Surveillance des bactéries multirésistantes dans les établissements
de santé en France
Réseau BMR-Raisin
Résultats 2004
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Un protocole national BMR-Raisin permet depuis 2002
aux cinq C.CLIN de générer à travers leurs réseaux
des données standardisées sur les deux types de bactéries
multirésistantes qui font l’objet du programme national
de prévention, Staphylococcus aureus résistant à la
méticilline (SARM) et entérobactéries productrices
de ß-lactamases à spectre étendu (EBLSE). Les indicateurs
retenus sont le taux d’incidence pour 1000 journées d’hospitalisations
(JH) (indicateur principal) et, en court séjour, le taux d’attaque
pour 100 hospitalisations (indicateur secondaire) des souches isolées
des prélèvements à visée diagnostique. Les
données générées par les C.CLIN sont regroupées
au niveau national.
En 2004, 527 établissements de soins (dont 10% CHU, 42% centres
hospitaliers publics, 7% PSPH, 16% établissements privés
MCO) ont participé à la surveillance. Ces établissements
regroupaient près de 187.558 lits, soit 1/3 du total des lits
en France et 1/10 des lits privés.
La densité d’incidence pour 1000 JH était globalement
de 0,62 pour SARM et de 0,15 pour EBLSE.
La densité d’incidence pour 1000 JH des SARM était
assez homogène selon les inter-régions (médiane
0,62, extrêmes 0,45-0,74), en particulier en cours séjour
(valeur globale 0,77, médiane 0,79, extrêmes 0,63-0,85)
et en réanimation (valeur globale 2,26, médiane 2,28, extrêmes
1,78-2,93). La densité globale était de 0,39 en SSR-SLD.
Les cas de SARM se distribuaient (a) selon le type de service en : 39
% médecine, 18 % chirurgie, 10 % réanimation et 25 % SSR-SLD
et (b) selon le type de prélèvement en : 8 % hémocultures,
8 % séreuses et pus profond, 17 % prélèvements respiratoires
et 18 % urines.
La densité d’incidence pour 1000 JH des EBLSE variait beaucoup
selon l’inter-région (extrêmes 0,04-0,26) et était
deux fois plus élevée en court séjour (0,18) qu’en
SSR-SLD (0,10). Les cas d’EBLSE se distribuaient (a) selon le service
en : 33 % médecine, 17 % chirurgie, 14 % réanimation et
29 % SSR-SLD et (b) selon le type de prélèvement en : 5
% hémocultures, 5 % séreuses et pus profond, 13 % prélèvements
respiratoires et 62 % urines.
Par extrapolation, en se basant sur ces données et le nombre
de JH en France, le nombre de cas de SARM isolés de prélèvement à visée
diagnostique dans les établissements de soins français
peut être estimé entre 62.000 et 68.000 par an dont environ
5.000 bactériémies.
Les tendances évolutives 2002-2004 ont été les suivantes
:
- augmentation globale de 10 % de la couverture de la surveillance en
terme de nombre d’établissements de soins.
- stabilité de la densité d’incidence globale des
SARM mais tendance à la baisse en réanimation (-10 %) et
globalement dans certaines interregions (Est, Sud-Est et Paris-Nord).
- stabilité de la densité d’incidence globale des
EBLSE mais tendance à l’augmentation dans l’interrégion
Paris-Nord (AP-HP) et doublement de la densité d’incidence
des Escherichia coli BLSE.
In France, since the mid 90, control of multi-drug
resistant bacteria (MDR) patient-to-patient cross-transmission is part
of the national nosocomial infection control program. Since 2002, Staphylococcus
aureus resistant to meticillin (MRSA) and extended-spectrum beta-lactamase-producing
enterobacteriaceae (ESBLE) are the targets of the French national MDR
surveillance coordinated by the “Alert, investigation and surveillance
of nosocomial infection network” (Raisin).
MDR multicenter incidence survey is conducted each year during a period
of three months in all French volunteer care facilities laboratories.
Duplicates isolates, i.e. a same strain isolated from the same patient
during the study period are excluded. Prospectively collected data are
transmitted by each laboratory to the coordinating center for infection
control of the corresponding area. Data are subsequently agregated at
the national level and analyzed to describe distribution of cases and
to calculate incidence density per 1,000 patient-days (pds).
In 2003, 527 care facilities, including mainly teaching hospitals (10
%), public hospitals (42 %), and private care facilities (16 %) participated
in the surveillance. The total number of beds (187,558) accounted for
one third of all hospital beds and 10% of private care facilities beds
in the country. The global incidence density (ID) per 1,000 pds was 0.62
for MRSA and 0.15 for ESBLE.
For MRSA, ID did not differ much according to the geographic area (median:
0.62 [min-max]: [0.45-0.74] including in acute care (0.79 [0.63-0.85]) and
in intensive care (2.28 [1.78-2.93]). ID was 0.39 in reabilitation and long
term care facilities (SSR-SLD). Distribution of MRSA cases was as follows (a)
: 39% in medicine, 18% in surgery, 10% in intensive care, and 25% in SSR-SLD,
and (b) : 8% in bloodculture, 8% in serous fluids and deep infection, 17% in
respiratory sample and 18% in urinary sample.
ID of ESBLE ranged between 0.04 and 0.26 according to area and was twice higher
in acute care (0.18) than in SSR-SLD (0.10). Distribution of ESBLSE cases was
as follows (a) : 33% in medicine, 17% in surgery, 14% in intensive care and
29% in SSR-SLD and (b) : 5% in bloodculture, 5% in serous fluids and deep infection,
13% in respiratory sample, and 62% in urinary sample.
According to these results, the estimated number of nationwide MRSA
cases isolated from clinical specimens in care facilities could be estimated
between 62,000 and 68,000, including around 5,000 bloodstream infections.
Between 2002 and 2004, the trends were as follows:
- A 10 % increase in the number of care facilities participating in the surveillance.
- A global stability of MRSA incidence but a 10 % decrease in intensive care
and a slight decrease in some French areas (East, South East and North).
- A global stability of ESBL incidence but a slight increase in North area
(Assistance Publique –Hôpitaux de Paris network) and a 2 fold increase
of incidence of ESBL-producing Escherichia coli.
Pour en savoir plus :
Dossier "Raisin" |