![]() |
Une épidémie de syndromes des bâtiments malsains parmi le personnel de la mairie de Villejuif (2004-2005)Rapport d'investigation |
De février à avril 2004, plusieurs épisodes collectifs de manifestations irritatives des muqueuses et de la peau sont survenus parmi le personnel de la mairie de Villejuif. Début 2005, le phénomène s'est reproduit et a conduit, comme en 2004, à une é vacuation d'une partie des locaux. Dans ce contexte et à la demande de la mairie, des investigations é pidémiologiques et environnementales ont été mises en place.
Un cas a été défini comme tout personnel de la mairie rapportant au moins un symptôme irritatif durant la période d’étude (du 1er janvier 2004 au 17 mars 2005) et l'attribuant à son activité professionnelle. Un questionnaire standardisé a été administré en face à face aux cas ayant accepté de participer à l’étude. Les données concernant le sexe, l’âge, le service et le bâtiment de travail ont été recueillies pour l’ensemble du personnel. Une analyse descriptive des cas et une étude de cohorte rétrospective ont été réalisées ; les données ont été traitées sur le logiciel Epi-info version 3.3.
Des entretiens ont été réalisés auprès des médecins et des pharmaciens du secteur afin de détecter l'existence é ventuelle de cas dans la population générale. Des investigations métrologiques sur la qualité de l’air extérieur à proximité des bâtiments municipaux ont été réalisées ; des prélèvements de sols et d'eau souterraine effectués au niveau d'un chantier proche ont été analysés et les entreprises proches de la mairie ont été inspectées.
Des mesures de composés organiques volatils, d'aldéhydes et de cétones ont été réalisées à l'intérieur des bâtiments municipaux.
Soixante-dix personnes ont été interrogées. Le taux d'attaque était de 17 % en 2004 et de 30 % en 2005 ; les femmes étaient 1,7 fois plus touchées que les hommes. En 2004 comme en 2005, les symptômes ressentis étaient des signes d’irritation et de sécheresse des muqueuses, des signes cutanés et des signes généraux (fatigue, maux de tête…). Aucun phénomène similaire n'est survenu à la même période dans la population générale.
Il n'a pas été mis en évidence de source ni de pollution extérieure inhabituelles.
Les analyses de la qualité de l'air intérieur ont montré une ventilation insuffisante et des niveaux d’humidité faibles. Elles n'ont pas mis en évidence de concentrations anormales de polluants.
Les événements ressentis par le personnel sont bénins, et en tous points similaires à ceux décrits dans la littérature scientifique sous le nom de syndrome des bâtiments malsains. Les facteurs habituellement associés à ce syndrome et qui ont é té retrouvés dans les locaux municipaux de Villejuif sont une ventilation insuffisante, une humidité faible et des conditions de travail difficiles, liées à l'accueil de personnes en difficultés et à un agencement des bureaux inadapté.
From February to April 2004, several collective episodes of skin and mucous irritation symptoms were observed among workers at the Villejuif City Hall. At the beginning of 2005, a new outbreak occurred and conducted to partly close the buildings. Epidemiological and environmental investigations were carried on upon City authority request. A descriptive analysis was performed through standardised questionnaires and risk factors such as sex, age, place of work were searched in a retrospective cohort survey. The local general practitioners and pharmacists were interviewed to check for similar symptoms in the general population. Indoor and outdoor air, as well as underground water and soil samplings, inside and in the surroundings of the city hall buildings, were analysed. Local activities were inspected for potential sources.
Seventy people were interviewed. The attack rate was 17% in 2004 and 30% in 2005. For both years, the perceived symptoms were mucous irritation and dryness, skin rashes, and general symptoms (headache, tiredness…). Women were 1.7 times more affected than men. Similar symptoms were not observed in the general population at the same period. Unusual outdoor pollution sources were not found and indoor air investigation showed no air pollutants excessive concentrations but insufficient ventilation and low humidity levels.
The symptoms perceived among the workers were benign and quite similar to those described in the literature as Sick Building Syndrome (SBS). Insufficient ventilation, low humidity levels and inadequate working conditions identified in the survey are also in accordance with those described in the literature.
Télécharger
Acrobat Reader
Page
précédente
Institut
de veille sanitaire |
CONTACTS |