Les conséquences de l’explosion de l’usine “ AZF” le 21 septembre 2001 à Toulouse ont été majeures tant sur le plan humain (30 décès dont un lycéen, plus de 8 000 blessés) que matériel (une centaine d’établissements scolaires endommagés). Les enfants et adolescents scolarisés à proximité ont été une population particulièrement exposée. Deux enquêtes transversales ont été menées 9 et 16 mois après l’explosion, auprès des élèves, dans la zone proche particulièrement touchée et dans des zones de comparaison, afin d’évaluer à moyen terme les conséquences de cette catastrophe industrielle sur la santé physique et mentale, particulièrement la symptomatologie d’état de stress post-traumatique et la dépressivité. En zone proche de l’explosion, près de trois quarts des élèves ont déclaré avoir eu des dégâts à leur domicile et près d’un sur cinq avoir été blessé. La prévalence des troubles en santé mentale était élevée dans les deux enquêtes, avec près d’un élève sur trois présentant une symptomatologie d’état de stress posttraumatique et un sur cinq des symptômes dépressifs. Ces études ont également montré que ces symptomatologies étaient d’autant plus fréquentes que les enfants avaient souffert des conséquences de l’explosion (blessures physiques personnelles ou de l’entourage, dégâts au domicile), qu’ils étaient jeunes, de sexe féminin et avaient des antécédents personnels traumatiques et psychologiques. Ce travail souligne l’impact durable d’une catastrophe industrielle sur la santé mentale des enfants, en révélant l’ampleur et la diversité des conséquences psychologiques, qui sont retrouvées plusieurs mois après l’explosion. Il témoigne de la nécessité d’améliorer les dispositifs de prise en charge des conséquences sanitaires et psychologiques et l’information des professionnels et de la population. Enfin, il montre la nécessité d’améliorer la recherche dans le domaine des troubles psychologiques posttraumatiques chez les enfants, notamment en se dotant d’outils de mesure adéquats. The consequences of the explosion of the “AZF” chemical factory on 21 September 2001 in the city of Toulouse, were considerable on both a human level (30 deaths, of which one high school pupil, more than 8 000 injured) and a material level (about 100 school buildings damaged). Children and teenagers attending schools near the explosion were a particularly vulnerable population. Two cross sectional surveys were conducted nine and sixteen months after the explosion among pupils in a highly affected area and in comparative areas, to assess the consequences of this industrial disaster in the medium term on physical and mental health, in particular posttraumatic stress symptomatology and depressive symptoms. About three quarters of pupils said their home had been damaged and one fifth that they had been injured. The prevalence of mental health problems was high in both studies, with one third of the children presenting post-traumatic stress symptomatology and one fifth presenting depressive symptoms. The studies also showed that the symptomatologies were all the more frequent if the children had suffered from the consequences of the explosion (injuries to themselves or those around them, damage to their home), were young, female and had a past traumatic and psychological history. This report stresses the prolonged impact of an industrial catastrophe on children’s mental health, by revealing the extent and variety of the psychological consequences many months after the explosion. It shows the need to improve how medical and psychological consequences are dealt with and the need to inform health professionals and the general public. It also highlights the need to improve research into post-traumatic troubles in children, in particular by making appropriate evaluation tools available. |
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