Etude des facteurs de risque de décès des personnes âgées résidant en établissement durant la vague de chaleur d’août 2003


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Suite à la vague de chaleur du mois d’août 2003, plusieurs études ont été mises en place à l’InVS afin d’étudier les déterminants de la mortalité observée pendant cette période. Ce rapport présente les résultats issus des deux études cas-témoins menées dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD).

La première étude porte sur 350 établissements (175 cas et 175 témoins) dans des régions où conjointement la mortalité et les températures ont été les plus élevées pendant l’été 2003. Cette étude a pour objectif d’identifier les facteurs de risque de la mortalité observée du 5 au 15 août 2003, liés à l’établissement (caractéristiques architecturales, d’équipement et de fonctionnement). Les facteurs de risque significatifs de décès dégagés à l’issue de l’analyse variable par variable appariée sur la zone géographique et le degré de dépendance des résidents pris en charge dans l’établissement - Gir moyen pondéré (GMP) - sont : le statut juridique (privé versus public) de l’établissement, le pourcentage élevé de résidents de plus de 94 ans, le fait que l’établissement soit dans un environnement urbain (entouré d’immeubles de deux étages et plus) et la présence de pensionnaires sous perfusion hors période de canicule. L’étude montre que le fait de donner des douches plus d’une fois par semaine est un facteur de meilleur pronostic. Le modèle multivarié a permis de confirmer ces facteurs tout en leur donnant une dimension plus globale. En revanche, il n’a pas été possible de mettre en évidence le rôle des facteurs architecturaux : caractéristiques des bâtiments, équipements (douches, climatisation, volets), nombre de lits par logement, chambre sous les toits, orientation des façades, environnement extérieur. La faible proportion d’établissements possédant une climatisation et de sujets y ayant accès laisse percevoir une tendance protectrice de ce facteur, sans pour autant être statistiquement significative dans cette enquête. Il est important de préciser que malgré l’appariement sur le GMP de l’établissement, ce facteur reste très lié à la mortalité en général.

La deuxième étude porte sur 628 sujets (314 décédés entre le 5 et le 15 août 2003 et 314 vivants au 1er septembre 2003, tous résidents d’un EHPAD ayant eu une mortalité élevée pendant l’été 2003). Cette étude avait pour objectif d’identifier les facteurs de risque individuels de mortalité observée du 5 au 15 août 2003. A l’issue de l’analyse variable par variable appariée et ajustée sur le sexe et l’autonomie, les principaux facteurs associés à une diminution significative du risque de décès sont les suivants : se lever sans aide, faire sa toilette et s’habiller seul, augmenter sa consommation d’eau, avoir accès aux pièces climatisées, sortir de sa chambre pendant la canicule, prendre des douches plus d’une fois par semaine, participer aux activité de groupes, avoir accès à un média (télévision, radio ou journaux), avoir au moins un enfant vivant.

A l’issue de l’analyse de chacune des variables appariée et ajustée sur le sexe et l’autonomie, les facteurs associés à une augmentation significative sont les suivants : souffrir de maladie respiratoire autre que l’asthme, de dénutrition, d’escarres, de maladie de Parkinson, prendre des traitements vasodilatateurs cardiaques, neuroleptiques.

De plus, le modèle multivarié a eu pour but de mettre en évidence les groupes de facteurs ayant joué un rôle prédominant pendant la période caniculaire. A l’issue de cette analyse, les principaux facteurs liés au risque de décès sont les caractéristiques socio-démographiques (avoir au moins un enfant vivant), l’état de santé (autonomie, prise de médicaments cardiaques ou vasodilatateurs périphériques) et l’adaptation du comportement pendant la canicule (augmenter sa consommation d’eau, ne pas aérer sa chambre l’après-midi). Le fait d’avoir accès à la climatisation est un facteur protecteur statistiquement significatif dans l’analyse variable par variable mais la faible proportion de sujets ayant accès une climatisation n’a pas permis de tester cette variable dans le modèle multivarié.

Les résultats de ces deux études mettent en évidence, outre l’état de santé du sujet, le rôle prédominant de l’adaptation du comportement à la chaleur et des conditions matérielles qui rendent possible cette adaptation. Des mesures d’information et d’organisation auraient eu une influence non négligeable sur le pronostic vital si elles avaient été mises en place de façon préventive.

 

 

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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 29 avril 2005

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