Contexte et objectifs
Au début du mois de décembre 2003, des pluies importantes
ont frappé le sud de la France provoquant des inondations dans de
nombreux sites. La rupture des digues du Rhône situées en
amont de la commune d’Arles a libéré plusieurs millions
de mètres cubes d’eau qui ont envahi une zone étendue
et notamment les quartiers du nord de la ville. De très nombreuses
personnes ont été ainsi
sinistrées et plus de 7 000 personnes ont été évacuées.
La
Direction départementale des affaires sanitaires et sociale des Bouches-du-Rhône
(Ddass) a saisi la cellule interrégionale d’épidémiologie
(Cire) Sud afin de l’aider à mettre en place une surveillance, dont
l’objectif était de détecter tout événement
de santé pouvant constituer un danger pour les populations et permettre
une intervention rapide.
Méthodes
La surveillance a concerné la population résidente
ou non de la commune d’Arles ayant consulté une des catégories
de professionnels de santé de la commune d’Arles sollicités
pour participer au système de surveillance. Il s’agissait
des médecins généralistes, des pédiatres,
des laboratoires d’analyses biologiques et médicales, du
service des urgences du Centre hospitalier d’Arles et des psychiatres
libéraux.
La Cire et la Ddass ont retenu un scénario favorisant la réactivité du
système. La surveillance a été ainsi limitée au
suivi de quelques indicateurs de santé (consultations chez les médecins
et détails pour certaines pathologies, passages aux urgences, analyses
biologiques).
Les professionnels des catégories sélectionnées ont été destinataires
d’un courrier de la Ddass présentant la démarche et sollicitant
leur accord de participation. Ils ont ensuite été sollicités
par téléphone. Chaque semaine, la Ddass réalisait une
collecte active, par voie téléphonique, des données enregistrées
de façon quotidienne par les acteurs. Les acteurs pouvaient appeler
la Ddass en cas de survenue de tout événement jugé anormal.
La Cire Sud était chargée de l’analyse des données
collectées par la Ddass auprès des professionnels de santé.
Résultats
La participation à la surveillance a été bonne
pour les laboratoires médicaux (80 à 100 %), médiocre
pour les médecins libéraux (10 à 26 % des médecins
volontaires) et inexistante pour le secteur de psychiatrie. La charge
de travail explique en partie cet état de fait.
La surveillance a malgré tout montré que l’impact psychosocial à la
suite de ce type d’évènements constituait une proportion élevée
de l’activité des médecins déclarants, notamment
chez les personnes âgées ; les enfants de moins de 15 ans étant
plus sensibles aux gastro-entérites.
Discussion
Le système de surveillance s’est révélé difficile à mettre
en place en pratique, notamment en raison de l’absence de dispositif
de surveillance ou d’information préexistant et a montré de
nombreuses limites. Ces éléments montrent qu’une
préparation en amont des catastrophes est d’autant plus
nécessaire dans ce contexte.
Devant la recrudescence des phénomènes liés aux inondations
et les difficultés rencontrées lors des tentatives de mises en
place de surveillance épidémiologique, le ministère de
la Santé, dans un contexte interministériel plus large, rédige
un guide national « inondations ». L’objectif est de mettre
en place une organisation « santé » destinée à prévenir
et à limiter les conséquences sanitaires et sociales, individuelles
et collectives des inondations. |