Confrontation des données du Programme national de surveillance
du mésothéliome et du PMSI
Rapport InVS
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Contexte et objectifs
Le Programme national de surveillance du mésothéliome
(PNSM) a débuté en 1998. Ce programme a comme objectif principal
l’estimation de l’incidence du mésothéliome de
la plèvre et de son évolution dans la population française,
ainsi que l’analyse des facteurs de risque professionnels et extraprofessionnels
de cette pathologie. Le PNSM est basé sur un enregistrement « exhaustif » des
cas de mésothéliome dans un certain nombre de départements
français (17 en 1998, 21 en 2003). A partir de cet enregistrement,
une estimation de l’incidence nationale est réalisée,
grâce à une confrontation avec les données nationales
de mortalité par cancer de la plèvre du CépiDc de
l’Inserm.
La base de données médico-administrative que constitue le Programme
de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) permet
de connaître l’activité des établissements de soins
publics et privés à travers un enregistrement des séjours
hospitaliers. Au niveau national, une base de données agrégées
est constituée de façon anonyme : la base des résumés
de sortie anonymes (RSA), qui ne permet pas d’identifier les patients.
Cette base de données, à couverture nationale, comporte des informations
sur les diagnostics et les motifs d’hospitalisation pour chacun des séjours
enregistrés, qui pourraient éventuellement permettre de compléter
les informations recueillies habituellement poureffectuer des estimations d’incidence
et de prévalence nationales.
Le travail présenté ici, s’est attaché à étudier
la concordance entre les données enregistrées en 1998 et 1999 par
les 17 premiers registres départementaux du mésothéliome
du PNSM, à celles enregistrées dans les RSA du PMSI pour la même
période et la même couverture
géographique.
Méthode
Une première étape a consisté à repérer
dans la base PMSI d’éventuels séjours multiples pour les
patients ayant eu un diagnostic évocateur de mésothéliome
pleural et résidant dans les départementscouverts par le PNSM.
Une estimation du taux de cas prévalents enregistrés en 1999
dans cette base de données a également été effectuée.
Les données du PMSI ont été croisées avec celles
du PNSM. Compte tenu de la structure actuelle de la base de données
nationale du PMSI ne permettant pas d’identification directe des patients,
des appariements indirects ont été réalisés. Ces
appariements ont été effectués dans un premier temps de
la façon la plus stricte sur les critères disponibles (âge
et commune de résidence), puis pour les sujets restants sur des critères
plus larges (âge et département de résidence). Afin de
valider l’ensemble de cette procédure, une validation individuelle
par retour au dossier médical du patient a été effectuée
dans un département (Loire-Atlantique) avec l’aide des Départements
d’informatique médicale (Dim) des établissements concernés.
Résultats
Malgré les difficultés, les méthodes de regroupement des éventuels
séjours multiples pour un même patient ont été performantes,
du fait, notamment de la rareté de cette pathologie : 506 cas éligibles
ont été identifiés en 1998, dont 230 avec un diagnostic
de mésothéliome pleural sur les 1 263 séjours hospitaliers
sélectionnés, et 474 éligibles dont 232 avec un diagnostic
de mésothéliome sur les 1 413 séjours de 1999. Parmi eux,
le croisement avec les données du PNSM effectué de façon
stricte sur la commune de résidence, a permis de retrouver 70% des sujets
dans le PMSI en 1968 et 68% en 1999. Un élargissement de la recherche
aux cas non certifiés sur le plan anatomopathologique du PNSM permet
de retrouver respectivement 63 et 69% des sujets dans le PMSI. La validation
au cas par cas effectuée dans un département par retour au dossier
du patient a porté sur 203 séjours hospitaliers. Elle a permis
de vérifier que d’une part, la procédure de dédoublonnage
des séjours avait été globalement satisfaisante, hormis
un patient unique non repéré pour sexe erroné dans un
des enregistrements du PMSI, et deux patients regroupés à tort
en un seul du fait de la proximité de leur date de naissance. Le rapprochement
avec les cas enregistrés dans le PNSM était excellent lorsque
la ville de domicile était renseignée dans les deux bases de
données ; lorsque cette donnée était manquante, huit fois
sur dix le bon sujet se retrouvait parmi les combinaisons de rapprochement
possibles. En outre, cette confrontation a permis de repérer 3 cas qui
n’étaient pas connus du PNSM. Les diagnostics portés dans
le PMSI étaient précis (mésothéliome pleural) pour
15 patients sur 18 cas certains du PNSM ; la concordance des diagnostics portés
dans le PMSI par rapport aux dossiers médicaux montre une assez bonne
adéquation, seule une faible proportion de séjours codés
mésothéliome correspondant à des métastases pleurales.
Par contre, une proportion non négligeable (près de 40%) des
séjours enregistrés dans le PMSI correspondait à des patients
dont les diagnostics étaient connus antérieurement, c’est-à-dire à des
cas prévalents.
Conclusion
En l’état actuel, il ne semble pas raisonnable de s’appuyer
sur le PMSI comme seule source de données d’estimation d’incidence
du mésothéliome, notamment du fait de l’importance des
cas prévalents enregistrés et des erreurs de codage des diagnostics.
Le problème lié au dédoublonnage des séjours correspondant à un
même patient devrait être résolu dans les années à venir
par l’introduction d’un chaînage des séjours des patients.
Par ailleurs, la consolidation des données nationales les rend disponibles
au bout de deux ans. Néanmoins, il constitue une source d’informations
complémentaires et devrait être consulté systématiquement
et rapproché des données des registres de mésothéliome
au niveau départemental de façon régulière. |