les dioxines des populations vivant à proximité d’usines d’incinération d’ordures ménagères



La France possède le parc d'usines d’incinération d’ordures ménagères (UIOM) le plus important d’Europe. Leur nombre a été divisé environ par trois depuis 1998 et cette réduction s’est accompagnée de la mise en conformité d'installations existantes, de la fermeture d'un grand nombre d'installations anciennes et de la construction d'installations neuves. Les rejets des UIOM en France ont ainsi beaucoup diminué depuis 1998.

Toutefois, des questions ont été posées par les populations riveraines de ces installations à propos de leur impact sur la santé. Ces interrogations sont liées, d’une part, à la persistance de certains composés chimiques émis dans l'environnement, notamment les dioxines, certains métaux et, d’autre part, à la présence ponctuellement constatée de ces substances à des teneurs élevées dans des aliments tels que le lait de vache produit à proximité d’incinérateurs ayant émis beaucoup de dioxines.

En raison des niveaux d’émissions élevés pour certains sites, la question s’est posée de savoir si les riverains des UIOM étaient réellement plus exposés aux dioxines. Des études réalisées à l’étranger ont estimé, à l’aide d’indicateurs biologiques, l’imprégnation par les dioxines de ces riverains, imprégnation qui traduit l’exposition au niveau de l’organisme. Les résultats ont conclu que résider autour d'UIOM avait peu d’influence sur les concentrations sériques1 de dioxines des riverains (Evans 2000, Schumacher 1999, Deml 1996, Gonzalez 1998).

Néanmoins, ces travaux ne prenaient en compte ni la zone de retombée du panache de l’incinérateur, ni la voie principale d’exposition connue pour les dioxines, à savoir la consommation alimentaire. Deux études ont pris en compte la consommation alimentaire locale de riverains d’UIOM ayant de fortes émissions de dioxines : a) une étude taïwanaise (Chen 2006) qui a montré une imprégnation de dioxines un peu supérieure chez les riverains d’incinérateurs consommant des produits locaux et une imprégnation moindre chez les végétariens et b) une étude belge (Fierens 2003) qui a montré que la consommation de graisses animales provenant de produits d’origine locale (viande, oeufs ou produits laitiers obtenus sous les retombées du panache de l’incinérateur), était associée à une augmentation des concentrations sériques de dioxines des riverains.

En 2004, l’Institut de veille sanitaire (InVS) a lancé en collaboration avec l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) une étude nationale, financée dans le cadre du Plan Cancer pour répondre à la question suivante : les populations vivant autour des usines d’incinération d’ordures ménagères sont-elles plus imprégnées par les dioxines que celles qui en sont éloignées ? Et si oui, pourquoi ?

Les objectifs de l'étude sont de pouvoir :

• estimer l’imprégnation par les dioxines des populations vivant à proximité d’une usine d’incinération d’ordures ménagères (UIOM), et la comparer à une population non exposée qui ne résidait pas à proximité d’un incinérateur ;

• identifier les facteurs influençant cette imprégnation au sein de populations résidant à proximité d’une UIOM.

Une particularité importante de cette étude est de chercher à mieux connaître le rôle des comportements alimentaires sur l’imprégnation par les dioxines et notamment l’influence de la consommation de produits locaux. Il s’agit d’une étude d’imprégnation, laquelle n’a pas pour objectif d’étudier l’impact des dioxines sur la santé, ce qui nécessiterait d’autres méthodes.

À ce jour, les seules données françaises disponibles d’imprégnation par les dioxines de la population générale sont celles de teneurs dans le lait maternel mesurées en 1998 (InVS 2000). En complément de l’objectif cité, cette étude va fournir les premières données sur les niveaux de dioxines mesurées dans le sérum dans la population générale française, à travers les niveaux observés dans la population non exposée à l’incinérateur. Cette étude se distingue de toutes les autres études internationales sur le sujet, par son ampleur et la spécificité de son approche alimentaire très détaillée.

 

Synthèse des résultats - Novembre 2006 (20 pages)

65 questions-réponses sur les incinérateurs et les dioxines (28 pages)

 

 

 

 

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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 29 novembre 2006

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