L’évaluation de l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique urbaine dans l’agglomération de Montpellier a été réalisée dans le cadre de l’élaboration du plan de protection de l’air. L’étude, s’appuyant sur les quatre étapes standardisées de l’évaluation des risques sanitaires, répond à un double objectif. Il s’agit en premier lieu d’estimer l’impact à court terme de la pollution atmosphérique sur la mortalité (totale, cardiovasculaire et respiratoire) et sur les admissions hospitalières (pour causes respiratoire, cardiovasculaire et cardiaque). L’impact sanitaire à long terme est, de plus, estimé par le nombre de décès attribuables à la pollution atmosphérique. D’autre part, le calcul des bénéfices attendus, en termes de gain sanitaire, en fonction de différents scénarios de réduction des polluants atmosphériques peut permettre la planification de mesures d’amélioration de la qualité de l’air. L’évaluation d’impact de la pollution atmosphérique a été réalisée pour onze communes, exposées de manière homogène, appartenant à l’unité urbaine de Montpellier (Castelnau-le-Lez, Clapiers, Le Crès, Grabels, Jacou, Juvignac, Montferrier-sur-Lez, Montpellier, Saint-Clémentde- Rivière, Saint-Jean-de-Védas, Vendargues). Elle se fonde sur l’analyse des données de mortalité sur deux années (1999 et 2000) et des admissions hospitalières sur quatre années (1999 à 2002). La population étudiée est composée de 288 059 habitants. Les indicateurs de la pollution atmosphérique analysés sont l’ozone, le dioxyde d’azote, le dioxyde de soufre et les particules de diamètre inférieur à 10 µm. La pollution atmosphérique est directement responsable annuellement, dans la zone d’étude, de 34 décès anticipés, dont 13 pour motif cardiovasculaire et 4 pour motif respiratoire. En termes de morbidité, elle provoque chaque année 79 admissions hospitalières pour motif cardiovasculaire, 15 pour motif cardiaque, 9 pour motif respiratoire chez les plus de 65 ans et 4 chez les 15-64 ans. Les personnes âgées de plus de 65 ans sont proportionnellement les plus touchées. Ces évènements seraient théoriquement évités si les niveaux de pollution é taient de l’ordre de ceux atteints lors des jours les moins pollués. Les gains sanitaires liés à une réduction de la pollution ont été calculés selon deux scénarios. L’application d’un scénario de réduction de la pollution atmosphérique visant à supprimer les pics de pollution entraîne des gains sanitaires à court terme moindres que ceux apportés par la diminution de 25% de la pollution de fond. Les gains sanitaires à long terme sont également plus importants lorsque l’on réduit les niveaux moyens de pollution de 25% (40 décès évités) ou de 5 µg/m3 (37 décès é vités) plutôt qu’avec une diminution annuelle des niveaux au niveau de la norme européenne de 2010 (20 décès évités). L’impact de la pollution atmosphérique sur la santé, même à de faibles niveaux d’exposition, a déjà été démontré par ailleurs. L’objet de la présente étude ne répond donc pas à cet objectif mais à celui de quantifier sur le plan local cet impact et de permettre aux décideurs de fonder leur politique de réduction de la pollution sur des arguments sanitaires acquis localement. En tout état de cause, une politique de diminution de la pollution atmosphérique visant à éviter seulement les dépassements des valeurs réglementaires n’aurait pas les bénéfices escomptés sur le plan de la santé publique. Une plus grande efficacité sera obtenue en réduisant à la source, de manière quotidienne et globale, les é missions de polluant. La pollution atmosphérique dans l’unité urbaine de Montpellier étant essentiellement due au trafic routier, ce sont les émissions liées aux transports par la route qu’il conviendrait de réduire. The assessment of the health impact of urban atmospheric pollution in Montpellier agglomeration has been carried out as part of the development of atmosphere protection plan. The study, based on the four standardised steps of health risk assessment, has two objectives. First of all, it aims at assessing the short-term impact of atmospheric pollution on mortality (total, cardiovascular and respiratory mortality) and on hospital intakes (for respiratory, cardiovascular and cardiac reasons). Second, the long-term impact is assessed by the number of deaths due to atmospheric pollution. On the other part, the computation of the expected health gain, as a function of different scenarios of atmospheric pollutants reduction, can allow to plan air quality improvement measures. The assessment of atmospheric pollution impact has been carried out in eleven cities, homogeneously exposed, belonging to Montpellier agglomeration (Castelnau-le-Lez, Clapiers, Le Crès, Grabels, Jacou, Juvignac, Montferriersur- Lez, Montpellier, Saint-Clément-de-Rivière, Saint- Jean-de-Védas, Vendargues). It is based on the analysis of mortality figures during two years (1999 and 2000) and of hospital intakes during four years (from 1999 to 2002). The studied population is made up 288.059 inhabitants. Atmospheric pollution indicators analysed are ozone, nitrogen dioxide, sulphur dioxide and particles having diameter below 10 µm. Every year, the atmospheric pollution is directly responsible in the studied area of 34 anticipated deaths, among including 13 for cardiovascular reason and 4 for respiratory reason. For morbidity, it generates every year 79 hospital admissions for cardiovascular reason, 15 for cardiac reason, 9 for respiratory reason for older than 65 years old people and 4 for 15-64 years old people. Older than 65 years old people are proportionally more impacted. These events could theoretically be avoided with pollution levels in the order of those reached the less polluted days. Health gains connected with a reduction of the pollution have been computed according to two scenarios. The shortterm health gains are lower with a suppression of the pollution peaks than with a 25% decrease of the background pollution. The long-term health gains are also more important when the mean levels of pollution are decreased by 25% (40 deaths avoided) or by 5 µg/m3 (37 deaths avoided) than an annually decrease according to the European standards levels of 2010 (20 deaths avoided). Even for low exposure levels, the health impact of the atmospheric pollution has already been shown from another source. This study does not aim at showing it, but at quantifying this impact at the local extent. It also aims at allowing authorities to establish a policy for the reduction of the pollution based on local health arguments. Anyway, a policy of atmospheric pollution reduction only based on not exceeding the standard levels would not have the expected benefits on the public health point of view. To decrease at the source the every day and total pollutants emissions would be more efficient. The atmospheric pollution in Montpellier agglomeration is mainly due to road traffic. These emissions should be decreased first of all. |
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