Risques toxiques liés à l'exposition aux polychlorobiphényles

Etude de l'incendie de la papeterie Venizel

Modalités de l'intervention, dispositif de surveillance médicale, évaluation des risques

Juin 2003

Institut de veille sanitaire - Département santé environement


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Le 18 juin 2001 dans la nuit, survenait un incendie dans une papeterie de l'Aisne, dans laquelle étaient installés des transformateurs électriques au pyralène.
Sauveteurs et population ayant pu être exposées au PCB et dioxines, des mesures de contrôle et de protection de la santé ont été prises par le Préfet.
La Cellule Inter Régionale d'épidémiologie (CIRE) a été sollicitée pour apporter son appui pendant toute la durée de l'événement. Après réouverture de l'usine, il lui a été demandé de faire un retour sur la gestion de l'accident et l'évaluation des expositions.

METHODES
Pour répondre au premier objectif, tous les documents produits pendant l'évènement ont été consultés et les intervenants (DDASS et DRIRE) ont été entendus.
Pour le second objectif, l'exposition des populations a été estimée à partir des mesures de dioxines et PCB faites dans l'atmosphère, le sol et les végétaux d'une part, les habitudes alimentaires et les constances physiologiques d'autre part.

RESULTATS
Le Préfet a réuni une cellule de crise dans laquelle la direction départementale des affaires sanitaires et sociales a été intégrée avec retard. Les principales décisions ont été un suivi médical des populations exposées, l'interdiction de la consommation des végétaux produits localement et une dépollution environnementale.
L'exposition aiguë des personnes exposées par inhalation de dioxines pendant les quelques heures de l'incendie a été estimée pour un adulte en activité (pompier) à 7.10-4 pgTEQ/kg/j.
L'exposition aiguë par ingestion, pour des personnes, qui n'auraient consommé comme fruits et légumes que ceux produits dans la zone, a été estimée, pour les 48 heures précédent l'interdiction de consommation, à 4,7 pg TEQ/kg/jour pour les adultes et à 9,4 pg TEQ/kg/jour pour les enfants.
L'exposition chronique d'enfants de 2 à 6 ans par ingestion de poussière de sol contaminé a été estimée à 0,0467 pg/kg/jour en prenant une hypothèse d'ingestion de poussières de 400mg.

DISCUSSION
Au regard de l'estimation des expositions, il apparaît que les mesures de contrôle ont été suffisantes. Cependant, l'alerte tardive de la DDASS a entraîné le suivi médical d'un trop grand nombre de personnes.
Les expositions liées à l'incendie ont été faibles et par conséquent le risque ajouté est probablement très bas.
Dans l'approche "avec seuil " (OMS), le niveau d'exposition est inférieur à la dose journalière admissible, tant pour les effets aigus que pour les effets chroniques.
Dans l'approche " sans seuil " (US EPA), pour une exposition d'un enfant par ingestion de poussières de sol de 4 années, l'excès de risque individuel serait de 1,9.10-5 pour la vie entière.

CONCLUSION
Après cet accident et son étude, nous recommandons de faire, lors de tels évènements, une évaluation des risques scientifique et rigoureuse, ceci permettant de relativiser le risque et de faciliter leur compréhension par la population et leur gestion par les autorités administratives. Pour cela, il est nécessaire que les acteurs de santé publique soient associés dès le début à la gestion de l'événement.


On June 18th 2002, by night, a fire occured in a paper factory of the Aisne district. In this factory, polychlorinated biphenyls (PCB) electric transformers were present.
Rescuers and population could be exposed at PCB and dioxins. Therefor, the district Prefect undertook control mesures.
The inter regional epidemiology unit was asked for giving support during the occurrence. Furthermore, after factory's reopening, it was demanded, on the one hand, to discuss the event management and, on the other hand, to estimate the risk assessment.

METHODS
For the first objective, all documents produced during the occurrence were examinated and the actors of the management interviewed.
For the second objective, people exposure was estimated from atmosphere, soil and vegetable mesured concentrations, alimentation habits and physiological data.

RESULTS
The district Prefect etablished a crisis unit in which the district health departement was tardively included. The main decisions concerned medical surveillance of exposed people, prohibition of consumption of locally produced vegetable and environmental cleaning up.
Acute inhalation exposure during the fire duration was estimated to maximum for an active adult at 7.10-4 pg TEQ/kg/day.
Acute oral exposure of people who, during the two days after the fire and before the consumption prohibition, should have eaten fruit and vegetable all produced in the exposed area, was estimated at 4.7 pg TEQ/kg/day for adults and 9.4 pg TEQ/kg/day for children.
Chronic oral exposure of 2-6 years old children who ingest soil dust was estimated at 0.0467 pg TEQ/kg/day.

DISCUSSION
Regarding the exposure estimations, it appears that control mesures were suffisant. However, the tardive participation of the district health departement and public health's experts resulted in a too large population under medical surveillance. Estimated exposures were weak, consequently, the accidental added risk is probably very weak.
In the " threshold approach " (WHO), the exposure level is lower than the tolerable daily intake, both in acute and in chronic exposure.
In the " non-threshold approach " (US EPA), for a 4 years dust soil ingestion for infant, the individual excess risk is should be 1.3*10-5 of entire life.

CONCLUSION
After this occurrence and its study, we recommand the support of solid scientific method to manage such events. This is possible only if public health's experts are associated from the beginning.

 

 

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Institut de veille sanitaire
Mise à jour le 7 juillet 2003

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