Les conséquences de l’explosion de l’usine « AZF »,
le 21 septembre 2001 à Toulouse, ont été majeures
sur l’ensemble de la ville tant sur le plan humain (30 décès,
plusieurs milliers de blessés) que matériel (bâtiments
endommagés).
Une enquête transversale a été menée 18 mois
après l’explosion auprès d’un échantillon
représentatif d’adultes habitant la ville à la date
de l’accident, dans la zone proche particulièrement touchée
et dans le reste de la ville (zone éloignée), afin d’évaluer à moyen
et long terme les conséquences de cette catastrophe industrielle,
sur la santé physique et mentale, particulièrement la symptomatologie
d’état de stress post-traumatique et la dépressivité.
La quasi-totalité des résidents de la zone proche et près
de la moitié de ceux de la zone éloignée de l’explosion
ont déclaré avoir eu des dégâts à leur
domicile. Une personne sur quatre se trouvant à moins de 1700
m de l’explosion a déclaré avoir été blessée
et les principales séquelles physiques déclarées
concernaient des problèmes auditifs. La prévalence des
troubles en santé mentale était élevée, notamment
en zone proche avec 19 % des femmes et 8 % des hommes rapportant une
symptomatologie d’état de stress post-traumatique, des scores élevés
de symptômes de dépressivité et une consommation élevée
de médicaments psychotropes. En zone proche, ces symptomatologies étaient
d’autant plus fréquentes que les personnes avaient été davantage
exposées à l’explosion de manière immédiate
(proximité, blessures physiques personnelles ou de l’entourage)
ou différée (ex : difficultés financières)
et qu’elles étaient plus âgées, de sexe féminin,
et présentaient des antécédents psychiatriques et
des caractéristiques socio-économiques plus défavorables.
Ce travail souligne l’impact durable d’une catastrophe industrielle
sur la santé mentale des habitants, notamment en zone proche,
en révélant l’ampleur et la diversité des
conséquences psychologiques qui sont retrouvées plusieurs
mois après l’explosion. Il témoigne de la nécessité d’adapter
et d’améliorer les dispositifs de prises en charge (dépistage
auditif, soutien psychologique) et en particulier pour les populations
les plus défavorisées. Enfin, il montre la nécessité d’améliorer
l’approche épidémiologique des catastrophes.
The consequences of the explosion of the “AZF” chemical
factory on 21 September 2001 in the city of Toulouse have been considerable
on both a human level (30 deaths, thousands injured) and a material level
(building destruction).
A cross sectional survey was conducted eighteen months after the explosion
in a representative sample of the city inhabitants, in the most affected
area (close area) and in the rest of the city (distant area).The objectives
were to assess the medium term consequences of this industrial disaster
on physical and mental health, in particular post-traumatic stress and
depressive symptomatology.
Almost all inhabitants of the close area and nearly half of those of
the distant one reported home damages. One out of four inhabitants located
less than 1700m from the explosion reported injuries, the most frequent
sequel were ear troubles. The prevalence of mental health problems was
high, particularly in the close area: 19% of women and 8% of men reported
post-traumatic stress symptomatology, levels of depressive symptoms and
psychotropic drugs consumption were high. In the close area, prevalences
of the two symptomatologies were higher among persons more exposed to
the explosion (closeness to the explosion, personal or relative’s
injuries), among those more immediately affected by delayed consequences
(e.g. financial difficulties…) and among older-aged, females, persons
with history of psychological troubles and with low socio-economic status.
This report shows a prolonged impact of this industrial catastrophe on
inhabitant’s mental health, and reveals the extent and variety
of its psychological consequences after several months. It highlights
the need to adapt and improve the management of medical and psychological
consequences of an industrial explosion (e.g. providing hearing screening
and psychological support) particularly for the most underprivileged
populations. Lastly, it shows the need to improve the epidemiological
approach of disasters.
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