Surpoids et obésité chez les enfants de 7 à 9 ans. France, 2000

Institut de veille sanitaire


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Les fréquences du surpoids et de l’obésité sont en augmentation chez les enfants dans le monde, ce qui a conduit l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à parler de véritable épidémie. La situation de la France était mal connue jusqu’à récemment. Le Programme national nutrition-santé (PNNS), mis en place en France en 2000, comprend neuf objectifs prioritaires. L’un d’eux est défini par l’arrêt de l’augmentation de la prévalence de l’obésité chez l’enfant. Une évaluation nationale de la situation était donc nécessaire. Un groupe de travail européen sur l’obésité (ECOG) a recommandé un protocole pour l’évaluation du surpoids et de l’obésité ainsi que de leurs facteurs associés. Cette étude réalisée en France métropolitaine suit ce protocole et a été conduite auprès de plus de 1 500 enfants scolarisés en classes de cours élémentaire 1ère et 2ème années, âgés de 7 à 9 ans. Le recueil des mesures anthropométriques a été standardisé grâce à des instructions détaillées fournies aux médecins scolaires qui l’ont réalisé. D’autres données sur le mode de vie des enfants et certaines caractéristiques de leurs parents ont également été collectées.

La fréquence du surpoids selon les références françaises (97e percentile) a été estimée à 16,3 %. Selon les références de l’International Obesity Task Force (IOTF), la fréquence du surpoids était de 18,1 % ; parmi ces enfants, 3,8 % peuvent être considérés comme obèses selon ces mêmes références. Il n’y avait pas de différence notable selon le sexe et l’âge. Ces données montrent que la situation de la France est comparable à celle de la plupart des pays européens, bien que peu aient fourni des données aussi récentes à ce jour. Malgré l’absence de données anciennes à l’échelle nationale, elles montrent également une probable augmentation de ces fréquences au cours du temps en France.

Les facteurs associés à l’obésité font ressortir le rôle important de la sédentarité. Les enfants de cette étude passaient des temps importants à des activités sédentaires telles que la télévision. Ce facteur est associé au surpoids et à l’obésité chez les garçons. Chez les filles, la pratique d’un sport semble être le facteur distinguant celles qui avaient une corpulence normale des obèses. Une relation significative a été mise en évidence entre la présence d’un surpoids chez les parents et le statut anthropométrique des enfants, tant chez les filles que chez les garçons. Par exemple, les filles présentant un surpoids ont, pour 16 % d’entre elles, un père obèse contre 3 % chez celles ne présentant pas de surpoids.

Une relation significative a également été relevée entre les conditions socio-économiques des parents et l’obésité de l’enfant : les enfants dont la mère appartenait au groupe des ouvrières / employées présentaient plus fréquemment une obésité par rapport à ceux dont la mère était cadre ou de profession intermédiaire, qu’elle soit en activité ou au chômage. L’association entre le surpoids ou l’obésité de l’enfant avec la catégorie socio-professionnelle du père était également significative : la fréquence du surpoids des enfants dont le père était ouvrier ou employé était de 20,2 % contre 12,1 % chez les enfants dont le père était cadre ou de profession intermédiaire.

Les limites de cette étude résident essentiellement dans son caractère transversal, qui ne permet pas de conclure à des relations de cause à effet. Quoique non représentatives, les données recueillies permettent de fournir des informations sur la situation en France et fournissent des éléments de compréhension dans les facteurs associés à la présence d’un surpoids ou d’une obésité chez les enfants. Ce sont en effet des éléments à prendre en compte dans la définition des politiques de santé publique, en termes d’identification d’enfants à risque de surpoids ou d’obésité et de prise en charge.

 

 

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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 12 octobre 2004

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