Introduction
Une vague de chaleur d’une ampleur exceptionnelle
est survenue en France au cours de la période du 1er au 15 août
2003, qui a causé le décès de près de 15
000 personnes. Les personnes décédées étaient
surtout des personnes âgées de 65 ans et plus (91%), habitant
dans les agglomérations. 35% des décès sont survenus
au domicile des personnes. Une étude visant à appréhender
au mieux les facteurs de risque de la mortalité chez les personnes âgées
vivant à domicile a été conduite afin d’orienter
les programmes de prévention.
Méthodes
Une étude cas - témoins appariée
a été réalisée. Les cas étaient des
personnes habitant à Paris, Orléans, Tours ou une des communes
du Val-de-Marne, qui résidaient à leur domicile au moins
depuis le 4 août, décédées entre le 8 et le
13 août de causes autres qu’accidents, suicides et complications
chirurgicales. Les témoins étaient des personnes ayant
survécu à la période de canicule, appariées
aux cas sur le sexe, la classe d’âge et la zone d’habitation.
Les témoins ont été recrutés à partir
d’une liste téléphonique incluant les numéros
en liste rouge.
Les variables collectées concernaient les caractéristiques
sociodémographiques, les comportements pendant la canicule, l’environnement
social et familial, l’autonomie, l’état de santé,
les caractéristiques du logement, et celles de l’environnement
dans un rayon de 200 m.
Les données ont été analysées
par un modèle de régression logistique conditionnelle.
Résultats
259 paires de cas et
témoins ont pu être
constituées.
Les variables significativement liées au décès
au seuil de 5% en analyse multivariée étaient la catégorie
socioprofessionnelle (OR=3,6 pour les ouvriers), le degré d’autonomie
(OR=9,6 pour les personnes confinées au lit ou au fauteuil, 4,0
pour les personnes non confinées au lit ou au fauteuil mais ne
pouvant pas s’habiller ou se laver seule), les maladies cardiovasculaires
(OR=3,7), les maladies psychiatriques (OR=5,0) et les maladies neurologiques
(OR=3,5), la qualité de l’isolation du logement (OR=4,8
pour les immeubles anciens non isolés par rapport aux immeubles
récents, ou anciens isolés), le fait d’avoir sa chambre
sous les toits (OR=4,1), la température moyenne des surfaces mesurée
par satellite dans un rayon de 200 m du domicile (OR=1,8 pour une augmentation
de 1°C).
Discussion
Les résultats sont globalement cohérents
avec ceux d’autres études. Ils aident à définir
un profil de personnes à risque et montrent l’importance
des comportements individuels pour lutter contre la chaleur. L’amélioration
de l’habitat apparaît aussi comme une voie de prévention.
La mise en évidence d’un effet sur la mortalité des
différences de température à l’intérieur
même des villes permet également d’orienter la prévention
sur les caractéristiques de l’urbanisme à l’échelle
du quartier.
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