La grippe est responsable en France de milliers de
décès par an chez les personnes fragilisées. La
vaccination antigrippale est recommandée pour ces personnes et
pour les professionnels de santé qui risquent de transmettre la
maladie aux patients. Cependant, chez le personnel hospitalier, la couverture
vaccinale antigrippale reste faible et les facteurs influençant
le recours à la vaccination sont mal connus. Une étude
a été menée aux Centres hospitaliers de Vichy et
Montluçon afin d’identifier les déterminants de la
vaccination antigrippale chez le personnel. Une étude cas-témoin
a été conduite dans les deux hôpitaux de Vichy et
Montluçon en novembre 2004. Les cas ont été tirés
au sort parmi le personnel hospitalier salarié des deux hôpitaux
ayant reçu la vaccination antigrippale par la médecine
du travail lors de la campagne vaccinale 2004-2005.
Les témoins ont été tirés au sort parmi le personnel n’ayant pas reçu cette vaccination. Cas et témoins ont été interrogés en face-à-face sur leurs lieux de travail à l’aide d’un questionnaire standardisé évaluant les connaissances et perceptions. Les déterminants de la vaccination antigrippale ont été analysés par régression logistique multiple. Cette approche a été complétée par la tenue, préalablement à l’étude, de groupes focaux avec des personnels volontaires des deux hôpitaux. Au total, 402 membres du personnel ont participé à l’étude : 144 cas et 258 témoins. En analyse multivariée, la vaccination antigrippale était significativement associée au fait d’avoir été vacciné contre la grippe en 2002 et en 2003 (OR=252, IC 95 % : 74-850) ou au moins une fois dans sa vie (OR=11 , IC 95 % : 5-26), de connaître l’existence d’une campagne de vaccination dans l’hôpital (OR=26, IC 95 % : 3-276) et de se sentir plus à risque d’attraper la grippe que les autres personnes (OR=4, IC 95 % : 2-11). La vaccination n’était pas associée à l’âge, au sexe ou à la profession. Par contre, penser que la vaccination antigrippale entraîne des effets secondaires et que les médecines alternatives sont au moins aussi efficaces que le vaccin ont été identifiés comme des obstacles (OR=0,2, IC 95 % : 0,1-0,5 ; OR=0,4, IC 95 % : 0,2-0,9 respectivement). Ces résultats sont concordants avec ceux retrouvés dans les études menées à l’étranger. Les groupes focaux permettent d’interpréter les principaux facteurs : la peur des effets secondaires est fortement liée à l’image de la vaccination contre l’hépatite B et l’efficacité du vaccin est souvent remise en doute. Par contre, l’habitude personnelle/ familiale de vaccination est jugée comme favorisant le recours à la vaccination. Les prochaines campagnes de vaccination devraient rassurer sur les effets secondaires associés à la vaccination antigrippale. Par ailleurs, une forte incitation auprès des personnels jamais vaccinés contre la grippe pourrait entraîner une première vaccination et permettre la mise en place d’un processus régulier. Influenza is a major cause of mortality from respiratory infection in vulnerable persons. The influenza vaccination is recommended for high risk persons as well as for hospital staff in order to decrease the risk of transmission to high risk patients. In France, despite these recommendations the influenza vaccination coverage among hospital staff is low. A study was conducted in order to identify determinants of influenza vaccination in hospital staff. A case control survey on attitudes about influenza disease and vaccination was carried out in Vichy and Montluçon hospitals ( France) in November 2004. Cases were randomly sampled from hospital workers vaccinated against influenza by the occupational health department during the 2004 campaign. Controls were randomly sampled from non vaccinated hospital workers. An interview with cases and controls was conducted on work site using a standardized questionnaire. Focus groups had been previously conducted with voluntary hospital staff in order to provide guidance in the construction of the standardized questionnaire. 402 hospitals workers of the two hospitals were included: 144 cases and 258 controls. Following multivariate analysis, uptake was associated with previous influenza vaccination in 2002 and 2003 (OR: 252, CI95: 74-850), or at least once during life (OR: 11, CI95: 5-26), the awareness of the hospital influenza vaccination programme (OR: 26, CI95: 3-276), and the belief to be more at risk of influenza than other people (OR: 4, CI95: 2-11). Uptake was not associated with age, gender and job title. The barriers to influenza vaccination were the belief in the effectiveness of alternative medicine (OR: 0.4, CI95: 0.2-0.9) and the fear of vaccine-related adverse effects (OR: 0.2, CI95: 0.1-0.5). These results corroborate studies conducted in other countries. The focus groups give us a qualitative interpretation of quantitative results: the fear of vaccine-related adverse effects is strongly connected to the image of hepatitis B vaccination and the influenza vaccine effectiveness is questioned. On the opposite, personal or family habits may play a positive role in getting vaccinated. In the future campaign, the occupational health department should provide hospital staff with detailed information about influenza and the vaccine, focussing on specific risk of influenza in health care facilities, vaccine effectiveness, lack of vaccine-related adverse effects. It should organize the influenza vaccination in the care units and promote a first vaccination in never vaccinated hospital workers. |
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