Un protocole national de la surveillance des bactéries multirésistantes (BMR-Raisin) permet depuis 2002 aux cinq CClin (Centres de coordination et de lutte contre les infections nosocomiales) de générer à travers leurs réseaux des données standardisées sur les deux types de bactéries multirésistantes qui font l’objet du programme national de prévention, Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) et entérobactéries productrices de ß -lactamases à spectre étendu (EBLSE). Les indicateurs retenus sont le taux d’incidence pour 1 000 journées d’hospitalisations (JH) (indicateur principal) et, en court séjour, le taux d’attaque pour 100 hospitalisations (indicateur secondaire). La surveillance prend en compte les souches isolées des prélèvements à visée diagnostique. Les données générées par les CClin sont regroupées au niveau national. En 2003, 488 établissements de soins (dont 11% CHU, 39 % centres hospitaliers publics, 8% PSPH, 18 % établissements privés MCO) ont participé à la surveillance. Ces établissements regroupaient près de 160 000 lits, soit 1/3 du total des lits en France et 1/10 des lits privés. La densité d’incidence pour 1 000 JH était globalement de 0,68 pour SARM et de 0,14 pour EBLSE. La densité d’incidence pour 1 000 JH des SARM était assez homogène selon les interrégions (médiane 0,67, extrêmes 0,41-0,87), en particulier en court séjour (valeur globale 0,85, médiane 0,84, extrêmes 0,54-1,08) et en réanimation (valeur globale 2,34, médiane 2,10, extrêmes 1,37-2,99). La densité globale était de 0,40 en SSR-SLD. Les cas de SARM se distribuaient (a) selon le type de service en : 39 % médecine, 19 % chirurgie, 11% réanimation et 23 % SSR-SLD et (b) selon le type de prélèvement en : 8% hémocultures, 8% séreuses et pus profond, 18 % prélèvements respiratoires et 19 % urines. La densité d’incidence pour 1 000 JH des EBLSE variait beaucoup selon l’interrégion (extrêmes 0,03- 0,24) et était deux fois plus élevée en court séjour (0,18) qu’en SSR-SLD (0,09). Les cas d’EBLSE se distribuaient (a) selon le service en : 36 % médecine, 16 % chirurgie, 15 % réanimation et 24 % SSRSLD et (b) selon le type de prélèvement en : 5% hémocultures, 5% séreuses et pus profond, 14% prélèvements respiratoires et 61 % urines. Par extrapolation, en se basant sur ces données et le nombre de JH en France, le nombre de cas de SARM isolés de prélèvement à visée diagnostique peut être estimé de l’ordre de 68 000 par an en France en 2003 dont 5 000 bactériémies. La densité d’incidence globale des SARM et des EBLSE n’a pas diminué entre 2002, première année de surveillance BMR-Raisin, et 2003 (respectivement 0,63 et 0,68 SARM pour 1 000 JH et 0,13 et 0,14 EBLSE pour 1 000 JH). Cependant, on note une petite diminution de l’incidence en réanimation. In France, since the mid 90, control of multi-drug resistant bacteria (MDR) patient-to-patient crosstransmission is part of the national nosocomial infection control program. Since 2002, Staphylococcus aureus resistant to methicillin (MRSA) and extended-spectrum beta-lactamase-producing enterobacteriaceae (ESBLE) are the targets of the French national MDR surveillance coordinated by the alert, investigation and surveillance of nosocomial infection network (Raisin). MDR multicenter incidence survey is conducted each year during a period of three months in all French volunteer hospital laboratories. Duplicates isolates, i.e. a same strain isolated from the same patient during the study period were excluded. Prospectively collected data are transmitted by the laboratory to the coordinating center for infection control of the corresponding inter-region. Data are subsequently agregated at the national level and analyzed to describe distribution of cases and to calculate incidence density per 1.000 patient-days (pds). In 2003, 488 hospitals, including teaching hospitals (11%), public hospitals (39%), and private hospitals (18%) participated to the surveillance. The total number of beds (160,000) accounted for one third of all hospital beds and 10% of private hospital beds in the country. Global incidence density (ID) per 1.000 pds was 0.68 for MRSA and 0.14 for ESBLE. For MRSA, global ID did not differed much according to inter-region (median: 0.67 [min-max]: [0.41-0.87] as well as in acute care (0.84 [0.54-1.08]) and in intensive care (2.10 [{1.37-2.99]). ID was 0.40 in reabilitation and long term care facilities (SSR-SLD). Distribution of MRSA cases was (a) : 39% in medicine, 19% in surgery, 11% in intensive care, and 23% in reabilitation and long-term care, according to specialties and (b) : 8% in bloodculture, 8% in serous fluids and deep infection, 18% in respiratory sample and 19% in urinary sample, according to clinical samples. ID of ESBLE varied from 0.03 to 0.24 according to inter-region and was twice higher in acute care (0.18) than in reabilitation and long term care (0.09). Distribution of ESBLSE cases was (a): 36% in medicine, 16% in surgery, 15% in intensive care and 24% in reabilitation and long-term care, according to specialties and (b): 5% in bloodculture, 5% in serous fluids and deep infection, 14% in respiratory sample, and 61% in urinary sample according to clinical samples. According to these results, the estimated number of nationwide MRSA cases isolated from clinical specimens in 2003 was 68.000, including 5.000 bloodstream infections. MRSA and ESBLE ID did not decrease between 2002, first year of national surveillance, to 2003 (respectively: 0.63 and 0.68 MRSA per 1.000 pds and 0.14 and 0.13 ESBLE per 1.000 pds). However, a slight decrease was observed in intensive care.
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