Toxi-infection alimentaire collective à Escherichia coli O148:H8 producteur de shigatoxines

Gironde, juin 2002. Rapport d'investigation

Institut de veille sanitaire


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Les Escherichia coli producteurs de Shiga-like toxines (STEC) ont été reconnus comme pathogènes humains aux États-Unis en 1982, à la suite de 2 épidémies de diarrhées sanglantes liées à la consommation de hamburgers contaminés par Escherichia coli O157:H7 [1]. Les infections à STEC peuvent se manifester sous forme d’une diarrhée banale non sanglante, mais la colite hémorragique est la forme la plus fréquente. La durée d’incubation médiane est de 3 jours (extrêmes de 1 à 8 jours).

L’évolution est le plus souvent spontanément favorable en une semaine. Cependant, le syndrome hémolytique et urémique (SHU) est une complication grave plus fréquente aux âges extrêmes de la vie. La proportion de cas d’infections à Escherichia coli O157, qui évoluent vers un SHU quelque-soit l’âge du patient, va de 3 à 9 % dans les séries de cas sporadiques et jusqu’à 20 % dans certaines épidémies [2,3]. Le sérotype O157:H7 est le plus fréquemment rencontré lors d’infections à STEC, mais d’autres sérogroupes peuvent être mis en cause (O26, O103, O111…). Les bovins constituent le principal réservoir de STEC, mais cette bactérie a également été isolée d’autres animaux (daims, moutons, chèvres, chevaux, chiens, oiseaux, mouches) et persiste dans l’environnement (eau, fumier, sol).

De nombreuses épidémies ont été rapportées dans plusieurs pays industrialisés, dont certaines de grande envergure avec une importante létalité comme celles survenues en Écosse [4] et au Japon [5]. De nombreux véhicules alimentaires de STEC ont été mis en cause au cours de ces épidémies. Les plus fréquents sont d’origine bovine : viande de boeuf en particulier hachée [6,7] et lait non pasteurisé [8,9], mais d’autres ont également été impliqués comme de la viande fermentée [10], du jus de pommes [11,12], des légumes crus [13] ou de l’eau de boisson [14]. Une transmission inter-humaine au sein des familles ou des collectivités a également été retrouvée [15,16], ainsi qu'une transmission par contact direct avec des animaux contaminés ou leurs déjections [17,18,19]. En France, en l’absence de diagnostic de routine des STEC par les laboratoires d’analyses médicales et biologiques [20], la surveillance des infections à STEC est basée sur la surveillance des SHU pédiatriques.

Mise en place en 1996, cette surveillance repose sur un réseau de 30 services de néphrologie pédiatrique de centres hospitaliers répartis sur l’ensemble du territoire métropolitain [21]. Les principaux objectifs de cette surveillance sont de suivre les tendances spatio-temporelles du SHU chez les enfants de moins de
15 ans en France et de détecter des phénomènes épidémiques. Ainsi, depuis 1996, la majorité des cas de SHU pédiatriques sont sporadiques (sans lien identifié avec un autre cas) et associés à une infection à STEC avec une forte prévalence du sérogroupe O157 [21]. Par ailleurs, la surveillance des cas groupés d’infections à STEC est aussi réalisée par la déclaration obligatoire des Toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) aux autorités sanitaires départementales
(décret n°86-770 du 10 juin 1986).

 

 

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Mise Ó jour le 20 novembre 2003

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