Usine d’incinération d’ordures ménagères de Gilly-sur-Isère (Savoie).

Etude rétrospective d’incidence des cancers.

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L’étude rétrospective d’incidence des cancers autour de l’usine d’incinération d’ordures ménagères de Gilly-sur-Isère, décidée dans un contexte de crise lors de sa fermeture fin 2001, avait pour objectif de déterminer s’il existait un excès de cancers autour de l’installation. Elle a consisté à recenser de la manière la plus exhaustive possible les cancers survenus entre 1994 et 2002 dans la population exposée aux retombées atmosphériques de l’incinérateur (zone d'étude de 30 communes, soit 48 000 habitants environ), afin de comparer l’incidence observée à celle établie par les registres des cancers français.

Le recueil des données médicales a été réalisé auprès de multiples sources d’information : laboratoires d’anatomo-cyto-pathologie et d’hématologie, départements d’information médicale et services spécialisés des hôpitaux et cliniques, caisses primaires d’assurance maladie, médecins libéraux, registres des cancers spécialisés. Des données administratives ont également été recueillies auprès des bureaux des entrées des établissements de soin et auprès de la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés. La majorité des cancers identifiés via ces sources d'information ont dû être validés par consultation du dossier médical. Un total de 2 055 cas de cancers a été recensé. Les indicateurs d'exhaustivité et de validité calculés (nombre de sources par cas, taux de confirmation histologique…) montraient que la qualité du recensement s'apparentait à celle des registres. Ainsi, les taux d'incidence des cancers sur la zone d'étude ont pu être comparés aux taux d'incidence moyens sur 7 départements couverts par un registre général des cancers et disposant de données jusqu'en 2001, en calculant des ratios d'incidence standardisés (SIR) pour chaque localisation cancéreuse. Il n'était pas observé d'excès de cas significatif ni pour l'ensemble des cancers, ni pour les localisations le plus souvent associées aux incinérateurs ou aux dioxines (lymphomes malins non hodgkiniens, sarcomes des tissus mous, leucémies). Ce résultat n'était pas en faveur de l'hypothèse d'un effet de l'incinérateur sur l'incidence des cancers dans cette zone. L'analyse des données sur une sous-zone plus exposée ne modifiait pas cette conclusion.

Les résultats obtenus étaient cohérents avec les résultats des autres études locales menées autour de l'installation : étude de mortalité par cancer, évaluation quantitative des risques sanitaires, étude d'imprégnation en dioxines dans le lait maternel. Il n'apparaissait donc pas justifié de mettre en place une étude épidémiologique analytique pour tester l'hypothèse d'un lien de causalité entre l’incinérateur et la survenue de cancers. En revanche, les études nationales multicentriques sur l'exposition aux dioxines et l'incidence des cancers autour des incinérateurs pourront aider à l'interprétation des études locales.


The retrospective cancer incidence study carried out around the municipal solid waste incinerator of Gilly-sur-Isère was ordered in a context of crisis during its closing in the late 2001. Its purpose was to determine whether or not there was an exceeding number of cancers around the incinerator. This study consisted in counting as exhaustively as possible the cancers that occurred between 1994 and 2002 in the study area, which was exposed to the atmospheric fallouts from the incinerator (30 districts, 48000 inhabitants). Thus, it was planned to compare the observed cancer incidence to the French cancer registries’. The collection of medical data was carried out thanks to multiple sources of information: pathology and hematology laboratories, hospitals and clinics medical informatics departments, clinical services, health insurance funds, liberal practitioners or specialised cancer registries.

Administrative data were also collected from hospital admission desks and the national health insurance fund for salaried workers. Most of the identified cancers turned out to need a validation by consulting medical folders. Finally, 2055 cancer cases have been counted. Indicators of completeness and validity (number of sources per case, percentage of histologically verified cases…) showed that the cancers census quality was slightly the same as the registries’. Thus, the cancer incidence rates in the study area could be compared to the average cancer incidence rates in 7 departments – covered by a general cancer registry with data updated to 2001 – by calculating standardised incidence ratios (SIR) for each site of cancer. No statistically significant excess of cases was observed: neither for all sites of cancer nor for the sites of cancer mostly associated with incinerators or dioxins (non-Hodgkin lymphoma, soft-tissue sarcoma, leukaemia). That result did not sustain the hypothesis that the incinerator had an effect on cancer incidence in this area. Data analysis in a more exposed sub-zone did not change this conclusion.

Those results were coherent with those found in the other local studies carried out near the incinerator: cancer mortality study, health risk assessment and dioxin in breast milk study. As a consequence, there seemed to be no justification for setting up an analytical epidemiological study to test the hypothesis of a causal link between the incinerator and cancer outbreaks. On the other hand, national multicentric studies on dioxin exposure and cancer incidence near incinerators will be able to help interpret local studies.

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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 6 décembre 2006

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