La canicule de l’été 2003 a été exceptionnelle en France à plus d’un titre puisque de fortes chaleurs ont persisté du 15 juillet au 15 août 2003 et que les températures maximales et minimales étaient inhabituellement hautes pendant la première quinzaine d’août. Selon Météo France, l’été 2003 est ainsi le plus chaud depuis le début des mesures (soit plus de 50 ans en général) pour les températures maximales et, fait important, pour les températures minimales (Météo France, 2003). La vague de chaleur d’août 2003 a été accompagnée d'une vague de surmortalité à court terme d'une importance exceptionnelle, en particulier chez les personnes âgées de plus de 75 ans. Les départements ont subi une surmortalité d'autant plus importante que le nombre de jours consécutifs avec des maximales supérieures à 35°C a été élevé (Hémon, Jougla, 2003) (InVS, 2003). Le système existant de vigilance météorologique concernait jusqu’à présent cinq phénomènes météorologiques susceptibles d’entraîner une alerte (vents forts, fortes précipitations, orages, neige/verglas et avalanches). Les vagues de chaleur étaient signalées par des communiqués de presse météorologiques spéciaux suivant en cela les recommandations formulées par la Commission « Biométéorologie » du Conseil Supérieur de la Météorologie. Il s’agit dans cette étude de proposer un système d’alerte opérationnel pour l’été 2004, fondé sur une surmortalité toutes causes pouvant être liée à une vague de chaleur. Dans le cadre du Plan National Canicule, ce système est conçu pour permettre d’alerter les autorités publiques avec trois jours d’anticipation de la survenue possible d’un phénomène épidémique de grande ampleur en rapport avec une vague de chaleur. Les plans d’actions intervenant en amont et en aval de l’alerte sont développés indépendamment par les autorités compétentes (Plan National Canicule de la DGS). Différents indicateurs météorologiques (températures, indice bioclimatique tel que l’indice thermo hygrométrique, humidité) ont été testés dans quatorze villes pilotes, afin de définir des valeurs seuils sensibles et spécifiques au-delà desquelles l’alerte sera déclenchée. Le système choisi à partir des résultats des tests est ensuite étendu à l’ensemble des départements français. En effet, l’originalité de ce système d’alerte canicule est son extension géographique. De nombreux systèmes de prévention des vagues de chaleur existent à un niveau local dans plusieurs villes du monde (Kalkstein, Jamason, Greene, Libby, Robinson, 1996b; Michelozzi, 2003; WHO Regional Committee for Europe, 2003) mais il existe peu de systèmes nationaux. La difficulté principale consiste donc à trouver des indicateurs biométéorologiques et des seuils adaptés pour toutes les régions climatiques françaises. Ce rapport présente brièvement la méthode d’analyse retenue et les résultats permettant de proposer des indicateurs biométéorologiques et des seuils sur l’ensemble du territoire. Un rapport détaillant chaque étape de l’analyse sera disponible ultérieurement. |
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