Le développement explosif de la résistance bactérienne est la conséquence de l’utilisation massive des antibiotiques chez l’homme comme chez l’animal ou en agriculture. L’alimentation d’origine animale représente une source démontrée d’acquisition par l’homme de bactéries résistantes. Les autres conséquences pour l’homme du développement de la résistance aux antibiotiques dans les élevages sont difficiles à évaluer. Le présent rapport décrit les résultats d’un travail développé à la demande du Réseau de zoonosurveillance en agriculture de la Mutualité sociale agricole visant à déterminer si le fait de travailler au contact de porcs d’élevage représente pour les sujets exposés un risque de colonisation spécifique par des bactéries résistantes, commensales ou pathogènes et, le cas échéant, à quantifier ce risque. Pour sa réalisation, la MSA s’est associée à l’EPI9933 de l’Inserm, au département des maladies infectieuses de l’Institut de veille sanitaire, et au milieu professionnel représenté par la Fédération nationale de la coopération bétail viande. L’enquête a été réalisée dans les principaux départements français producteurs de viande porcine. Elle a montré chez les éleveurs de porcs une augmentation significative de la prévalence de certaines bactéries commensales résistantes au sein des trois écosystèmes étudiés (nez, pharynx, colon) avec de risques relatifs élevés par rapport à la population non exposée allant d’un rapport de prévalence de 1,4 IC95 %[1,1-1,8] pour les entérobactéries de la flore digestive résistantes à la treptomycine, à 9,7 IC95 %[2,5-37,3] pour le portage nasal de Staphylococcus aureus résistant aux macrolides. En revanche, il n’a pas été mis en évidence d’augmentation significative de la prévalence du portage de bactéries pathogènes. Au total, cette étude confirme que le travail en élevage de porcs est un facteur de risque important de portage de bactéries commensales résistantes. Antimicrobial resistance has become a threat for modern medicine and a threat for public health considering it develops more rapidly than new antimicrobial drugs. Food can be a source for the acquisition of resistant bacteria of animal origin. Transmission of -resistant bacteria from farm animals to farmers has been described, but the contribution of pig farming to bacterial resistance in human commensal flora has been demonstrated for only one ecosystem and not quantified. The objective of the study, initiated by the Mutualité sociale agricole was to determine if farmer in close contact with pigs have an increased risk for carrying resistant bacteria amongst their commensal flora, in comparison with people having no such exposition. An exposednon exposed cross sectional study was carried out in major French porcine production areas, in collaboration with the Inserm EPI9933, the Infectious Disease department at the Institut de veille sanitaire and professional background of the Fédération nationale de la coopération bétail viande. Prevalence of antimicrobial resistance was significantly higher in pig farmers amongst their nasal, throat and gut commensal flora with ratio of prevalence ranged from 1.4 CI95%[1.1-1.8] for intestinal carriage of enterobacteria resistant to streptomycin, to 9.7 CI95%[2.5-37.3] for nasal carriage of Staphylococcus aureus isolates resistant to macrolide. In contrast, no intestinal pathogen was isolated and carriage of espiratory pathogens was not different between groups. In conclusion, these results demonstrate that pig farming is associated with significant increase in carriage of selected resistant commensal bacteria but not of pathogenic species. |
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